• Sylvain Lupari

ALIEN NATURE: Heisenberg 2 (2015-2017)

"Plus dominant dans les rythmes sauvages que dans le 1er volume, ce Heisenberg 2 montre qu'une mince ligne entre les styles e-rock, ambient et dance est aussi pertinente que très diversifiante"

1 Part 1 8:39 2 Part 2 7:11 3 Part 3 13:21 4 Part 4 10:21 5 Part 5 13:33 6 Part 6 19:28 Alien Nature Music (DDL 72:35) (E-Rock, ambient & dance)

Autre titre du catalogue d'Alien Nature que Wolfgang Barkowski a mis sur sa page Bandcamp récemment, soit en Juin 2017, HEISENBERG 2 fut réalisé en 2015, soit 2 ans après Heisenberg 1. Et cette fois-ci c'est clair et bien écrit; la musique des 2 albums est dédiée à l'œuvre du scientifique Allemand, Werner Heisenberg. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe derrière la mécanique quantique. Mais si l'on se fie à ces 2 albums d'Alien Nature, ça doit brasser quelque chose de rare!

Chaque titre des deux volumes est laconiquement intitulé Part. Ainsi, Part 1 ouvre l'album avec des grésillements autant percussifs que radioactifs. Une ligne de basses pulsations trace ensuite une approche hésitante, une approche de pas-de-loup. Des oscillations arrivent par séquences et créent un rythme sautillant qui s'accroche à une cohésion déficiente. Il se dégage de cette introduction une figure mélodique en teinte demi flûtée et semi organique. Il décrit de larges cercles oscillateurs qui vont et viennent, formant une structure de rythme harmonique un brin sphéroïdal. Ce mouvement minimalisme et assez hypnotique sert la cause sonore de Part 1 où se greffe une autre ligne de séquences aux rondeurs crépitantes, alors que la mélodie devient de plus en plus dominatrice de notre état d'hypnose. Vient ensuite une nuée de séquences qui papillonnent comme une horde de lucioles dont les gambades aériennes deviennent de plus en plus intenses. Et graduellement, ce premier morceau de HEISENBERG 2 se pare des plus beaux atouts électroniques. Comme ces solos de synthé qui arrivent aux portes des 4 minutes et dessinent des vrilles aux amplitudes nonchalantes. Et puis les percussions arrivent. Bouleversant la course du rythme statique, elles frappent avec rage et lourdeur. Elles soulèvent même une colère radioactive qui fait gronder ces lignes horizontales et donnent par ricochet plus de vigueur au synthé qui distribue ses nombreux solos avec une belle sinuosité dans ses chants électroniques. Cette mélodie mangeuse de neurones addictives dérive vers une phase de rythme nettement plus engagée avec Part 2. L'approche de Wolfgang Barkowski est concentrée sur du Techno teintée d'une vision de synth-pop à la Ultravox au niveau des arrangements. Il y a beau avoir une courte phase ambiosonique que ça n'enlève rien à la fougue de Part 2 qui revêt des habits plus rock électronique par la suite.

Part 3 suit avec une délicieuse introduction électronique et des arpèges qui volètent comme des flocons de prismes dans des vents circulaires. Des séquences bien dodues et bien juteuses s'invitent à cette chorégraphie tonale, amenant un soupçon de Jarre qui se fait aussitôt éjecter par une volée de percussions aussi sauvages qu'inattendues. Une ligne de basse épouse le matraquage des percussions, structurant un rythme qui tangue entre le rock et le progressif et dont l'enveloppe électronique subsiste par les très bons solos de synthé, des lignes de brumes ornementales et un petit passage ambiosphérique doux et éthéré qui donne ainsi un peu de répit à la boîte de rythmes électroniques. Puisqu'elle va servir dans Part 4, un furieux Dance & Trance garni d'éléments percussifs et soniques. Alien Nature revient sur les terres d'une MÉ plus près du modèle Berliner avec Part 5 qui nait dans des ambiances méditatives avec deux lignes entrecroisées et dont les contrastes sonores tissent une large nappe iridescente. Ce beau petit paysage sibyllin est dérangé par des ruades et des rodéos de séquences et d'arpèges rebelles. Les percussions redirigent ce rythme stationnaire vers un autre solide rock entraînant et garni de bons solos et de nappes de voix qui fredonnent au-delà des frontières de Part 6. Ce dernier titre de HEISENBERG 2 est aussi le plus long. Divisé en 3 mouvements, il débute avec une prose rythmique saccadée qui dissout une ouverture méditative assez New Age. Ce rythme démarre avec une horde de séquences qui sautillent de façon harmonique avec une décoration percussive des plus séduisante. Des nappes orchestrales dessinent un plafond sonique qui fait rejaillir une approche très Jean-Michel Jarre. Cette approche reste ancrée même dans ce passage plus ambiosphérique qui sépare le style rock cosmique de la 1ière partie du genre Dance & Trance de la 3ième partie qu'Alien Nature aime bien mordre tout en conservant les principaux attributs de la MÉ progressive de la Berlin School.

HEISENBERG 2 est un autre solide opus d'Alien Nature dont la musique nous tient constamment sur le qui-vive. Nettement plus animée par une approche Dance & Trance que Heisenberg 1, la musique respire encore et toujours de cette vision avant-gardiste du musicien Allemand qui cherche toujours à joindre des phases d'harmonies à un dialecte tonal créatif et enchanteur. Déroutant pas instants mais très bon au final!

Sylvain Lupari 12/02/2018 *****

SynthSequences.com

Disponible sur le site Bandcamp d'Alien Nature

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