• Sylvain Lupari

ALPHA WAVE MOVEMENT: Horizons (2014) (FR)

Updated: Jul 11

Horizons est un solide opus où Gregory Kyryluk offre le meilleur du e-rock cosmique sans jamais renier ses racines

1 Horizon 5:15

2 Traveller 9:51

3 Impressions 4:18

4 Starbound 10:10

5 Shanti 3:05

6 Remnant 6:04

HRR 090114

(CD-r/DDL 38:46) (V.F.)

(Cosmic Rock)

Ce qui frappe le plus dès que l'on entend les premières mesures de ce dernier album de Alpha Wave Movement est cette enveloppe musicale riche et très texturale qui enveloppe un rock cosmique électronique dont les fragrances et effets soniques interstellaires apporte le genre à un autre niveau. L'empreinte éthérée, quasiment ésotérique, qui caractérise la MÉ de Gregory T. Kyryluk reste très présente sauf que HORIZONS se démarque dans sa discographie avec une enveloppe architecturale plaquée de lourdeur. Il y a une présence très mélancolique, parfois sombre, qui émane des synthés et de leurs airs un brin jazzées qui flottent sur des rythmes en perpétuels mouvements. Plus lourd et entraînant que Archaic Frontiers, HORIZONS dévoile 5 compositions énergiques, Shanti étant très méditatif, avec une utilisation massive de percussions électroniques qui martèlent des rythmes entraînants ou qui chronomètrent des métronomes hypnotiques et dont la fusion lourdeur/lenteur est délicieusement emportée par des nuages de Mellotron aux harmonies violonées.

Et ça débute avec Horizon et ses tremblantes percussions manuelles qui chatouillent les caresses des violons romanesques. Et le rythme décolle. Il est lourd et ambiant, comme du gros rock symphonique. Tiraillé par de bonnes percussions et allumé par des séquences qui scintillent comme des ailes de papillon lumineuses, il ondule sournoisement sous les ondes de synthé vampiriques. Des ondes à deux tons qui dévoilent de superbes orchestrations alors que Horizon butine de brefs moments d'ambiances, dont une belle rêverie pianotée. Et à chaque fois ce rythme qui dort brièvement et ronfle d'impatience éclate avec des enveloppes philharmoniques de plus en plus denses et une délicate approche technoïde qui croule sous la lourdeur de sa structure. Navigant à travers ses rythmes lents, toujours bien martelés par de bonnes percussions, et ses ambiances éthérées, Traveller dérive entre un univers électronique cosmique et une approche un peu funk avec des solos de synthé aux fragrances un brin jazzées. Son intro est gavée de tonalités cosmiques et de tendres strates violonées qui flottent dans un Éden intersidéral, alors que les harmonies tanguent sur de fines percussions d'un genre Tablas, qui sont très présentes dans les premiers instants de cet album. Les effets cosmiques à la Jean-Michel Jarre abondent, on entend même ces percussions qui claquent comme du bois métallique, sur ce titre qui mélange agréablement les rythmes et ambiances sur une approche tant cosmique que très humaine. Toujours nappé de denses étreintes cosmico-orchestrales, Impressions offre une délicate mélodie qui chantonne de ses airs attachants sur un rythme légèrement sautillant. Accrocheur, le titre évolue avec un subtil crescendo, tant dans le ton que dans son dénouement, et avec une petite touche de complexité qui sort la douce approche éthérée de son confortable lit cosmique. Un peu comme Traveller, Starbound offre une structure en mouvement mais avec un rythme nettement plus vorace. Une douce mélodie fantomatique fredonne sur un tempo mis au quart de tour par un métronome hypnotique et excité par des percussions qui tapagent avec des séquences hyperactives. Des séquences qui bouillonnent dans un magma statique, parfois stroboscopique, et qui des fois remorquent le rythme à un niveau plus agité, alors que des solos très électroniques, aussi lyriques que torsadés, surplombent un rythme dont la vélocité s'accroche à une volée de percussions très vivantes. Un bref passage ambiant, très coloré, coupe les jambes à ce rythme qui reprend vie sous de superbes solos d'un synthé multidimensionnel. C'est très bon. J'imagine que c'est ce que Jean-Michel Jarre aurait fait avant de tomber dans sa métamorphose. Qu'il est beau et reposant ce Shanti. J'entends ici ces airs de trompettes esseulées et de saxophone oubliés sous la pluie de Blade Runner. Et Alpha Wave Movement n'échappe pas aux comparaisons avec Steve Roach ou la Pacific School, puisque Remnant nous y plonge carrément. Le rythme forge un genre de marche sphéroïdal où nous avons constamment l'impression de gravir les escaliers en spirales d'une montagne sans cime. C'est un titre visiblement inspiré par ces ballades ambiantes des déserts californiens avec des séquences, un tantinet organiques, qui chevrotent dans des hoquets stroboscopiques, morcelant une séduisante approche aussi hypnotique qu'éthérée et dont la fragilité repose sur un décor sonique peinturé par des synthés aux harmonies et aux ambiances divinatoires.

D'album en album, Alpha Wave Movement ne déçoit jamais. Gregory Kyryluk maîtrise l'art de se renouveler sans pour autant renier ses racines. HORIZONS explose d'une vigueur insoupçonnée. Un dynamisme sonique où les rythmes embrasent des avenues tout à fait inusuelles dans le répertoire de Alpha Wave Movement qui réussit tout de même à y conserver un cachet méditatif qui ressort encore plus dans cet album qui séduira, tant par la sonorité des synthés que la diversité de ses rythmes. Garanti!

Sylvain Lupari (09/09/14) ****½*

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Disponible au Harmonic Resonance Recordings Bandcamp

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