• Sylvain Lupari

ALBA ECSTASY: Spells (2018) (FR)

“C'est assez difficile de ne pas répondre aux invitations du séquenceur et des envoûtants mouvements minimalistes de Spells”

1 Dance of Medusa 8:13 2 Fantasia 5:06 3 Spells 9:25 4 Incantation 3:54 5 Active Geometry 17:38 Alba Ecstasy Music

(DDL 44:18) (Roumanian School)

Paraitrait-il que je ne les ai pas tous eus! Qu'il y aurait eu des compilations ou rééditions qui me sont passées sous les oreilles en 2018. Donc voici ce dernier opus d'Alba Ecstasy qui est aussi une dernière fantaisie du synthésiste Roumain puisqu'il chantonne sur certains titres. Ce n'est pas vraiment mauvais! Ses incantations siéent très bien avec le style Roumanian School qui projette de plus en plus d'éclats musicaux liés à la musique d'Indra.

Ceci étant écrit, SPELLS est un autre bel album qui ressemble à bien d'autres albums d'Alba Ecstasy. C'est toujours agréable à découvrir et à entendre puisque ses structures minimalistes servent de décor à des évolutions qui sont toujours en mode surprise et séduction.

Dance of Medusa débute le bal avec un mouvement du séquenceur qui livre à nos oreilles une ligne spasmodique. Les ions sont gras et sautillent dans un Funk et Break Dance cosmique badigeonné de nappes de synthé circulaires dont les lames semi stridentes sont comme des gyrophares sonores en mode alerte. Les percussions qui tombent, de même que des séquences plus limpides sautant sur place, réorientent la structure vers un rock cosmique agrémenté par un clavier qui roucoule d'une mélodie protéiforme tout à fait conforme à cette structure un brin disloquée. Fantasia propose des nappes de synthé qui roulent entre nos oreilles comme ces vagues que l'on entend sur une plage océanique. Le séquenceur émerge autour des 2 minutes, structurant un rythme nourri de brèves oscillations qui roulent en boucle dans une finale où tintamarre et sérénité ont le même combat. Ces oscillations trouvent une nouvelle identité dans Spells qui est bercé de tendres nappes orchestrales. Doucement, ces ambiances migrent à l'aide d'un autre mouvement plus accentué du séquenceur et d'éléments percussifs claquants qui captivent un intérêt auditif. Les percussions arrivent et structurent un rythme entraînant pour les neurones. Ce rock cosmique est nourri d'une épaisse couche de sons et permet à Mihail Adrian Simion de coucher sa voix sous différentes formes et effets vocaux. Ces incantations périodiques siéent assez bien avec cette structure minimaliste qui, une fois de plus, se remplit à ras bord d'ajouts aussi charmants que magnétisants. C'est conforme à la signature d'Alba Ecstasy.

Court et efficace, Incantation se livre à nos oreilles avec un gros ver sonique qui désarticule ses séquences dans un toujours séduisant mouvement de monte/descends propre au Berlin School. C'est la tonalité et l'approche sensuelle du mouvement qui le distingue par rapport au style Berlinois. Et Alba Ecstasy y va encore d'incantations sans paroles. Avec ces lignes de séquences qui vont et viennent, qui valsent et entrecroisent leurs charmes rythmiques dans un vide ambiant dont seules les résonances brodent un tissu sonore, le très Indra Active Geometry est la pierre angulaire de ce SPELLS. Le mouvement est saccadé et cache des orchestrations en staccato qui respirent vivement derrière cette phase de rythme ambiant. Des jets de brume ajoutent une touche onirique et un souffle pulsatoire de la basse une touche dramatique. Les percussions, et ses cliquetis, orientent Active Geometry vers une approche de techno morphique dont les vibrations stationnaires du séquenceur et les percussions rappellent tellement l'univers de danse incantatrice d'Indra. Bousculé par le déplacement sonore de cette masse rythmique, des arpèges tintent sans mélodie précise et laisse plutôt cet aspect au séquenceur qui libère une ligne autant rythmique que mélodique. Ça pourrait durer encore plus longtemps que l'on serait toujours subjugué. Mais ça doit finir…

Ni génial, ni sans intérêt; SPELLS est dans la continuité des œuvres d'Alba Ecstasy! C'est assez difficile de résister à tant d'appels du séquenceur et de ses envoûtants mouvements minimalistes, même lorsque le synthé laisse ses solos pour un autre album. Les voix? Bah, ce n'est pas tant que ça! Elles servent de décoration ostentatoire aux mythes de la musique ésotérique. J'ai bien aimé, même si j'ai eu cette sensation de déjà-entendu. Mais n'est-ce pas le lot de la musique? minimaliste?

Sylvain Lupari (25/02/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp

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