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  • Sylvain Lupari

ARC: Fleet (2017) (FR)

“Ce que nous avons ici est un magnifique album, du début à la fin, qui vous épatera avec un séquenceur puissant et rapide de style England School”

1 Fleet 8:38 2 Soar 8:37 3 Surge 12:23 4 Escape 8:07 5 Crux 13:59 6 Runner 12:01 7 Howl 10:42 DiN 53 (CD/DDL 74:34) (V.F.) (Sequencer-based England School)

À chaque nouvel album d'Arc on se pose la question à savoir si le duo Anglais surpasserait son précédent album. J'ai dévoré chaque album d'Arc et plus spécialement Umbra et sa restitution en spectacle avec le percutant Arclight. Depuis Church, Ian Boddy et Mark Shreeve fignolent une MÉ qui gagne en intensité à mesure que les secondes fuient les compteurs. Et les finales, constituées des sombres et explosifs Panthera et Cherry Bomb sont pour moi la quintessence de la England School. La barre était donc bien haute pour FLEET, un album de matériel original qu'Arc a performé au fameux E-Scape 2017. FLEET propose un 75 minutes d'une MÉ qui atteint des nouveaux sommets avec une superbe symbiose entre les ambiances, les rythmes et les mélodies qui sont constamment pimentés de superbes effets sonores et percussifs. Toujours fouetté par de bonnes structures de rythmes, comme on s'y attend les séquences sont dominantes et excellentes, FLEET connaîtra une finale aussi convaincante qu'Umbra.

Si l'on se souvient de l'album E-Scape 2017, Arc interprétait une pièce du répertoire de Mark Shreeve, System Six, dans cet album compilation qui réunit les artistes présents à ce festival. J'amène ce fait, car la musique de FLEET ressemble drôlement à l'univers de celui à qui l'on doit l'album Legion. Et c'est aussi dans ce moule que la pièce-titre aborde nos oreilles. Des souffles chtoniens embaument les ambiances d'un sinistre approche théâtral qui est amplifié par des cognements de percussions venant d'outre-monde. Une ligne de basse poli le lourd relief de Fleet qui enorgueillit son introduction avec d'épaisses nappes d'un orgue gothique et une chorale chtonienne qui galvanise sa présence avec une délicieuse ode cinématographique. Le rythme sautillant mollement dans ces superbes arrangements lucifériens, Fleet réoriente son axe ténébreux avec une séduisante approche harmonique un peu après les 4 minutes. Les arpèges qui y scintillent ont cette odeur de John Carpenter et/ou de Legion dans un lourd canevas où sifflotent ombres et spectres avec une séduisante fusion entre le chant d'un synthé et ses orchestrations qui règnent sur cette structure aussi enlevante qu'une chair de poule qui a peur du vent. Chaque titre est entrecoupé par des applaudissements qui est le témoin d'une audience connaissant du style Arc d'où Soar s'échappe avec sa structure vive. À tout le moins pour ses 4 premières minutes. Le rythme est fluide et conçu sur une ligne de basse séquences en mode court après mes ions. Une autre ligne de séquences se greffe à cette course, ajoutant une section plus harmonieuse au rythme et aux moult effets sonores de Soar qui plongera dans une phase d'ambiances et d'effets Méphistophéliques où cette ligne de séquences harmonique étiolera ses dernières onces de charme dans un des rares moments de calme de FLEET. Les premiers instants de Surge sont aussi de nature ambiante avec des brises brumeuses et des nappes de voix sibyllines qui flottent dans un embryon de rythme fragmenté par des éclats encore incertains. Sauf pour une ligne de basse qui est toujours vivante et plaquée dans un univers de perdition où scintillent aussi des accords de claviers qui sont imbibés des doux parfums d'Ian Boddy. Depuis son introduction, nous sentons que Surge va nous sauter en pleine gueule. Et ça débute par une structure plus entraînante à l'orée des 4 minutes avec un maillage entre séquences stationnaires et percussions en mode rock qui poussent la musique vers une solide structure de rock électronique recouvert par des nappes et des crissements de synthé. Un pur moment de transe euphorique transmise par une superbe qualité du duel des synthés et de leurs effets vampiriques. Un peu comme dans Soar, Surge dénude sa structure de rythme avec des séquences sans couverture qui charment avec des roulements très Chris Franke.

Les lourdes nappes qui recouvrent le mouvement hésitant et finalement cohérent de Escape imposent des souvenirs pas trop lointains avec la démarche de Panthera. Dans une structure qui unifie aussi lourdeur et agilité, la musique reste plus harmonique et moins tempétueuse dans ce titre nourri de superbes effets percussifs aussi angoissants que ces nappes de Mellotron qui enveloppent une structure soutenue dans une approche toujours très théâtrale. Les 4 premières minutes de Crux sont aussi nourries par de belles ambiances lucifériennes. Le rythme qui éclot est vif avec des basses pulsations soutenues et des mouvements de séquences qui activent leurs boucles entrecroisées comme des vols de chauve-souris dans une grotte hantée. Runner est une petite bombe avec son rythme noué autour d’étranges croassements du séquenceur et d’une ligne de basses pulsations en mode techno/danse. Les synthés sont très harmonieux et nos oreilles affamées peinent à saisir cette faune d'effets percussifs qui entoure une structure délicieusement cahoteuse et dont les charmes restent ces synthés en mode Jarre et ses années de Pop. Mais du Pop ici qui perd cette nuance de fragilité avec une enveloppe rythmique aussi lourde que les ambiances. La 2ième partie est nettement plus explosive et en mode Shreeve des années Assassin. Avec son approche habilement tissée dans une tension sonore, Howl veut faire contrepoids au survolté Cherry Bomb et au puissant Veil (Church). Et ça fonctionne! Ici, comme sur bien des titres de FLEET, la tension dans l'introduction cogite dans les 4 premières minutes. Et puis…Bang! Howl explose entre nos oreilles avec une lourdeur et une fluidité jusqu'ici inégalées dans le répertoire d'Arc. Les synthés crachent des solos aussi furieux que dans Cherry Bomb et ce dans une lourdeur assumée par des couches de riffs sauvages et surexcités. Un léger moment d'ambiances et bang! Howl explose à nouveau et cette fois-ci les solos sifflent comme ceux d'une guitare heavy métal dans une structure tout autant heavy métal. Une finale explosive pour un album qui ne déçoit pas et qui est exquis du début à la fin. Messieurs Boddy et Shreeve, la barre sera encore très haute afin de surpasser ce FLEET. Mais je sens que vous en êtes capable! Un incontournable album sans faille.

Sylvain Lupari (14/10/2017) *****

SynthSequences.com

Disponible au DiN Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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