© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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AGE: Lost in Silence (2019) (FR)

“C'est un voyage entre les astres et les rythmes qui attend l'auditeur parti à la découverte des 61 minutes d'un très bon album de rock cosmique”

1 Hope in Silence 2:42

2 Departure to Nowhere 5:14

3 Hypnagogie Part 1 9:34

4 Light Arrows 5:01

5 Hypnagogie Part 2 8:51

6 Nowhere 4:33

7 Whispering Light 1:50

8 Running Through Time 4:26

9 Palais Montcalm 1:42

10 Gone Alone 3:43

11 Timeless 2:57

12 Scary Night 3:02

13 Hypnagogie Part 3 5:39

14 Hope and Silence 2:09

Groove | GR-264 (CD 61:06) (Cosmic Rock, Berlin School, Ambient)

Moi qui pensais que AGE avait fait son retour l'an passé avec la réédition, par Groove, de Landscapes, j'ai été quitte pour une bonne surprise en découvrant que d'Emmanuel D'Haeyere et Guy Vachaudez étaient très actifs depuis 2015 et s'enlignaient pour réaliser deux autres albums suivant ce LOST IN SILENCE, produit et réalisé aussi sur l'étiquette de Ron Boots. Ce 14ième album de AGE est une version studio du concert que le duo Belge avait présenté dans le cadre du festival E-Live 2018 en Hollande. La musique présentée ici est tirée de 2 albums à paraître prochainement, soit Hypnagogie, qui est un album purement ambiant et cosmique, et Sequenz, un album structuré sur le travail des séquenceurs. C'est donc un voyage entre les astres et les rythmes qui attend l'auditeur parti à la découverte des 61 minutes de LOST IN SILENCE.

Et cela débute avec un Hope in Silence qui se pose avec ses lentes ailes d'orchestration qui embrassent un piano sensible et émouvant. Une voix chuchote en arrière-scène et ses murmures transitent vers Departure to Nowhere et son introduction gazée par une superbe flûte de Mellotron. Nous reculons dans le temps avec cette saveur analogue qui initie un bon rock électronique. Structuré sur un maillage de lignes de rythme du séquenceur et de percussions électroniques, le rythme est fluide et entraînant avec des effets de cliquetis qui murmurent à nos oreilles toujours enivrées par ces parfums de flûtes qui chantent de divines harmonies. Le synthé active ses charmes avec de bons solos qui se détachent des harmonies de la flûte et qui sont tout autant oniriques. Hypnagogie Part 1 est la première partie d'un long voyage ambiant, et possiblement cosmique, qui alternera avec autant de phases rythmiques. Nous survolons un territoire hostile remplit de vents sombres et de subtiles wooshh et wiishh. Des effets sonores peignent les ambiances d'une vision cosmique alors que des bourdonnements, des brises caverneuses et des bruissements ronronnant ainsi que des clapotis d'une eau vivante soufflent une vision plus terrestre. Mais peu importe, cette faune sonore se nourrit de ses impulsions. Ces ambiances ténébreuses sont ornées de notes de piano égarées et des cordes de violoncelle qui errent entre les vents multiples et une panoplie d'effets sonores, pour la plupart percussifs, avec notamment des froissements de pas et des chevrotements captés ici et là. Ces ambiances débordent vers Light Arrows, j'entends même des cloches, et son rythme très Berlin School avec des percussions qui lui donnent un look rock à la Poland. Enlevant avec des solos de synthé sonnant comme une guitare, Light Arrows est un de ces titres qui font la parfaite transition entre les passages ambiants et du bon Berlin School question de tenir l'auditoire sur le qui-vive.

La structure de rythme zigzagante et délicatement spasmodique laisse son empreinte dans Hypnagogie Part 2 dont les ambiances planantes et sombres peinent à camoufler la présence fantôme des séquences de Light Arrows. Le décor est quasiment identique, sauf que l'impression de longer les entrailles d'un long tunnel est palpable. Autant ici que dans Hypnagogie Part 1. Le rythme fantôme revient avec force dans Nowhere. Le mouvement du séquenceur est houleux. Deux lignes de rythmes sont superposées et dansent en étroite symbiose, alors qu'une ligne d'arpèges fait du rodéo sur le mouvement principal qui fait très Berlin School. Des nappes planent tout au-dessus du rythme sans pour autant approfondir leurs présences. Whispering Light est une belle, mais trop courte, mélodie dans le genre des premières années de Vangelis. C'est très beau…mais trop court! Running Through Time s'amène avec une structure de rythme qui colle très bien à la vision de son titre. Un rythme nerveux sis sur le tressaillement de la première ligne de rythme du séquenceur. Des bongos, des percussions électroniques et une autre ligne de séquences stroboscopiques complètent l'ossature cadencée qui gesticule sous une pléthore de nappes, de lignes et d'effets qui situent le genre entre les années 70 et 80. Un large éventail qui en dit long sur la capacité d'Emmanuel D'Haeyer et Guy Vachaudez à tisser un univers d'enchantement qui s'abreuve à tous leurs âges. Palais Montcalm est un autre titre tranquille, majoritairement assumé par de belles orchestrations. Gone Alone est un peu plus demandant. Il s’agit d'un rock cosmique aussi mélodieux qu'avant-gardiste avec des orchestrations en staccato. On parle de vision progressive!? Timeless n'est pas piqué des vers avec sa monture forgée dans une avalanche de carillons en verre qui s'agglutinent sur un convoyeur nerveux. Une mélodie grattée sur une fausse guitare complète l'approche mélodieuse dont l'essence Grecque fond dans les orchestrations et les effets épeurants de Scary Night. Hypnagogie Part 3 épouse assez bien la structure de Scary Night avec ces effets percussifs, ces sourdes impulsions et cette sensation d'errer profondément dans des caniveaux. Hope and Silence termine LOST IN SILENCE de la même façon que Hope in Silence l'avait débuté. Avec beauté et tendresse! Mais surtout avec ce désir de réentendre une ode fascinante où le rock et les ambiances cosmiques n'ont jamais été en aussi étroite symbiose qu'ici.

Sylvain Lupari 23/05/19 *****

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