• Sylvain Lupari

BIOME: The Shores of Temenos (2018) (FR)

“Dans un contexte d'écoute méditative ou simplement pour nous accompagner dans les bras de Morpheus, cet album est d'une efficacité inégalée”

1 Ryuku 8:41 2 C Ov Bioluminescense 9:54 3 The Shores of Temenos (Bamboo Windsong Mix) 20:02 4 Chroma Sunset 5:55 5 Rain Temple 4:37 6 Elysium Portal 5:57

(Bonus Track CD only)  Biome Music BM2018

(CD/DDL 55:08) (Biologically Infused Ambient Music)

Que serait une musique ésotérique sans les vents qui propulsent ses ambiances? Des vents dominants célestes, des pépiements paradisiaques et quelques notes qui sonnent comme dans ce dialogue entre humains et extraterrestres du film Encounter of the Third Kind; Ryuku donne le ton à THE SHORES OF TEMENOS. Ces notes se métamorphosent dans l'esprit d'une harpe aux notes aussi hautes que l'on se sent dans le ciel, volant et observant une forêt tropicale. Entre du Kitaro, pour un délicat rythme envoûtant, et du Osamu Kitajima, l'excellent The Source, les premiers instants de THE SHORES OF TEMENOS flânent avec le mot délice. La musique est soyeusement enveloppante avec des nappes de voix fardées par un voile de discrets bourdonnements, elle échoue sur une rivière rythmique légèrement saccadée. Des percussions tam-tam s'invitent dans cette danse spirituelle où la faune sonore prend de plus en plus sa forme et ses teintes. Biome est le dernier projet de Gregory Kyryluk, l'homme derrière Alpha Wave Movement et du label Harmonic Resonance Recordings. Le musicien floridien en est un qui aime explorer de nouvelles textures sonores tout en restant dans le domaine d'une MÉ méditative. Plus ésotérique que se musique avec AWM, THE SHORES OF TEMENOS est un premier opus qui adapte la diversité des sons numériques à des instruments plus acoustiques. Des instruments animés par une vision de liberté dans un milieu où l'homme reste toujours un menaçant inconnu. Les phases de rythme restent dans le domaine des rythmes ambiants et sont couchés par des percussions manuelles qui sont appuyées par un séquenceur en mode viens que je t'hypnotise. Et lorsqu'ils sont présents, c'est pour appuyer la dimension homogène des structures d'ambiances. C Ov Bioluminescense est l'exemple parfait! Son introduction coule avec des nuées de nappes qui s'agglutinent comme ces vagues dont le retour échoue sur l'arrivée de la suivante. Cet effet de ressac offre des chants astraux et de flûtes où se greffent de multiples effets de drones, qui sont assez dominants sur cet album, ainsi que des chants d'étoiles et des brises azurs. Très céleste, le mouvement de C Ov Bioluminescense dérive jusqu'à éveiller un séquenceur, autour de la 7ième minute, dont les vives mais discrètes oscillations ne servent qu'à alléger le poids de ses ambiances.

The Shores of Temenos (Bamboo Windsong Mix) est un très beau titre monté sur de multiples textures harmoniques qui défilent à travers les diverses métamorphoses de cette imposante structure musicale. La harpe domine autant que ces flûtes forgées dans le bambou. Le résultat sonore est envoûtant alors que la structure pige un peu dans Ryuku afin de bien nourrir l'évolution de ses 20 minutes. Sauf qu'ici tout est joyeux, comme une immense fête florale sous les palmiers et les étoiles. Les étoiles pétillent et scintillent dans cette fresque aux parfums d'Orient. Les nappes de voix et de brumes célestes transportent des bassins de mélodies évanescentes qui renaissent sous d'autres formes, sinon d'autres textures. Les rythmes sont aussi forgés de cette union électronique-acoustique et conservent une vision onirique, même lorsqu'ils accentuent une présence facilement domptée par la multitude d'éléments ésotériques qui épousent les différentes textures sur The Shores of Temenos (Bamboo Windsong Mix). