• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Maelstrom 2019 24​-​bit Collectors Edition (2019) (FR)

Maelstrom est plein de thèmes mélodieux chantant sur des motifs rythmiques intelligents qui ressemblent à un Greatest Hits, un best of ...

1 Maelstrom (Album Part 1) 28:24

2 Maelstrom (Album Part 2) 43:56

3 Voyager 6:52

4 Cathedral 5:20

5 Blue World 9:41

6 Tetsuo 8:18

7 Symbiosis 16:32

8 Raumfahrer 5:56

9 Oblivion 12:27

10 Hellsgate 11:49

11 Maelstrom (2019 16bit version) 1:11:24

12 Cathedral-Hellsgate (Live) 18:38

13 Raumfahrer (Live) 24bit 9:23

14 Angstrom 6:28

15 Cephaloastral 8:04

16 In Silent Vigil 5:02

17 May 3:45

18 Blue World 2012 (2019 Remix) 9:17

19 Blue World Bonkers Mix (2019) 8:29

20 Cathedral 2012 (2019 Remix) 7:32

Andy Pickford Music

(DDL 4:57:23)

(Progressif England School, Rock & EDM)

C'est fait! Je suis maintenant membre du fan-club de Andy Pickford! Ce Greatest Hits est absolument génial. Titre après titre, la musique défile avec des rythmes casse-cous martelés par des séquences et percussions dont les diverses tonalités accrochent ces harmonies rythmiques à des mélodies dressées pour créer des ver-d'oreilles. Mais attendez! Ce n'est pas un Best of, c'est MAELSTROM! J'ai beaucoup entendu parler de ce 5ième album de AP. Je l'avais même entendu chez un copain, il y a bien une dizaine d'années. Je l'avais comparé à du Mark Shreeve qui manque de vitamines. Quel gaffe! Depuis 2 semaines, je me suis bien assis pour l'écouter, lui et Lughnasad, et comparer. Comparer la musique avec celle de l'âme de Redshift, bien que 10 ans sépare MAELSTROM et Legion, et les 2 autres versions (13 et 19) de cet impressionnant album que, force est de constater, j'avais sans doute écouter d'une oreille alors que l'autre était en pleine discussion. J'ai choisi la version MAELSTROM 2019 24-bit COLLECTORS EDITION pour écrire cette chronique. En plus d'y avoir l'album intégral dans une qualité sonore rehaussée, cette édition propose différentes options pour écouter l'album ainsi que des titres bonis, des titres performés en concert et des remixes de Blue World; un des plus beaux titres du répertoire de AP.

Et il ne perd pas de temps à étendre son pouvoir d'attraction et de séduction!

Dès l'ouverture allégorique de Voyager, le rythme s'installe et devient ce qu'on appelle viral avec de bonnes orchestrations qui répondent à l'harmonie d'une guitare synthétisée et ses solos aussi pointus qu'un Brian May en train de se déformer les doigts sur le manche de sa six-cordes. Avec ses clins d'œil musicaux à Tangerine Dream, Le Parc, les rythmes de Mark Shreeve dans Legion et l'univers philharmonique de Jean-Michel Jarre, AP enrobe ce premier titre de tous les ingrédients possible pour en faire un succès instantané. Et ce n'est pas fini. Un voile orchestral tombe des étoiles et éveille un refrain synthétisé qui flotte dans une phase onirique avant qu'un tapage de percussions robotiques allument un Space Reggae et son vocodeur qui continue de faire de Cathedral un autre succès du genre synth-pop psychédélique. C'est l’ancêtre du down-tempo! En fait, j'imagine! Mais ce sont deux superbes titres enrobés de très bons arrangements, dont un synthé aux larmes de trompettes métamorphosé en saxophone, qui viennent d'atterrir entre mes oreilles éblouies. Blue World est à l'effigie de sa musique. Une musique des Îles avec un rythme mou où se succèdent différentes couches d'harmonies stylisées par un jet de saxophone. On parle de très bonne musique ici où le remixage en 24 Bits rend la musique nettement plus attrayante. AP propose 2 autres remixes de ce titre, et je dois avouer que Blue World 2012 est pharaonique et très près de Babel au niveau langage harmonique, Mais quels solos mes amis sur ce titres!! Tetsuo et son rythme nerveux dans le genre film d'action est tout simplement délirant. Surtout lorsque les roulements de percussions tonnent! Nous arrivons au très long Symbiosis. Long, mais génialement conçu dans un détail pour éviter toute forme de redondance et d'ennuie pour l'auditeur qui pense avoir 2 ou 3 titres pour le prix d'un seul. Les plus que 16 minutes sont toujours entrecoupées par une vision harmonique, sinon rythmique avec quelques phases ambiantes tissées dans des orchestrations surréalistes. De ce fait, nos sens sont toujours en alerte. Ces sens que AP enfonce dans notre système avec une finale qu'on prévoyait mais qui surprend tout de même. Notez que sur chaque titre original à l'album de 1995 et 2013, Andy prolonge un peu les finales.

