• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Nemesis (1998-2020) (FR)

“Nemesis est ce genre d'album qui est passé inaperçu, snobé ou ignoré, mais au final c'est le deuxième meilleur de AP”

1 Nemesis 9:27

2 Inside the Circle 13:33

3 Bridge of Dreams 6:07

4 Woman in Black 5:43

5 Incarnate 9:56

6 Angelfire (Part I) 2:42

7 Angelfire (Part II) 7:41

8 Drums in the Deep 3:10

9 The Sentinel 14:06

10 Nemesis Album (16-bit Listening Wrap) 1:12:30

BONUS TRACKS 70:59


11 Introduction (E-Cafe Live 1999) 2:19

12 Hellfire 8:42

13 4QNRX 10:46

14 Redshaft (Parts I & II - E-Cafe Live 1999) 13:59

15 Drums in he Deep (RadioSilence Mix - 2020) 24:48

16 Into the Blue (Original Version 1998) 4:54

17 Into the Blue (New Version 2020) 5:29

18 Nemesis Companion Album (16-

bit Listening Wrap) 1:10:59

Andy Pickford Music

(DDL 145:00)

(E-Rock, England School, Ambient)

Il faut que je fasse le ménage dans ma tête à chaque fois que j'aborde une œuvre de Andy Pickford. Bien que je viennes tout juste d'accoucher d'une chronique de Otarion qui propose aussi une MÉ aussi énergisante qui a sans doute été inspirée par AP, la découverte de NEMESIS a été difficile. Et pourtant, c'est sans doute son plus bel album durant cette période de gloire, sans que ça lui rapporte un sous, depuis Maelstrom et Replicant en 93!

L'ouverture est titanesque avec des percussions babyloniennes et des nappes de synthé aux couleurs de l'apocalypse tel que décrit par l'univers de Vangelis. Le vocodeur étiole des filets de voix éraillées. Mais au loin, nous percevons la naissance d'un rythme qui se rapproche de plus en plus. La séquence fait très TD des années Jive. Mais tous ces éléments disparaissent pour faire place à un solide rock électronique avec de bons et furieux solos de synthé comme il s'en faisait rarement à l'époque. Le rythme est soutenu par un ensemble rock, soit batterie, guitare et basse alors que AP chante dans un rock enflammé où le synthé et ses solos remplacent la guitare. Un gros rock électronique sauvage qui est difficile de contenir entre les haut-parleurs. À ce niveau, j'aime mieux la version originale qui est aussi disponible dans ce gros package rempli de surprise qu'est cette ultime édition de NEMESIS. Très théâtral à la Alice Cooper, Inside the Circle suit tout de suite avec un gros 13 minutes cousu dans le mystère et le mysticisme. Poussé par des vents creux et des brises glauques, un voile de sonorités verdâtre ondoie avec de multiple effets de voix difformes qui nourriront plus tard les fantasmes de Binar. Imaginé dans l'ouverture de la pièce-titre Nemesis, le rythme explose vers la 5ième minute pour un rock électronique nourri à l'intensité de ses mouvements ascensionnelles qui font plus dans la frayeur que dans un rythme progressif. La richesse du titre trouve aussi sa forme dans les nombreux effets percussifs, ses arrangements de fin-des-temps, et de cette voix gargantuesque nous disant It is Time…. Il y a beaucoup d'intensité au pouce carré dans ce Inside the Circle. Moi qui est un tendre et un romantique, c'est le poils des bras hérissé à son maximum que j'entends le merveilleux piano tout nostalgique de Bridge of Dreams. Lorsque j'écris que Andy Pickford a un talent démesuré pour la mélodie, ce Bridge of Dreams en est la preuve par 1000! Et inséré ici, ça ne fait que du bien aux oreilles. Un titre IMMENSE! Woman in Black suit avec une forme de Jazz-Rock très lourd et surtout très vif. Le piano court sur des riffs de guitare tout en étalant une soyeuse mélodie. Les percussions sont envahissantes avec de très beaux moments en solos. Un gros rock qui mange le Jazz du piano sans le digérer.

