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  • Sylvain Lupari

Alba Ecstasy Y Edition (2022) (FR)

Un album téléchargement qui colle littéralement aux années 85-90 de Klaus Schulze

1 The Voice of the Desert II 12:01

2 Y Edition 8:04

3 Underworld 20:29

4 Intrinseq Flow 11:49

Alba Ecstasy Music

(DDL 52:25)

(New Berlin School)

Suivant le principe de X Edition, paru en mars de cette année, Y EDITION est le second volet de cette nouvelle aventure musicale de Alba Ecstasy où les influences de Klaus Schulze, années 85-90 ont nettement un meilleur ascendant ici que sur le premier album d'une série à compléter. Et contrairement à l'édition X, on n'y trouve peu de liens ramenant la musique de Mihail-Adrian Simion au film Dune. L'album-téléchargement comprend ainsi 4 titres, deux longs et deux courts, qui sont dominés par des mouvements minimalistes avec des arpèges lumineux qui irradient parfois dans une faune organique, comme classique aux mouvements de ritournelles hypnotiques, harmoniques et rythmiques qui ornaient des albums phares tel que Dreams et En=Trance. Mais là s'arrête toute comparaison! Puisque à l'époque où le regretté Klaus donnait une profondeur à la froideur des équipements numériques, Alba Ecstasy ajoute la chaleur intemporelle des années analogues à une musique électronique conçue aussi sur des synthés numériques. Les combats des nouvelles technologies en matière de synthétiseurs!

The Voice of the Desert II propose un debit pulsatoire plus lent que The Voice of the Desert. Son rythme est pulsatoire et vibrionne sourdement avec des accords lourds dont la résonnance se fond à des nappes de synthé aux sombres charmes gothiques. La brume orchestrale de ces nappes est dense et sa profondeur est en symbiose avec l'effet assourdissant des battements lourds et las. Le mouvement est minimaliste, donc hypnotique, et crée un genre de happening atmosphérique évolutif. Les premiers arpèges tintent quelques secondes avant la 3ième minute, traçant une délicate ritournelle astrale dont l'effet scintillant donne plus de charme à ces orchestrations qui épousent ces lents mouvements de valses arabiques. Et s'il y a un lien à faire avec Dune, c'est au niveau des ces arrangements. Pour le reste, The Voice of the Desert II évolue avec son rythme lent et sourd auquel s'ajoutent de belles nappes et de tendres lignes de mélodies, légèrement teintées d'une tonalité de flûte céleste, qui dérivent entre nos pensées. Une texture plus bourdonnante, quasiment intrigante, ajoute un soupçon de musique cinématographique, genre film d'épouvante, vers la finale du titre. On aime et on est subjugué dès la première écoute! Je dirais la même chose de la pièce-titre qui adopte aussi une structure hypnotique dans un débit plus accentué. Ici, les arpèges séquencés sautillent avec vélocité dans le pas solitaire d'une basse séquence. Ça crée un rythme semi-rapide pour les neurones qui sautille sous un ciel tailladé par de lentes stries aux couleurs agonisantes. La densité des nappes laisse entendre des voix gothiques dans un décor aussi sombre qu'intensément opaque au niveau du volume sonore. Un accord pulsatoire s'invite tout près de la 3ième minute, modifiant la cadence d'un titre dont, et étrangement, le scintillement de la ligne d'arpèges ajoute une dimension chtonienne très lourde à X Edition.

Plus long titre de Y EDITION, Underworld propose une ouverture remplie de bourdonnements et de brises creuses. L'éclat scintillant d'un mouvement d'arpèges séquencés émerge d'ailleurs d'un sourd vrombissement des cavernes quelques secondes avant la 4ième minute. Ces arpèges sautillent vivement en file indienne où un accroc y colle sa nuance. Superbement musical, le mouvement minimaliste offre de belles atténuations qui donnent par moments l'impression d'un mouvement de galop, comme d'une course d'unijambistes sur un bâton-sauteur à essence. AE profite de cette distance de 20 minutes pour élaborer un mouvement hypnotique où les nuances abondent, déjouant ainsi toute probabilité que l'auditeur perde le fil de son écoute. On remarque à peine que la structure est devenue plus saccadée, voire spasmodique, tant les nombreux solos et les nappes à la poésie sibylline en sillonnent sa dimension. L'ingénieur en sons ajoute aussi des effets organiques, enrichissant un développement rythmique qui accentue sa vélocité lorsque son ombre se détache et que des scintillements plus vifs le martèlent avec une violence passive. Les percussions qui s'invitent un peu avant la 12ième minute, à peu près au même moment que des effets cosmiques envahissent les ambiances, créent un happening rythmique qui atteint son apothéose lorsque des boom-boom technoïdes font marteler nos tympans quelque part après la 13ième minute de Underworld. Du très bon AE dans toute sa splendeur d'hymne minimaliste à croissance technoïde. Une courte mélodie séquencée en boucles intemporelles attend nos oreilles en ouverture de Intrinseq Flow. Ce mouvement mélodieux est ascendant et est aussi séduisant à l'oreille que ces chorégraphies minimalistes d'une ballerine en ivoire dans une boîte à musique peuvent être à l'œil. Des effets organiques envahissent les ambiances de cette ritournelle minimaliste, ajoutant une dimension de psybient à un rythme tranquille que se fait secouer en contrepartie par des pulsations assourdissantes et picorer par des tssitt-tssitt de fausses cymbales. Des nappes de synthé orchestrales enveloppent autant ce rythme pulsatoire que ces effets organiques, procurant une vision plutôt intersidérale à ce titre qui restera délicat et musical jusqu'à sa toute fin.

C'est ainsi que se termine cette toute dernière aventure musicale de Alba Ecstasy qui propose en Y EDITION un album qui se colle littéralement à l'époque visée, soit les années 85 à 90, de celui qui fut le plus inspirant pour le musicien roumain, Klaus Schulze. Personnellement, j'y entends plus une suite à Stories From a Distant Space- Vol. 1 qu'autre chose, mais remarquez que ces 2 albums semblent inspirés de la même époque. Au final, voilà un autre bel album, peut-être avec un peu moins de profondeur que X Edition, qui m'a effectivement donné le goût d'écouter autant Mirage que Dreams, En=Trance et Inter*Face.

Sylvain Lupari (23/11/22) *****

SynthSequences.com

Disponible au Alba Ecstasy Bandcamp

(NB : Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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