Raumfahrer propose une belle texture mélodieuse avec un clavier mélancolique qui laisse ses songes aux soins des arpèges qui sont en mode Yanni. La structure de rythme est papillonnante avec un croisement de deux lignes de séquences, dont une qui est aussi harmonique que rythmique. La version en concert propose de violents solos de synthé sur une structure qui a restructuré son rythme en un bon rock électronique. Des brises remplies de statique et de bruits blancs présentent une ouverture théâtrale pleine de pastiches pour films de peur. Des notes grasses retentissent comme des explosions alors qu'une voix démoniaque ne cesse de rire. Nous sommes dans l'antre de la peur avec ces chaines qui tintent et autres effets sonores de masse qui animent l'ouverture de Oblivion. Le rythme qui en éclot varie sa vitesse entre un état stationnaire pour atteindre un bon rock avec un maillage de percussions électroniques et de séquences, toutes deux nerveuses, qui appuie ce genre de mélodie se collant dans le fond de nos tympans. Ce n'est pas comparable à Voyager ou Cathedrale mais on en est pas loin. La finale est comme son ouverture. Hellsgate terminait les versions réalisées en 1995 et 2013. Ses deux premières minutes sont dédiées à de superbes solos de synthé qui stylisent des figures aériennes sur un rythme statique. Un rythme qui évolue tranquillement pour un atteindre gros rock électronique entraînant qui tente de suivre la vélocité des solos de synthé. AP ne lâche pas le morceau en multipliant ses solos et leurs effets de réverbérations dans une structure qui vire plus en un rock plus théâtrale, imaginez une version électronique de Alice Cooper, pour atteindre une finale présentée sur les multiples vaguelettes d'un rythme ondulatoire qui suit les solos, toujours vivants, et les ambiances, toujours ténébreuses, d'un Hellsgate qui finit par lâcher son dernier souffle.

Par la suite, c'est la ronde des cadeaux!

J'ai écouté par grands bouts la version en 16 Bits. C'est pour les iPhones 😊. Cathedral-Hellsgate en concert est tout simplement phénoménale. C'est vrai que les deux titres fusionnent bien ensemble. Cette version semble différente de celle de Works 2 - Live at Derby Guildhall qui offre plus de tonus au niveau sonore. Angstrom provient de l'album Dystopia, un album de restants sorti tout de suite après MAELSTROM en 95, tout comme Cephaloastral et May. Et pour information, et si vous possédez ce MAELSTROM, les titres en boni sont aussi offerts dans un CD-R intitulé Maelstrom Companion. Cephaloastral est un titre à évolution progressive qui offre du bon rythme et de bons effets, tant rythmiques que d'ambiances, sur une structure plus vivante que statique. Il y a de bons solos, dans la seconde partie, qui ont cette touche spectrale et vampirique unique au modèle England School, avec en tête Mark Shreeve et Ian Boddy. C'est un bon titre, tout comme les ambiances sibyllines de In Silent Vigil qui semble être un vrai titre inédit. May est une courte offrande du synthétiseur et ses solos tournoyants dans une ambiances qui côtoie la paranoïa. Cathedral 2012 (2019 Remix) est une version hyper boosté de Cathedral. Disons que Andy Pickford a tout donné ici! Il faut regarder MAELSTROM 2019 24-bit COLLECTORS EDITION comme un immense cadeau que AP offre à son public. J'ai découvert un album tout simplement remarquable dans un fond sonore rehaussé et plus détaillé que la version 2013. La section Maelstrom Companion offre de très beaux moments, mais rien qui équivaut aux ambiances, ni rythmes et mélodies de MAELSTROM qui est un album incontournable qu'il faut découvrir et posséder!

Sylvain Lupari (12/09/20) ****½*

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Disponible au Andy Pickford Bandcamp

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