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  • Sylvain Lupari

AWENSON: Hope (2019) (FR)

“Hope est un pur style Berlin School avec des patterns de rythmes géniaux et une tonalité vintage dans les synthés, les séquenceurs et les claviers ... Un très bon retour pour Awenson!”

1 Us and You 11:23 2 Galactic Humanity 9:10 3 In the Heart of Love 20:00 4 Fly High 15:10 5 Orpheus 11:18

Groove GR-262 (CD 67:01)

(Berlin School)

Des phweuz électroniques ouvrent les territoires de Us and You. Leurs résonances émiettent de petits pads synthétisés, créant un vide intersidéral où les échos restent maîtres de l'ouverture de ce premier titre offert par Awenson depuis la fin de Wizard. Une sinistre onde étend ses réverbérations d'où émerge un séquenceur lourd et battant une mesure de rock électronique sous de lentes vagues subversives du synthé et de ses effets patibulaires. Tout chamboule dans cette ouverture jusqu'à ce que le rythme du séquenceur dresse une structure fluide qui court avec de délicates nuances dans son axe rotatoire. La structure monte et descends, restant fidèle à ces innombrables solos de synthé qui sont la base de la MÉ des années analogues. Pépiements d'oiseaux électroniques et nappes discrètes entourent ces solos dont les harmonies restent les sujets de nos imaginations. C'est du pur Berlin School à l'ancienne qu'Awenson offre à nos oreilles avec son album retour HOPE. Absent de la scène musicale depuis les 9 dernières années, le musicien français Jöel Bernard a dû combattre ses démons avant de retrouver son équilibre nécessaire afin de poursuivre la conquête de nos oreilles entreprise en 2005 avec Shadows. Et Us and You reprend là où il avait laissé. Cette fois-ci, c'est avec le label Néerlandais Groove qu'Awenson tisse son retour (je me suis même laisser dire qu’un nouvel album était déjà en préparation) avec un album où le Berlin School cohabite avec les parfums de la French School, soit romance et cosmos dans les harmonies, qui tapissent ce premier titre nous introduisant à un très bel album (j'ai été très surpris je dois dire) dont Ron Boots a si bien su saisir toutes les nuances et dimensions dans un excellent mastering. Et s'il y a un titre qui pourrait démontrer les états d'âme d'Awenson au cours des dernières années, j'opterais pour la structure statique et pourtant tumultueuse de Galactic Humanity. Ambiant, le rythme est structuré par des vagues souterraines dont les remous expulsent des effets ténébreux. L'émotivité, soufflé par d'innombrables solos et survols planés du synthé, est omniprésente avec une vision autant abyssale que théâtrale. Intense au niveau émotivité!

Des brises de l'Ouest étendent un climat chaleureux dans l'ouverture de In the Heart of Love qui est un long titre hypnotique où aucune des 20 minutes présentées ne paraît trop longue. L'ossature de rythme est construite sur 3 mouvements du séquenceur qui s'ajoutent à tour de rôle, chacun comblant l'imperfection de la précédente. L'effet est très séduisant et accroche instantanément. Cette symbiose inattendue donne un rythme fidèle à la tradition du Berlin School. Des pads orchestraux et des splash de bruits blancs contrôlent les ambiances qui s'embellissent par une tonalité organique d'une ligne de rythme et de cette 3ième avec ses arpèges vibrionnant de tons blanchâtres. Cette mise-en-scène profite aussi au synthé qui lance ces bons solos que l'on retrouve à la grandeur de HOPE. Les pads de bruines cosmiques font très Klaus Schulze, période Irrlicht. Le rythme s'évapore dans un passage ambiosphérique, un peu après les 8 minutes. Les arpèges continuent de scintiller comme des lucioles tonales dans une chorégraphie dont les mouvements répétitifs roulent en boucle rythmique dans les bancs de brume métallique des orchestrations d'éther. Et c'est le 2ième mouvement du séquenceur qui revient activer le rythme de In the Heart of Love. Rythme qui qui est rejoint assez tôt par ces deux comparses du séquenceur, alors que les solos de synthé affluent avec la même passion et énergie qu'Awenson démontre depuis l'ouverture de HOPE. Le son est très vintage dans Fly High qui débute avec des nappes d'orgue chevrotant légèrement dans une ouverture où le cosmos flirte avec les abysses de la Terre. Des parfums chthoniens y règnent avec des ondes de voix limitrophes à ces ambiances. Des pulsations mordent nos oreilles après les 4 minutes, créant un rythme indécis dont les résonances s'évaporent avec les ombres des voix. Un séquenceur émerge et son mouvement ascendant, dans le genre Berlin School, est vite harponnée par un barrage de percussions. Ces percussions battent une mesure qui fait très Jean-Michel Jarre, période Revolutions, qui flirte entre du rock et du trance où s'étend une délicieuse nappe d'orgue et des solos sculptés dans la nostalgie. De ce que je comprends, Orpheus est la partie symphonique d'un projet d'album intitulé Orpheus qui aurait dû paraitre en 2018. Donc, c'est très orchestral et assez ambiant. Le son et le lent mouvement ailé des orchestrations me font penser à du Synergy, périodes Games et même Sequencer. Ça détonne beaucoup avec la caractère de HOPE qui est dans le pur Berlin School avec des ossatures rythmiques tout à fait géniales et une tonalité vintage dans les synthés, séquenceurs et claviers. Bref, un superbe album qui continu là où Wizard nous avait amené…et même plus loin encore. Un très bon retour pour Awenson!

Sylvain Lupari (21/04/19) ****¼*

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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