Incarnate suit la philosophie de musique cinématographique avec une ouverture digne d'un film sur les mythes du Moyen Age Anglais. Des cloches tintent et un piano tente de percer ce mur de bourdonnements et de résonnances. Sa mélodie accroche notre intérêt dans cette lourdeur pastorale et restera entière alors que la musique, son ossature rythmique nourrie par des mitrailles de percussions à la Prodigy doivent prendre du répit et cesser l'évolution spasmodique de Incarnate pour entendre cette voix ecclésiastique. Angelfire (Part I) nous couche une agréable mélodie New Age dans les oreilles avec une guitare acoustique et un synthé qui sifflote dans une procession philarmonique aussi intense que les orchestrations qui structuraient les pièges à charmes de l'ouverture de NEMESIS. Angelfire (Part II) propose une structure atmosphérique tapageuse, en ce sens que c'est un rock qui flotte sur le même beat linéaire. Il y a bien des impulsions de la ligne de basse, mais ça ne fait qu'apporter une fibre d'intensité à la musique. Les percussions sont nerveuses, des voix ululent hoo hoo hoo alors que le synthé injecte des harmonies flottantes avec un fort envie de réinventé Yellowstone Park. L'intensité étant toujours au cœur de NEMESIS, c'est avec une énorme vague de fond que Drums in the Deep monte à nos oreilles. Les chants de vieux orgues attisent les ambiances alors que des roulements de tambours épars, des voix elfiques, des chants célestes et des murmures de paranoïa plein les racoins, décorent cette masse sonore en suspension. Le titre coule et fond dans l'ouverture de The Sentinel et de sa longue structure évolutive qui nous en jette plein dans les oreilles. Des effets percussifs battent vivement et soutiennent les harmonies qui défilent par le piano et la six-cordes acoustiques. Des voix vont et viennent, juste la porte des 4 minutes où le titre éclate avec la même fureur, mais pas la même vitesse, que la pièce-titre. On y retrouve ces gros solos de guitare et des harmonies fragilises d'un piano plus rock que rêveur. La structure fait monter son intensité de quelques crans avant que The Sentinel ne retourne dans son berceau plus méditatif. C'est exactement le genre de titre que ça prenait pour conclure un album aussi dominant que ce NEMESIS de Andy Pickford.

Maintenant, attaquons-nous à son album-compagnon qui débute avec Introduction. Un titre acoustique joué sur un piano qui était censé servir pour ouvrir l'album. Les arrangements qui recouvrent le crescendo d'ambiances et la mélodie du piano fait en sorte que ce titre est à sa place et je le vois, comme le sens, très bien là. Dans une enveloppe sonore moins puissante, Hellfire ressemble beaucoup à la version de l'album Works Vol 2-Live Derby Guild Hall 96. C'est du gros rock électronique unique à la signature musicale de Andy Pickford. 4QNRX est un étrange titre avec sa structure de rock statique, il y a un très solide solo de percussions ici, sise sur un maillage de percussions et de séquences, toutes deux nerveuses, et des airs arabiques. Impossible de ne pas aimer, et plus c'est fort et plus c'est bon! Redshaft (Parts I & II - E-Cafe Live 1999) se colle à la finale de 4QNRX sans qu'une seconde soit perdue, liant ainsi deux structures de rock électronique. Était-ce la naissance du Trip-Hop? On ralenti le rythme et ça sonne comme tel. Et tranquillement, le titre dérive avec ses coups de percussions lourdes et ses innombrables solos de guitare dans un cosmos pas bien loin de chez vous. Un beau titre intense qui, même dans son enveloppe de rocker des grands champs, trouve le moyen d'attacher les fils de nos émotions pour dériver à ses côtés. Depuis Janvier 2020, AP a initié une nouvelle façon d'écouter de la MÉ ambiante en créant une série de 3 longs titres qui seraient idéal pour relaxer ou faire une sieste, le besoin étant. Au moment d'écrire cette chronique, il est déjà rendu à 10 longues sieste musicales. Drums in he Deep (RadioSilence Mix - 2020) vous montre un aspect de cette nouvelle philosophie créatrice de AP. Le titre respire par ces vagues sous-marines que le propulsent afin de rester sur le même équation linéaire. Des ingrédients sonores s'ajoutent en s'ajustant à la vélocité programmée et dont la subtile progression atteint un point de réveil avant de replonger dans le néant des dormeurs. Into the Blue (Original Version 1998) appartient aussi à l'album Works Vol 2-Live Derby Guild Hall 96. Cette superbe ballade, tout comme Hellfire, appartient à l'époque de NEMESIS, expliquant ainsi leur place dans cette version remplie de bonbons pour les oreilles. Il y avait aussi une version remasterisée sur le Live Derby Guild Hall. Into The Blue (New Version 2020) est ici plus intense avec une vision cinématographique évidente. Mais peu importe les versions, ça reste un très beau titre…

Il me semble avoir déjà écrit ça quelque part!

Sylvain Lupari (06/12/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au Andy Pickford Bandcamp

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