• Sylvain Lupari

ALBA ECSTASY: Synergy (2017) (FR)

Parmi ces progressions constantes des rythmes minimalistes de la Roman School, Synergy laisse entendre une toute nouvelle frontière psychédélique très douce qui sonne si bien aux oreilles

1 Side Effect 4:48 2 Synergy 15:36 3 The Circle 3:36 4 No Tears to Cry 13:01 5 Motricity 8:50 Alba Ecstasy Music

(DDL 45:51) (V.F.) (Mix of Vintage, New Berlin and Roumanian Schools)

J'ai commencé à l'envers. Avec Sublunary, une autre gâterie sonique d'Alba Ecstasy. SYNERGY est le 3ième album du synthésiste Roumain depuis le début de 2017, et je n’ai pas compté dans cette liste Seven Earths, un E.P. qui est paru en début 2017. Si on fait le calcul, SYNERGY est sorti en Juin 2017, Mihail Adrian Simion produit un album complet de MÉ à tous les 2 mois. Bah…je vous ai déjà parlé de la prolificité d'Alba Ecstasy depuis longtemps…et de son talent. Eh bien, sachez que cet album cache aussi une autre splendide merveille de l'art minimaliste électronique et quelques trucs assez intéressants à se mettre dans les neurones.

Des arpèges très indisciplinés bondissent en tous sens dès l'ouverture de Side Effect. Des pulsations résonnantes accueillent cet armada d'injections sonores avec un rythme de trance qui est tenté par du Techno. Les chants des synthés sont comme ceux d'un cardinal qui tente sa chance avec des harmonies arabes. Dans ce conclave de tons et d'harmonies fragmentées, Side Effect érige une approche spasmodique totalement dénudé de sensibilité. Un genre de Trash Hip-Hop électronique où pétillent des bruits blancs et des graffitis sonores, de mêmes que certains effets psychédéliques que l'on retrouve un peu partout dans l'univers assez bariolé de SYNERGY. Et comme si ce blindage de sons n'était pas assez, Mihail Adrian Simion éparpille des lames de synthé dopées par des effets dramatiques, sinon éclectiques. Une bonne ouverture! La pièce-titre possède les charmes de la Berlin School avec un démentiel mouvement du séquenceur qui fait tournoyer une ligne de rythme circulaire. Une machine électronique respire en arrière-plan, forgeant une illusion angoissante. Des percussions se greffent à cette structure minimaliste qu'un bon synthé agrémente avec un bassin de mélodies qui appartiennent au répertoire du rock progressif des années 70. Divisée par la rivalité des séquences fluides et des battements pulsatoires stoïques, la structure de rythme prend une tangente plus féroce avec une arrivée massive de séquences qui sautillent comme une nuée de clignotements de cils. Jouant sur les variances de son rythme, Synergy respire ces folies gargantuesques de Klaus Schulze dans ses années MIDI avec des harmonies et des arrangements qui donnaient une âme à la froideur de ces nouveaux instruments qui allaient changer l'univers électronique à tout jamais. Technicien et homme de studio hors pair, Mihail Adrian Simion se débrouille avec une aisance désarmante dans ce titre qui cherche les frontières du nouveau psychédélisme.

Est-ce qu'Alba Ecstasy est capable de tendresse? Pas tout à fait et c'est dans cette approche de rythme noué autour de multiples spasmes minimalistes que The Circle tente un tel mouvement. J'aime bien et ça fait très Indra cosmique. No Tears to Cry est le clou de SYNERGY. Son introduction est délicatement sculptée avec des arpèges cristallins qui scintillent comme les milles reflets du Mirage de Klaus Schulze. Un mouvement pulsatoire propulse un rythme impatient, mais majoritairement ambiant. Ce sont les multiples mouvements entrecroisés du séquenceur qui créent l'illusion de rythme fluide circulant dans un carrefour giratoire. Des éléments électroniques attisent notre curiosité, tel des crotales d'un Chaman qui convoite l'état d'hypnose de son patient. Des percussions s'invitent et martèlent une structure linéaire d'où s'échappent de belles membranes stroboscopiques, alors que le synthé nous balance de superbes solos autant spectraux que cosmiques. Alba Ecstasy apporte des nuances très sensibles à cette structure de rythme qui ensorcelle autant que les solos séduisent dans une vision qui cherche aussi les frontières du nouveau psychédélisme. Envoûtant! J'en veux d'autres. Motricity termine l'album avec un essaim d'arpèges séquencés qui vibrionnent autour de l'hésitation d'une ligne de basse à moitié formée. Le mouvement est spasmodique et donne naissance à des élans stroboscopiques continuels qui vont et viennent sur les nouveaux spasmes d'une structure qui cherche toujours son éclosion. C'est ce qui se produit à la porte des 3 minutes avec l'arrivée de percussions folles et agitées qui maintiennent la structure échevelée de Motricity dans son élément spasmodique.

J'ai bien aimé l'univers de SYNERGY un autre très bel album d'Alba Ecstasy. Mis à part d'autres succulentes structures minimalistes du style Roumanian School, Mihail Adrian Simion injecte dans cet album des éléments psychédéliques qui sont bien dosées et qui suscitent la curiosité de nos oreilles. Comme toujours, la progression des rythmes et les rapprochements vers le genre Techno morphique reste envoûtante. Et avec ces solos qui abondent ici… Pas de doutes, nous sommes dans une grande messe de MÉ…

Sylvain Lupari (13/09/2017) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp


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