• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION (FR)

Une œuvre que je découvre sur le tard et à laquelle je dois faire de la place dans mes top 50 à côté de The Songs of Distant Earth

1 Mundo 4:48

2 Sunstanding I 2:02

3 Sunstanding II 5:23

4 Sunstanding III 4:59

5 Obsidian 6:31

6 Voices in the Deep 13:33

7 Mnemosyne (Excerpt) 4:54

8 Paths of Vision 4:00

9 Drifting 5:46

10 Lughnasad 7:48

11 Vanilla 4:35

12 Heart 7:45

BONUS TRACKS


13 Lughnasad (2020) 16bit Listening WRAP 1:12:09

14 Just Passin' Thru / Secrets 11:37

15 Mnemosyne 26:40

16 Senanque 26:47

17 Dreams of Lughnasad (RadioSilence - 2020) 26:53

18 Lughnasad Remix 2020 8:34

19 Lughnasad (Early Demo) 9:41

Andy Pickford Music

(DDL 4:14:34)

(England School, New Age & EDM)

Il serait injuste de faire une chronique de cet album titre par titre. Je peux bien parler de cette chute de flocons de neige fous qui descendent des cieux, avec de mélodieux staccatos, alors que mes pieds reçoivent les caresses des vagues de l'océan. Ou encore de cette sérénade acoustique enchanteresse qui ajoute une deuxième ligne de mélodie à Mundo, que je serais capable de vous convaincre. Cette splendide ouverture à LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION m'a scié les jambes tellement c'est beau. Il y a plus! Des percussions manuelles, genre Bongo ou Tabla, qui ajoutent une pétillante vie rythmique que des chœurs angéliques caressent de leurs murmures virginales. Que c'est beau! Ce superbe titre s'éteint dans les murmures à la The Songs of Distant Earth et les longs souffles de Didgeridoo qui font l'ouverture de Sunstanding I. Ce titre en 3 étapes colligent tous les artifices psychédéliques de AP qui sont jumelés à ses orchestrations. Une ligne de séquences encerclent les ambiances, alors que ces même percussions tribales tambourinent un rythme, fait pour entendre assis, et que des effets vocaux vont et viennent en murmurant vitement Sunstanding. Une voix synthétisée nous balance des trucs d'opéra, alors que Sunstanding II se dirige vers sa 3ième partie et son bouillon d'intensité qu'on accueille avec interrogation, ne sachant pas trop si on aime ou pas. Sauf que c'est ici que Andy Pickford tisse les fils de l'intensité émotive de cet album. Obsidian s'abreuve de ces 3 parties pour tourbillonner dans un maelstrom nourrie de saccades, de voix de zombies et de spectres méditatifs à la Binar. Et c'est à la mi-parcours qu'une ligne de piano crée une belle approche mélodieuse, tendre et touchante, qu'une guitare amplifie par ses accords minimalistes. Mais des vents sombres ululent à ce niveau, nous entraînant dans les sombres corridors de Voices in the Deep. Là où rodent des pulsations malveillantes, forgeant les premier jet d'une ambiance ténébreuse dans l'album. Des échantillonnages de percussions manuelles érigent un rythme de transe spirituelle. On y entend des voix et des jets de flûtes alors que l'univers de Voices in the Deep chevrote dans son mouvement circulaire qui se fane lorsque que ce long titre, qui nous paraît anodin, devient le transfuge de Mnemosyne (Excerpt). Lors de sa première parution en 2002, le titre s'appelait juste Mnemosyne. Mais dans cette version 2020, il y a sa grande matrice de 27 minutes qui est nettement plus approfondie et un peu trop longue que ce passage ambiant et de ses voiles de voix qui s'agrippent à cette illusion rythmique circulaire de son collier d'arpèges et de séquences qui va croissant jusqu'à l'incompréhensible Paths of Vision.

