Search
  • Sylvain Lupari

ALPHA WAVE MOVEMENT: Cerulean Skies (2017) (FR)

“Un album vraiment beau, un peu complexe parfois, qui devrait plaire à coup sur aux fans d'AWM”

1 As Above so it Flows 5:37 2 Organic Metamorphosis 14:21 3 Thermospheric Induction 5:32 4 Lattices of Light 9:17 5 Lenticular Forms 8:57 6 Cerulean Sky 6:29 HRR170401 (CD-r/DDL 50:18) (V.F.) (Ambient, soft sequenced beats)

Vous vous souvenez de ces délicats carillons qui pavaient la marche à la violente escalade d'Escalator dans l'album Chronos de Michael Stearns? C'est de cette façon que As Above so it Flows débute CERULEAN SKIES. C'est plus calme cependant. Beaucoup plus calme et ça n'explosera jamais de fureur. Et il ne faut pas se fier à ce premier titre avant de juger cet autre bel et très créatif opus d'Alpha Wave Movement. Inspiré par les beautés qui planent au-dessus de nos têtes, par la course des nuages et par des formations de masse d'atmosphère qui affichent une beauté plus rebelle, même dévastatrice, ce dernier album de d'AWM est dans la continuité, quoique plus théâtrale, du très bon Kinetic. Un des très bons albums de MÉ en 2016! Entre du Ray Lynch et le Kitaro des années Canyon et Polydor, As Above so it Flows déploie une texture orientale avec des gongs et des prismes dont les irisations forgent un rythme paisible qui se fait paisiblement dorloter par des chants de synthé aux harmonies flûtées, comme angéliques. La finale injecte un doux moment de tension avec une accumulation de strates aux teintes et aux airs dont la diversité fond dans le vide. Organic Metamorphosis flotte avec l'ombre d'une menace dans un ciel tacheté de particules soniques. Le titre flirte plus avec les espaces vides que les cieux avec sa guitare qui émiette ses riffs dont la délicatesse est happée par une ligne de séquences. Le mouvement ambiant étend un voile rythmique assez serein, même avec les effets de cascades qui dessinent une maladroite file où les ions sautillent d'impatience. La richesse du titre est assez pharaonique avec tous ses éléments qui convergent en un immense cumulus. Et là nous comprenons où Gregory T. Kyryluk veut nous amener! Dans le cœur d'une tempête dont la création part du sol. L'intensité atteint son paroxysme autour de la 7ième minute. Des percussions s'amènent et tambourinent une douce fureur avec des riffs qui tournoient avec plus de vivacité et dont les harmonies finissent par tisser une mélodie qui accroche autant la curiosité, on dirait une flopée d'oiseaux cernés dans ce cumulus géant, que les sens.

On dit que lorsque qu'un compositeur connecte avec son auditeur, le but est atteint. Et il l'est drôlement ici avec une belle vision des bousculements climatiques qui rongent notre planète. Thermospheric Induction est à l'image de ces changements climatiques; bousculades des éléments, sombre et très alarmant. Le rythme est construit autour de battements sourds et des carillons qui s'affolent dans des vents rageurs. Lattices of Light propose un très beau mouvement de séquences qui dansent sous une avalanche de strates dont les salves orchestrales emportent aux sommets des cimes. Gregory T. Kyryluk revisite ses premières influences ici qui sont très Berlin School mais avec une touche d'intensité très cinématographique. Encore ici, la pléthore de couches et d'effets ne fait nullement ombrage au rythme, ni aux arrangements. C'est à la fois rythmé et émouvant. Un peu comme à l'époque de The Edge of Infinity ou encore Now/Traveller de Steve Roach. Le rythme circulaire de Lenticular Forms est suspendu dans une masse d'ambiances et d'effets nébuleux extrait d'un synthé qui finit toujours par laisser filtrer les mélodies forgées dans les mouvements de rythme de CERULEAN SKIES. Un peu comme si ce rythme nous parlait en infiltrant un ver d'oreille indélogeable. Ici, ce rythme scintille avec tellement de candeur qu'il s'incruste prestissimo entre nos oreilles. Encore une fois, les liens entre les premiers pas de Gregory T. Kyryluk et ceux de Steve Roach dans Western Spaces sont trop évident pour être ignorés. La pièce-titre nous ramène un peu dans les territoires de As Above so it Flows, un peu comme si nous avions fait le tour de la terre. Par contre, Cerulean Sky coule avec plus de sérénité. C'est un beau paysages d'ambiances méditatives qui ornent ce bleu céruléen d'un ciel toujours très riche en en tonalités éclatant de partout comme des milliers de prisme aux couleurs pourpres dans les immenses caresses embuées d'un synthé en mode intensité.

Afin de bien imager CERULEAN SKIES, Gregory T. Kyryluk parle de dialogue rythmique et d'ambiances synthétisées. J'aime l'analogie! C'est propre à toutes ces œuvres crées de toute pièces dans l'antre de machines électroniques et de synthétiseurs. Et spécialement ici où Alpha Wave Movement prend un soin jaloux de bien connecter avec son auditeur. Un très bel album, un peu complexe par moments, qui saura combler les attentes de ses fans et les amateurs d'une MÉ qui pénètre timidement les frontières du New Age ou de la musique d'ambiances pour un voyage méditatif.

Sylvain Lupari (15/05/17) *****

SynthSequences.com

Disponble au Harmonic Resonance Recordings Bandcamp

2 views

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle