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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Abstract Rituals Altered Waves (2023) (FR)

De la très bonne MÉ avec des titres un peu courts qui auraient mérités plus de minutes

1 Altered Waves 3:21

2 Paradigm 3:52

3 Ginema 5:54

4 Crystalline 1:39

5 Eclipse 6:14

6 WT 4:27

7 Prescence 4:47

8 After Earth 5:23

9 Wintermute 2:02

10 Dr. Time 4:47

(DDL/K7 43:06)

(Berlin School)

On parle beaucoup de l'album ALTERED WAVES de Abstract Rituals en ce moment dans les sphères de la musique électronique (MÉ) progressive. Soit le genre Berlin School, rétro comme néo. Même qu'il faisait partie des 12 sélections du mois d'octobre 2023 du Cyclical Magazine. Abstract Rituals est le projet du musicien-synthésiste japonais Mike Donzella. Inspirée par le mouvement de la Berlin School des années 70, sa musique se présente comme une bobine de courts métrages qui trempent dans cette zone où le paranormal flirte avec les frontières de la science-fiction. Si certains pensent à Tangerine Dream, le parallèle le plus probant que je puisse établir est avec la musique de Arcane avec cette série de courts titres conçus autour d'arrangements cinématographiques riches de ses émotions variables. Ce très court album, à peine 43 minutes, est conçu avant-tout pour le support K7. Il en restait encore quelques-unes de disponible au moment d'écrire ces lignes. Il est aussi disponible en format téléchargement sur le site Bandcamp de Abstract Rituals.

La pièce-titre ne perd pas de temps à nous mettre dans les ambiances de ALTERED WAVES. Son ouverture atmosphérique met en relief des ondes gutturales torsadées et un lointain chant sibyllin qui le cerne, alors qu'une bande d'arpèges miroitant se met à onduler par vagues. Cette fusion d'ondes et de lignes en perpétuel mouvement est l'apanage de cet album. Ici, des voix chtoniennes et des effets de distorsions s'invitent à ce lent ballet d'ondes et de fluorescence musicales pour une distance de 90 secondes avant que le séquenceur invite une légère séquence de rythme ambiant à osciller. Même en s'appuyant sur les distants cognements des basses pulsations, le rythme reste ambiant, préférant souder la tonalité des séquences à cette bande d'arpèges miroitant de l'ouverture. Paradigm suit avec un rock électronique plutôt entrainant dirigé par une bonne ligne de basse séquences qui court tellement vite qu'on en oublie ses quelques inflexions en forme de zigzag. Un essaim d'arpèges et de séquences suivent la course du rythme, ajoutant une dimension plus nerveuse à ce rythme de feu que Mike Donzella arrose de copieux solos de synthé. Après le court chant d'une onde de synthé vacillante, Ginema infiltre nos oreilles avec une séduisante structure du séquenceur qui est à la fois rythmique et mélodique. Le pattern est avant tout minimaliste et fait onduler son mouvement dans une ode à la Berlin School où se greffent des arpèges miroitant qui scintillent en symbiose du rythme. Le synthé déguise un nouveau chant et le séquenceur active une nouvelle ligne dont les basse-séquences ondulent avec plus de vélocité, plus de fermeté. Sur ce mouvement ascensionnel répétitif typique des années vintage et ancré dans sa formule minimaliste, Ginema collige des arpèges qui festoient comme dans un nouvel hymne à Halloween. Le synthé lance des airs nasillards ainsi que des solos mélodieux dont le côté spectral va de pair avec les ululements cinématographiques des ambiances. C'est un solide titre qui respire plus les aventures de Paul Lawler dans Arcane que Tangerine Dream, quoique les deux styles se voisinent.

WT est conçu sur le même principe, mais avec un mouvement de rythme plus furtif, comme des pas-de-loup, serti d'un essaim d'arpèges qui papillonne vivement. Les solos de synthé ont une tonalité plus vintage dans ce titre. Crystalline est un court titre qui propose une mélodie glauque ondulant comme une vision de fantôme errant à travers un long corridor désuet. Ça colle pas mal à l'essence du titre de l'album. Eclipse est mon titre préféré dans cette courte collection de MÉ qu'est ALTERED WAVES. Son ouverture est du genre Fantôme de l'Opéra des temps modernes avec de larges nappes de synthé apocalyptiques. Le séquenceur active sa séquence de rythme en 2 temps qui sautille et galope entre les harmonies flûtées d'un Mellotron aussi divin que dans l'univers Tangerine Dream que celui de Brendan Pollard. Qui dit mellotron, dit aussi nappes de voix gothiques et brume orchestrale qui recouvrent l'essence de ce titre qui pourrait venir des sessions de Stratosfear ou Encore. Hypnotique, mythique et mirifique! Le rythme galope plus vivement dans Prescence, un titre aux ambiances cinéma-épouvante d'une remarquable efficacité. Hormis les charmes des solos flûtés, les synthé ont cette essence de trompettes apocalyptiques qui sied bien à cette folle course rythmique pour échapper aux dédales de l'horreur. Entre rythme ambiant et ballade entrainée dans un flux de Berlin School, After Earth pose les bases d'une agréable mélodie lunaire dès son ouverture. Les arpèges scintillent avec un mouvement de cascade ascendant où des étoiles chantent et leurs poussières tracent des cratères philarmoniques. Si la première partie du titre respire cette poésie sonore qui émane des idées de Mike Donzella, la seconde moitié de After School prend la mélodie pour la refaçonner en une comptine rythmique à laquelle se colle un air du Moyen-Orient à sa lucarne. Le mouvement est plus entrainant, et le séquenceur s'inspire des premières vagues de rythmes analogues de Steve Roach dans son album Traveler avec un bel effet de cascade. Wintermute nous arrive avec une belle ballade hyper mélodieuse qui coule comme une lente valse onirique dans les vastes plaines de l'espace. Dr. Time conclut ce premier ouvrage de Abstract Rituals avec un mouvement de rythme en cascade. Une structure ascendante, toujours conçue sur l'aspect miroitant des séquences et de son contraste né de ces jets de basses pulsations, où les abysses sont à la rencontre de cette barrière de coraux astraux qui délimitent ces 2 territoires issues d'une imagination abreuvée de cette musique qui n'a de dimension que celle qu'on s'impose.

ALTERED WAVES est effectivement un très bel album de MÉ. Une belle première carte de visite de Abstract Rituals qui laisse entrevoir un potentiel assez intéressant. J'ai hâte d'entendre la suite. Et surtout d'entendre des titres un peu plus élaborés, car il y a des titres dans cet album qui méritaient un peu plus de minutes…

Sylvain Lupari (16/10/23) *****

Disponible au Abstract Rituals Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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