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  • Sylvain Lupari

ANANTAKARA: Transmuted By (2019) (FR)

On ne s'illumine pas en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l'obscurité consciente

1 Incantations 10:36

2 Incandescence 12:32

3 Initiations 39:15

Aural Films Music

(DDL 62:23) (Abstract, MAI)

Ça vous tente vraiment? Eh bien commençons par les ambiances obituaires d'Incantations. Un effet de violoncelle caressant ses cordes roule en boucles et structure une chevauchée rythmique qui perd son galop pour s'effondrer dans ses derniers souffles. Ses lamentations servent de lit à une note de piano qui tombe inlassablement depuis l'ouverture des ambiances de ce titre introductif au dernier album d'Anantakara. Les cordes aphasiques deviennent des effets du synthé qui pousse de sombres mugissements, alors que la chevauchée initiale tente de reprendre forme dans un environnement rendu hostile par ce qui semble être des ululements, j'ai même entendu un bêlement, d'une meute de loups qui rentre ses carcasses dans le même corps. Et ainsi de suite…Si Momentum Lapses vous avais agréablement surpris l'année dernière, attendez-vous à une autre surprise de Philippe Wauman qui cette fois-ci franchi les frontières de l'anti-musique. Parfois agressante et d'autres fois intrigante, la musique de TRANSMUTED BY demande une béante ouverture d'esprit. Et si la musique de Terry Riley et Steve Reich a un attrait pour vous, vous êtes à la bonne enseigne avec ce dernier opus d'Anantakara disponible en format téléchargement sur le site d'Aural Films.

On ne s'illumine pas en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l'obscurité consciente. C'est sur ces écrits de Carl Gustav Jung que Philippe Wauman a décidé d'asseoir les bases de cet univers plein d'ambiguïtés. Distorsions, effets sonores audacieux et structures de rythme poussées par d'ingénieux effets de boucles, Incantations, comme Incandescence, charge vos oreilles, les miennes ont saignées à bien des endroits, avec une précision inouïe entre les sons et leurs doubles identités enfouies dans un univers parallèle. Après une lente ouverture où le piano joue encore avec des cordes mugissantes, Incandescence introduit des figures de rythme qui me font penser à l'univers en décadence de Synergy dans Games. D'ailleurs le passage autour de la 8ième minute est époustouflant. La puissance et sa timide réflexion sont un point fort dans ce titre qui me guide un peu mieux dans cet univers minimaliste cabalistique. Après ces deux titres plutôt difficiles à assimiler, Initiations est un long titre qui puise parmi les éléments sombres et dissonants des deux premiers titres afin de les reconstruire dans un climat nettement plus musical. Il existe toujours de ces jaillissements sonores de l'anti-musique, sauf qu'Anantakara remet les choses en ordre juste avant que nos oreilles se mettent à souffrir. Si j'avais un parallèle à faire, ça serait avec Amarok de Mike Oldfield. Pas dans le contenu mais dans la vision colérique qui circule à travers les 40 minutes de ce titre dont les nombreuses personnalités sont plus attirées par la clarté. Le souhait de Philippe Wauman! Dur! Très dur, mais il y a de bons moments qui justifie ce dur équilibre entre la clarté et l'obscurité. C'est ce qu'on nomme maintenant de la Musique Ambiante Intelligente (MAI)

Sylvain Lupari (24/12/19) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Aural Films Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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