• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Pareidolia (2017) (FR)

“Il y a de grands moments dans ce Paréidolie qui montrent simplement que la source de Pickford est loin de s'assécher”

1 Section One (Pieces 1-5) 1:17:36 2 Section Two (Pieces 6-10) 1:11:29 3 Section Three (Pieces 11-15) 1:13:04 Andy Pickford Music (DDL 222:10) (Electronica, E-Rock & E-Ballads)

Êtes-vous prêt pour une autre extravagance sonore d'Andy Pickford? Quatrième odyssée entre les rythmes et les ambiances intergalactiques du mélodiste du futur porte admirablement le sens de son titre, PAREIDOLIA. Dans une autre immense mosaïque où les illusions auditives sont plus réalistes qu'improbables, Andy Pickford réussit à surprendre encore avec une palette de rythmes, de mélodies et d’ambiances qui prouve que la source Pickford est loin de se tarir. Les 3 longs segments de plus ou moins 74 minutes sont structurés comme l'étaient les 3 premiers voyages entre les contraintes de Bandcamp amorcés à la fin de 2016, soit 3 structures de rythmes pour 2 phases de ballades… ou presque. Et si on fait un petit décompte maison, le Prince de la England School a délivré un impressionnant total de 13 albums depuis Harmonics in the Silence, si on inclut Vanguard III, dans cette impressionnante crise de créativité. Mais est-ce bon? Ça dépend des points de vue! Devant une telle masse de musique, il est très difficile de sortir un vainqueur. À moins d'en isoler un et de siphonner ses sons jusqu'à épuisement de son lecteur réseau audio. Mais un tel exercice se ferait au détriment des autres de cette collection et nous obligerait à fermer les oreilles sur d'autres musiques réalisées par d'autres artistes. Oui Phae…mais est-ce bon? Oui!

Pareidolia (Section One - Pieces 1-5) débute par les tonalités d'un hélicoptère se posant sur le banc de vents creux. Bref sur le vide (sic!)! Des ondes flottantes étendent un mirage interplanétaire et la sensation de flotter dans l'espace s'empare immédiatement de nos sens. Un mouvement de rythme naît lentement dans ces vapeurs qui ornent les 120 secondes de cette introduction, de même que des harmonies tintées délicatement dans l'écho d'une tonalité en verre du synthé. Des nappes de voix se greffent autour de ces spirales de cristal que l'on peut aisément siffloter en attendant le prochain vaisseau spatial. Et d'obscurité tout vêtu, le rythme se pare de percussions claquants comme ces ailes de libellules alors que le séquenceur émiette une structure stroboscopique qui sied très bien au développement de la nappe d'effets d'ambiance. D'autres percussions plus incisives martèlent ce rythme qui quitte sa phase embryonnaire pour un fougueux e-rock qui piétine abondement les limites de ces hymnes de danses, de transes collectives. PAREIDOLIA démarre avec charme, entrain et puissance. Par contre, je réécouterais Shadow at the Gate ou Orgonon que je dirais la même chose. Et je dirais que la splendide ballade angélique de Pareidolia (Section One, Part 2), qui m'a donné la chair de poule, est la plus belle avant de réécouter une de Orgonon ou de Harmonics in the Silence. Bref dans tout ce qui se ressemble mais qui n'est pas vraiment pareil, il y a de très belles surprises. Loin des approches de sci-fi de ses premiers albums, Andy Pickford fait montre d'originalité ici. Les 30 premières minutes sont renversantes alors que s'ajoute une 3ième partie tout aussi intense où la guitare et le synthé fusionnent par de beaux solos. Et les arrangements qui supportent ces 45 premières minutes sont tout simplement renversants. Pareidolia (Section One, Part 4) nous ramène dans l'univers de Dance Music toujours bien fignolé d'Andy Pickford avec une surcharge de sons et d'effets qui galvanisent ses structures et ce peu importe les genres. La 5ième partie termine Pareidolia (Section One - Pieces 1-5) par une succulente ballade orchestrale qui nous transporte dans un univers cinématographique. Honnêtement! Pareidolia (Section One - Pieces 1-5) me semble être le meilleur moment de cette impressionnante quadrilogie au travers les contraintes de Bandcamp, soulignées par Andy Pickford lui-même

Et pourtant, Pareidolia (Section Two - Pieces 6-10) est tout autant savoureux dans son approche plus cosmique. Le rythme est lent et suave alors que la mélodie dans Pareidolia (Section Two, Part 7) est tendrement céleste. Pareidolia (Section Two, Part 8) propose un mid-tempo structuré sur des percussions abruptes qui sautillent nerveusement et qui surveillent une mélodie lunaire astiquée par un clavier aux notes mélancoliques. Et oh surprise, Pareidolia (Section Two - Pieces 6-10) se termine avec deux phases lentes et toujours mélodiques. Les rythmes reviennent avec entrain pour les 40 premières minutes de Pareidolia (Section Three - Pieces 11-15). Furieux, le gros rock électronique de Pareidolia (Section Three, Part 11) est limité dans de bons arrangements et d'éléments d'ambiances, autant séraphiques que cosmiques, pour revenir avec un bon down-tempo dans la partie suivante. Les arrangements sont très efficaces ici avec une nuée de violons pleureurs et de voix éteintes. Pareidolia (Section Three, Part 13) est plus dans un style Dance à la Bowie. La dernière fresque sonore d'Andy Pickford se termine avec 2 titres du genre ballade sur un slow et un down-tempo toujours imbibée de sa vision futuriste. Est-ce qu'Andy Pickford a manqué de souffle ici ou laisse-t-il simplement une fenêtre ouverte vers d'autres aventures? Il serait trop facile de seulement retenir la première hypothèse car l'approche mélodieuse avec un environnement plus dense ici qu'ailleurs est digne des bons moments de cette immense chapitre dans la carrière du musicien Anglais qui s'amuse comme un petit fou tout en produisant une MÉ de haute qualité. Mais est-ce un chat que j'entends à la toute fin? Est-ce aussi Andy Pickford qui nous parle? Je vous laisse le soin de terminer mon enquête et de découvrir ces surprenantes odyssées musicales tissées entre des rythmes en tous genres, de belles ballades électronique et de succulentes mélodies forgeuses de ver d'oreille. Et le tout soigneusement enveloppé d'un univers de sons et d'effets aussi séduisant qu'étonnant. Oui PAREIDOLIA est plus très bon que bon et Pareidolia (Section One - Pieces 1-5) vaut à lui seul l'achat de cet impressionnant bloc de MÉ.

Sylvain Lupari (14/12/2017) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au AP Bandcamp

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