C'est ici que la compréhension d'un album concept sur cette fête religieuse celtique Irlandaise prend racine. Dans un impressionnant collage de bandes trafiquées et coupées en petits morceaux, nos oreilles perçoivent une collection de séries d'arpèges et de séquences perdues dans un micmac de voix, dont des murmures et des cris d'indigènes. Nos sens ont atteint une autre niveau d'intensité avec cette avalanche de percussions intenses qui sont tambourinées avec force alors que la muraille du titre est toujours ornée de ce recollage des bandes d'enregistrements découpés où on y entend même ces serpentins sonores empruntés à l'univers de Mike Oldfield dans The Songs of Distant Earth. Nous avons atteint les limites de Drifting. Ce dernier tiers de LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION et de son filon d'intensité qui nous atteint pour une seconde fois avec ce mythique chant d'un synthé et de ses parfums de trompettes célestes. Des boom-boom palpitent dans le décor, amplifiant à nouveau cette latente intensité qui dormait depuis Mundo et qui s'était éveillé dans Obsidian. La pièce-titre nous apparait dans toute sa splendeur avec des effets de pétillements organiques et cosmiques et son rythme doux et amplifié par son effet d'écho. C'est comme entendre du Synth-Pop psychédélique où on se dandine comme des ados défoncés à la réglisse. Sobre, le synthé lance des harmonies avec un choix de trompette alors que le rythme s'anime pour redevenir à ses racines. C'est beau et ça replace les idées dans un contexte Pickford. Vanilla suit avec reconstruction plus sobre de Sunstanding. Le principal lien harmonique de l'album, initié dans Sunstanding III revient en plus doux avec un ver-d'oreille qui se dessine dans nos oreilles et qui atteint son nirvana dans la lente finale de Heart et de son rythme fort et lent qui est unique à la signature de AP.

Tout un phénomène que ce Andy Pickford! J'ai constaté son immense talent de mélodiste lorsque je me suis lancé dans une série de chroniques à propos de ses longs panoramas musicaux entrepris avec la série Harmonics in the Silence en 2016. Cette série d'albums, toujours d'actualité je crois si je me fies à Aphelion et Radio Silence, avait ce don d'étirer au maximum la mélodie dans une immense décoration sonore de plus de 60 minutes. LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION propose de vous faire découvrir son impressionnante vision mélodique avec de longs titres qui exploite le même fil, tout en étant incroyablement intense. La ronde des titres en boni débute avec une version 16-Bits de l'original LUGHNASAD réalisé en 2002. Je vous laisse juge, je préfère le 24-Bits.

Just Passin' Thru / Secrets est une très belle extension, ou remix, de la trilogie Sunstanding. Un remix totalement différent avec une meilleur vison philarmonique. J'adore ce lien rythmique saccadé qui sonne comme une guitare faisant rouler ses effets fuzz wah wah en saccades stroboscopiques. Cette version trèèèès allongée de Mnemosyne est sans doute le maillon faible de LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION. Mais on pardonne très vite à Andy qui nous balance un très intense et accrocheur Senanque qui fait très Tangerine Dream dans un genre western apocalyptique. Un croisement entre Flashpoint et The Keep! Une excellente surprise où AP prend tout son temps pour faire évoluer le titre vers un superbe rythme électronique qui va et vient tout en flirtant avec un brin d'Électronica dans une structure cinématographique sculptée dans les univers de Chris Franke, pour le séquenceur, et de Binar, pour les échantillonnages de la voix de voix mourantes et du spectre de la Castafiore. Et que dire de Dreams of Lughnasad (RadioSilence - 2020)? Andy Pickford profite bien de ses 27 minutes afin d'extraire une portion rythmique vivifiée et rafistolée dans plusieurs segments aboutés avec une voix toujours ensorcelant d'une Efle dans son violent orgasme, ajoutant un brin de Binardise dans une autre structure séquencée du genre TD dans les années Schmoelling. Penses-y! Ces deux titres feraient un seul album qu'on en serait très heureux. Cette collection de bonus se termine avec Lughnasad (title track) Remix 2020 qui est nettement plus en mode rock et même Lounge par endroits avec ces souffles de trompettes célestes, alors que Lughnasad (Early Demo) est aussi bonne à entendre.

Voila! Tout une aventure en sons et émotions que cette nouvelle version de LUGHNASAD. Analyser chaque titre séparément ne donne pas une pleine valeur à cette œuvre qui a besoin de ses titres imbriqués afin de bien exprimer le concept et les nombreux filons harmoniques qui vont et viennent avec différents niveaux d'intensité. Une œuvre que je découvre sur le tard et à laquelle je dois faire de la place dans mes top 50 à côté de The Songs of Distant Earth. Vraiment, un autre très beau cadeau de Andy Pickford que ce LUGHNASAD 2020 24-bit COLLECTORS EDITION.

Sylvain Lupari (21/09/20) ****½*

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Disponible au Andy Pickford Bandcamp

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