• Sylvain Lupari

ALPHA WAVE MOVEMENT: Infinite Realms (2021) (FR)

Une aventure interplanétaire conçue pour nous amener dans un état de détente

1 Nebula Radiance 12:17

2 Pole Star 10:30

3 Dusk on Altair 4:40

4 Timeless Starfields 11:45

5 Tone Poem for the Pleiades 5:23

6 Celestial Sail 9:00

HRR-210707

(CD-r/DDL 53:38)

(Sequenced Beats - Ambient Music)

C'est dans les suites d'un bourdonnement se transformant peu à peu en messages célestes que Nebula Radiance se taille une place entre nos oreilles. Cet élan flottant anime ses ailes soniques qui se transforment en nappes orchestrales où les violons soupirant font tinter ces cordes d'une harpe à peine distinguable. La tonalité devient un chant écarlate où crissent ces griffes qui tentent de freiner la descente de cette nappe dont l'aspect sonore modifie constamment son identité. Surtout qu'un délicat mouvement se structure avec l'ascension d'arpèges dans un mouvement de rythme ambiant, genre Berlin School. Le panorama musical est de verre avec des pointent qui se frottent, faisant ainsi hurler ce cristal dont l'univers d'un bleu métallique jette une froideur entendue. Et puis arrive la 5ième minute où le paysage se métamorphose pour devenir noir et cosmique avec un voile de drone dont les implosions dansent sous les étoiles avec ce rythme ascendant. La 3ième transformation de Nebula Radiance amène un univers étoilé par les scintillements des cabrioles sonores dans un cosmos vêtu de ces orchestrations qui amènent l'auditeur à l'apaisement. Le rythme ambiant change de peau pour celle des implosions dont les remous nécessitent ce retour en force de la première esquisse de rythme, amenant le titre dans une finale d'ambiances célestes. Que ça fait du bien de réentendre Alpha Wave Movement! Pas que l'aventure de Gregory T. Kyryluk dans Biome et l'album Essence n'ait pas été concluante. Bien le contraire! Sauf qu'avec AWM, on sait un peu à quoi s'attendre. INFINITE REALMS est une aventure interplanétaire conçue pour nous amener dans un état de détente. La musique sillonne les source céleste d'ondes hertziennes et les zones de nuage cosmique comme il y a plus de 25 ans avec l'album The Edge of Infinity. Époque que j'ai toujours pas rencontré, au fait. Et comme d'habitude, la musique voyage entre ses extrêmes en prenant un soin jaloux d'y fixer ses amarres de mélodies cosmiques un peu partout pour nourrir une finale qui rencontre toujours nos attentes.

Plus sombre, voire cathédralesque, Pole Star propose un sombre voyage dans le noir absolu. La ligne de bourdonnement modifie sa portée sonore avec des baisses dans l'intensité et dans les axes sonores, laissant miroiter et même danser des filaments à peine plus lumineux sur sa carapace. Imaginé le déplacements d'une baleine et son troupeau de poissons mangeurs de ses déchets. Les souffles bourdonnant amènent un embryon rythmique qui fait timidement entendre sa présence après la 5ième minute. Cette nouvelle ascension du séquenceur est un objet de concentration de nos oreilles pour un gros 60 secondes, là où des secousses de basse-pulsations vrombissent tout en étendant une aura plus musicale au panorama méditatif de Pole Star. Les voix qui s'y collent injectent une belle intensité émotive dans ce qui devient un très beau moment dans cet album. Faut juste apprécier la muraille de bourdonnements des 5 premières minutes. Dusk on Altair est un court titre qui se chamaille entre ses différentes textures et personnalités. Imaginez un tube avec un orifice plus gros que la sortie, remplissez-le de toutes les gammes de sons possible et pressez de toutes vos forces pour en faire sortir le son et ça donne Dusk on Altair et son léger effet de saccade. Les drones de Timeless Starfields sont de doux arcs sonores se déroulant pour se lover dans une chorégraphie ambiante où les sons dansent avec notre imagination. C'est un beau moment d'ambiances méditatives qui atteint un point d'obscurité après la 3ième minute. Plus sombres, les drones restent musicaux en étant fixés à une chorale céleste dont les doux murmures vont et disparaissent momentanément pour ressurgir juste avant que le décor de Timeless Starfields ne sombre dans une noirceur irrécupérable. La musique suit son cours avec ses mutations entre l'aspect céleste et l'autre plus sibyllin qui feront les charmes d'une seconde moitié sculptée pour me border jusqu'au sommeil. Tone Poem for the Pleiades tombe comme un rideau d'ondes sonores qui multiplient les caresse dans une intense luminance énergétique. Des voix célestes comme des poussières d'étoiles se forment et se dissolvent avec des pétillements radieux alors que de sourdes pulsations font battre un rythme mourant. Un impressionnant moment d'intensité qui a pourtant les atouts pour devenir une symphonie astrale. Et on arrive à Celestial Sail! En fait on sentait venir ce titre de par les nombreuses orientations de INFINITE REALMS et ses bouts de rythmes mélodiques ambiants. Le léger battement attire une nappe anesthésiante et ses parfums des dunes du désert. L'effet Steve Roach vient s'assoir avec la conception de Celestial Sail. Un brin élastique, le rythme monte et descend en colligeant une pulsation supplémentaire jusqu'à créer un lent galop statique. Les brises du synthé traînent les couleurs d'un feu de camp s'éteignant dans la nuit, jusqu'au point de la 5ième minute où guitare et synthé tissent chacun leurs airs mélodieux dans un ciel qui s'illumine devant tant de créativité alors que doucement va Celestial Sail dans cet oasis des plus beaux titres de MÉ ambiante. Un très beau titre qui conclut un autre très beau rendez-vous avec la musique de Alpha Wave Movement. Mais sommes-nous surpris?

Sylvain Lupari (23/08/21) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au HRR Bandcamp

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