• Sylvain Lupari

ALBA ECSTASY: Studio Collections 2 (2022) (FR)

Je n'ai pas entendu ici de MÉ qui ne méritait pas de se trouver une place sur un album

1 R.E.M. 9:55

2 Shortcut to Berlin 3:49

3 Monopropellant 7:38

4 A Transient State of Being 3:23

5 Before the Midnight 7:43

6 Secrets of Another World 4:31

7 Metempsychosis 26:14

8 Metempsychosis 31:34

Alba Ecstasy Music

(DDL 94:49)

(Roumanian School)

Voici un 2ième volet de titres qui n'ont pu trouver une place dans les albums de Alba Ecstasy. Et comme avec Studio Collections 1, réalisé en avril 2021, STUDIO COLLECTIONS 2 suscite un véritable questionnement sur les raisons qui font que ces titres n'ont pu trouver une place sur les précédents albums de Mihail-Adrian Simion. Possible qu'un titre comme Metempsychosis ait pu échouer à se trouver une place légitime sur un album. Mais encore là, il faut savoir que la musique du musicien de București est toujours offerte sous forme de téléchargement. Donc, je n'ai pas entendu ici de musique électronique (MÉ) qui ne méritait pas de se trouver une place sur un album-téléchargement de AE. Vrai que je suis un grand fan, mais je ne pense pas être biaisé ici en écrivant que la grande partie de STUDIO COLLECTIONS 2 est plus que très écoutable.

Pas d'introduction ambiante! R.E.M. se développe avec un rythme ostinato lié à un arpège séquencé qui sautille vivement en déliant de bonnes modulations, le rendant ainsi aussi entraînante que mélodieux. Avec une ligne de basse-séquences en arrière-fond, ce sont deux lignes qui guident sa destinée alors qu'une 3ième offre un ballant harmonieux se dandinant. Fidèle à sa vision sur l'art de développer ses longues structures minimalistes, AE meuble les 10 minutes de ce premier titre avec des ajouts tant rythmiques, comme cette solide ligne de basses-pulsations plus accentuée une 20taine de secondes après la 3ième minute, que mélodiques avec cette variation des tintes des arpèges tournoyant dans ce tourbillon rythmique. Comme un bon Berlin School minimaliste, le titre donne cette impression de pénétrer dans un tunnel lorsque le son, comme le rythme, atténue sa portée. Déjà cristallin R.E.M. approfondit encore plus cette notion avec l'écho des arpèges qui se répond avec une tinte aussi limpide mais moins cristalline. Un excellent titre qui aurait dû pourtant avoir une place de choix sur un album-téléchargement officiel. Un peu comme avec X Edition et Synth Collection Vol. 1, les longs titres sont suivis de plus courts. Ces titres me semblent plus exploratoires avec une démarche frisant l'expérimentation sur les possibilités des oscillateurs. C'est cette impression qui se détache de Shortcut to Berlin et ses oblongues oscillations, tout de même assez vives, dans un contexte plus expérimental. Un bon entracte entre une autre structure en ostinato avec Monopropellant. La structure est comme cette nourriture pour headbanger dans un party rave. Le rythme est donc pulsatoire avec des lignes de rythme harmonique et des effets percussifs sonnant comme des claquettes. Des nappes de brume et des effets de crissements industriels accompagnent ce parcours dont les subtiles modulations atténuantes nous tiennent constamment dans cette vision de transe pulsatoire. Jusqu'à date, les rejets de Alba Ecstasy sont des choux gras! A Transient State of Being propose une chorégraphie harmonieuse sur un timbre cristallin. Les arpèges folâtrent dans une expression corporelle libre de tout schéma rythmique, se concentrant sur la pureté du son.

Et ça se poursuit avec ce débit animé de deux accords se répondant comme une balle de bolo frappée par un bras perdant doucement de sa force en ouverture de Before the Midnight. Ce titre est aussi assis sur une formule pulsatoire mais avec des arpèges virevoltant avec désinvolte. Le synthé est plus dominant avec ses brises harmonieuses et des solos qui survolent une ossature plus vitaminée en 2ième partie. Il s'agit d'un bon rock électronique plus convaincant que Secrets of Another World dont les sauts aléatoires des arpèges scintillants forment un mélodieux et fascinant carrousel imparfait. Divisé en 3 phases, Metempsychosis est un long titre qui se développe lentement. Son ouverture est composée de séries d'accords indépendants qui vont et viennent, s'entrechoquant même quelques fois, dans une brume des années psychédéliques et de belles harmonies de synthé. C'est du rythme statique sans véritables élans qui finit par embrasser une phase harmonique plus atmosphérique et nettement plus expérimentale quelques secondes après seulement la 5ième minute. Le musicien Roumain élabore à partir de cet instant une vision psychédélique avec des effets de réverbérations et des lignes de synthé qui se lovent en boucles et en souffles de soufre. Des arpèges apparaissent pour tinter mollement, rappelant ces vagues structures rythmiques des 5 premières minutes. Cette parade d'arpèges est d'ailleurs le lent signal d'un rythme pris dans les charmes de ces brises de synthé des années 70 qui s'élabore vers la 16ième minute. Ce rythme est dépourvu de membrane solide, épousant plutôt ces rythmes lunaires et confus où les arpèges font des rodéos sur des percussions et des basse-pulsations bien espacées. Ça demande quelques écoutes…et même plus. Le téléchargement vient avec un titre caché, soit Metempsychosis (Original Edit). Étiré de 5 minutes, cette version est plus musicale et aussi plus accessible, quoique…

Exception faite de ce dernier titre, la musique de STUDIO COLLECTIONS 2 est dans la lignée de la bonne MÉ de Alba Ecstasy. Du bon rock électronique, du bon Berlin School et de savoureuses structures minimalistes finement relevés par son ingéniosité procurent un vrai régal pour les oreilles qui doivent travailler un peu plus pour les 2 derniers longs titres. Mais le son, la tonalité des arpèges est tellement séduisante que ça en facilité son apprivoisement.

Sylvain Lupari (18/04/22) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp

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