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  • Sylvain Lupari

ANDREAS BAADEN: Home (2020) (FR)

Mon petit coup de coeur et une agréable surprise qui nous fait voyager sur de nombreux styles au fil des ans

1 Home 9:51

2 How Life Will Be In 3723 8:15

3 Meer Des Regens 10:02

4 Water And Air 7:31

5 The Last Orbit 7:39

6 Nebular Distortions 3:17

7 Omega 3:46

8 Lorcana 7:03

9 Lonely Day 5:04

MellowJet Records ‎– cdr-ab2001

(CD-r/DDL 62:27)

(E-Rock, New Berlin School, EM)

Il ne faut pas mettre ce HOME d'Andreas Baaden dans la filière 13 après avoir entendu les 2 premiers titres. Encore moins au beau milieu de ce charmant et déroutant album produit par MellowJet Records et masterisé de main de maître, puisque les structures musicales ici sont riches en multicouches d'instrumentations, par Bernd Scholl. Il s'agit déjà d'un 8ième album pour le musicien natif de Bad Honnef, Allemagne, que j'ai découvert avec le séduisant et complexe Aufbruch l'an passé. Sans être une copie-carbone de cet album, HOME propose 9 structures changeantes où chacune joue entre ses ambiances et ses phases de rythme dans des textures qui demandent beaucoup de créativité de la part des synthés. Et la réponse de ceux-ci est tout simplement séduisante. Entre du Mike Oldfield et du Vangelis, sans oublier Tangerine Dream et Johannes Schmoelling, ce dernier album d'Andreas Baaden se découvre avec ces multiples pistes d'instruments qui, ici à tout le moins, donne une essence incontournable à cet album qui m'a étonné dès la première écoute, et que j'ai dévoré dans les écoutes subséquentes. On découvre ici un brillant compositeur, d'où le lien avec Schmoelling et un brillant instrumentaliste qui a un énorme potentiel de créativité. Et c’est ce que nous découvrons avec son dernier album qui est définitivement un petit bijou de créativité!

Tout d'abord, la pièce-titre expose une belle ballade électronique avec un piano comme principal attrait. Un piano électrique solitaire tissant sa mélodie qui s'incruste dans un brouillard où l'on perçoit son double interprétée d'une autre façon. Comme Mike Oldfield, Andreas Baaden tisse sa toile musicale en ajoutant un synthé et plus de tonus du clavier ainsi qu'une guitare acoustique, tandis qu'une deuxième mélodie se greffe avec une vision plus animée. C'est très beau. Même que ça fait New Age. How Life Will Be In 3723 est un bon slow-tempo qui chemine dans une enveloppe musicale imbibée de cette poésie visuelle des films français. Ce rythme alanguit visite plus souvent qu'à son tour des zones désaffectées où croupissent des nuages d'effets sonores et d'effets percussifs qui lui redonnent cette énergie nécessaire pour le faire avancer. La structure passe par des phases d'ambiance plus ou moins futuristes qui sont remplies de cliquetis, de wooshh élastiques et d'effets sonores d'un univers parallèles. Les orchestrations donnent une lenteur lyrique à cette structure qui avance péniblement dans cet univers de blobs et autres effets avant de renouer avec une forme rythmique plus alourdie. C'est très riche au niveau sonore et très bien structuré au niveau de son rythme morphique. Meer Des Regens rend les choses nettement plus intéressantes avec un lourd et lent rythme bien en selle sur de solides percussions qui en matraquent sa cadence. Des filets de synthé philharmoniques à la Vangelis circulent entre les larges nappes d'un synthé qui fait aussi respirer son essaim d'effets sonores. Un parfum de Tangerine Dream impose ses influences lors des phases d'incubations des sons et des effets qui sont jamais loin d'éléments disparates. Ça sonne comme une MÉ du futur tant sa croissance respire par différentes étapes. Mais au final, c'est du synth-pop dans du Krautrock et dans de la MÉ! Les trémolos des nappes flottant sur une fuite d'eau dans une grotte deviennent une belle illusion lorsque une forte tempêtes de brises sifflantes poussent l'ouverture ambiante de Water And Air vers un rythme électronique spasmodique. Se trémoussant comme un zombie ayant une jambe plus courte, le rythme est envahi par une vision Krautrock avant de se réfugier dans une zone plus électronique remplie de vents moins tempétueux qui propulsent sa trollée d'effets électroniques ainsi que des effets de voix iconoclastes.

The Last Orbit est le titre qui accroche instantanément notre intérêt. Suivant sa courbe de créativité, la musique débute avec une onde de réverbérations qui initie un courant de couches de synthé orchestrales. Cette courte ouverture devient un bon rock électronique en fusion avec le genre de synth-pop robotique de Gary Numan. C'est un rythme très entraînant avec des percussions claquantes et des nappes harmoniques qui tissent un léger ver-d'oreille dans un bon 7 minutes de rock qui a besoin de se rafraîchir les idées avec les ressources de son ouverture avant de rebondir au moins deux fois. Nebular Distortions veut tout dire! Omega suit cette courte parenthèse de distorsions et d'effets sonores avec un rythme statique dont le reflet scintille sous des nappes de synthé aux sombres ombres harmonieuses. Le titre frappe une zone de distorsions coulant par saccades avant de retrouver son flux original. On doit faire preuve d’ouverture d'esprit pour ces deux titres résolument plus cosmiques. Lorcana est un autre bon moment de musique. Le mouvement débute avec une marche nuptiale qui s'enrobe d'un lourd manteau jeté par un orgue coulé dans le rock progressif. Une série de basse pulsations impose un rythme pulsatoire où s'agglutinent les couinements métalliques des cymbales. L'intensité atteint un point de non-retour lorsque un arpégiateur fait scintiller vivement une ligne d'arpèges vivant sous des nappes moroses qui vont et viennent dans une vision post-apocalyptique. Bon et très intense! Lonely Day termine cet étonnant album comme la pièce-titre l'avait débuté. Soit avec un doux clavier, ou une guitare, attaché à sa ligne de basse et son aura vampirique. Un synthé quasiment philharmonique flaire cette structure cinématographique et la gratifie de riffs et/ou pads qui laisse ses éléments en suspension, comme une poudre musicale. Harmonieux, le synthé tourne ses harmonies en solos très musicaux sur un rythme doux qu'Andreas Baaden aromatise d'effets percussifs résonnant comme des claquements de sabots de bois sur du béton. Une ballade qui n'en est pas tout à fait une dans un album qui étonne par sa diversité et cette fraîcheur qui nous stimule pour une autre écoute. Une agréable surprise qui nous fait voyager sur bien des styles et sur bien des années. Un petit coup de cœur!

Sylvain Lupari (02/04/20) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible chez MellowJet Records

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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