• Sylvain Lupari

AD MUSIC: E-Scape 2020 (FR)

De la belle MÉ qui s'écoute partout, surtout dans le contexte actuel

1 Cloudburst (The Garwin Project) 5:45

2 Strands of Tranquility (Volt) 6:57

3 Shrine (Remix) (Ian Boddy) 9:20

4 Veni, Vidi, Lacrimavi (Carys) 5:50

5 Run Four (The Garwin Project) 9:20

6 House of Chimes (Robert Fox) 9:50

7 Sigh (Ron Boots) 8:20

8 Meltdown (Chill out Remix) (Code Indigo) 5:30

9 Kinematic Star (Volt) 6:55


10 Stars Dream on (David Wright) 9:00

AD Music | AD214CD

(CD/DDL 76:47)

(E-Rock, England School, Melodious EM)

Comme à chaque printemps depuis 2015, le label AD Music présente son festival E-Scape. Et ce festival avait une saveur particulière pour David Wright cette année puisque les fonds recueillis étaient destinés à l'organisme MENCAP qui vient en aide aux personnes ayant de sérieux problèmes d'apprentissage. Pour David, ce projet est en lien avec Albania - The Korçë Project, une initiative visant à amasser des fonds pour les enfants pauvres d'Albanie. Et ce projet en 1995 fut avorté pour des raisons juridiques hors du contrôle de la maison AD Music. Cette année, c'est la COVID-19 qui a eu raison sur les bonnes intentions de l'artiste Anglais. Et il y avait de gros noms sur la liste des invités du E-Scape de cette année. Volt, Robert Fox, Ian Boddy, Ron Boots accompagnaient le retour tant attendu de Code Indigo, alors que 2 nouveaux noms, The Garwin Project et Carys, complétaient cette liste d'invités de marque dont le couronnement de l'évènement était l’affaire de David Wright. Ne baissant jamais les bras, celui à qui l'on doit le superbe Walking with Ghosts s'est investi à fond à demandant à ses invités de participer à la création du CD usuel, E-SCAPE 2020.

La compilation ouvre avec un titre qui fait plus dans le rock progressif avec une essence très Pink Floyd, Cloudburst par The Garwin Project. La guitare lance de très bons solos aux arômes de David Gilmour. Tant que l'on croirait que c'est lui! La ligne de basse tisse un envoûtant rythme de blues cosmique alors que le synthé lance des lignes amères. Un bon titre de rock progressif, alors que la deuxième composition du groupe, Run Four est un excellent England School qui débute avec une approche psychédélique-ambiante avant que le séquenceur ne sorte du silence quelque 4 minutes plus loin. Le débit est vif comme les oscillations qui flashaient dans son ouverture. Une nappe de voix séraphique accueille ce rythme stationnaire qui oscille lentement afin de verser son flux rythmique dans de belles orchestrations cinématographiques. Entre le rythme et son penchant pour le psybient, Run Four m'a donné l'occasion de rencontrer un artiste qui me semble très intéressant. Je parlais de retour attendu pour Code Indigo, que dire de celui de Volt qui nous à rien donné depuis A Day Without Yesterday en début 2016. Strands of Tranquility présente un rythme ambiant avec des séquences papillonnant sur place avant de suivre la rudesse des percussions. Les solos de synthé sont splendides sur ce rythme entraînant qui fond peu à peu pour épouser les parfums musicaux des années vintage avec une belle flute de mellotron. Kinematic Star passe par toutes les phases de la MÉ avant de nous renverser dans un solide rock électronique made in England où solos de synthés et de simili guitare s'affrontent dans un duel enlevant.

Ian Boddy propose une version plus adoucie de Shrine qui en revanche nous fait entendre de délicieux éléments percussifs. Le rythme est plus invitant à une forme d'Électronica que lourd et vicieux, comme nous l'avons connu dans le splendide As Above So Below. Mais au final, les deux versions sont un régal qui s'écoutent une après l'autre avec le même délice. J'avais un peu peur au début, mais au final Veni, Vidi, Lacrimavi s'avère être un bon titre de musique ambiante dans une vision très sibylline. La voix de Carys est assez envoûtante avec ces couches de gémissements de soumission qui flottent en symbiose avec son décor chthonien. Du Dark ambient avec une voix séraphique? J’aime bien! Une autre très belle voix, venant cette fois-ci d'un étonnant échantillonnage de voix, accompagne aussi un autre retour inespéré en celui de Robert Fox, j'avais compris qu'il avait accroché ses lutrins au grenier, avec un long titre en House of Chimes. Son intro est onirique avec une mélodie jouée sur un piano enjoué. Cependant, un voile obscur flotte tout au-dessus alors que les notes deviennent comme des cliquetis d'horloge et de fascinants tic-tac. La voix de Carys renoue avec de très belles orchestrations où les cliquetis des cymbales nous plongent dans une approche cinématographique qui est intense au niveau des émotions. Ron Boots! Ah l'ineffable ami Ron est en grande forme et offre une belle mélodie flûtée qui exerce ses charmes sur un rythme sautillant. Cette délicate approche transite vers une deuxième phase plus électronique nourrie d'effets et de solos de synthé. Les percussions animent une troisième phase et son gros rock électronique à la Ron Boots. Disons que la flûte a tracé son petit ver-d'oreille en revenant pour le second tour de charme de Sigh! Code Indigo ne s'est pas creusé les méninges en offrant un remix de Meltdown qui prend des allures d’un titre pop New Age à la David Wright. Et vous allez comprendre ce que je veux dire en écoutant le rythme vivant et entraînant de Stars Dream on qui termine cet E-SCAPE 2020 avec une touche légère, pas trop compliqué et mélodieuse comme on aime la musique de David Wright.

E-SCAPE 2020 est vraiment moulé dans le style traditionnel de la maison AD Music avec du bon rock électronique où le New Age mélodieux se taille une place enviable auprès de structures plus progressives, mais pas trop. De la belle MÉ qui s'écoute partout, surtout dans le contexte actuel.

Sylvain Lupari (09/07/20) *****

SynthSequences.com

Disponible chez AD Music

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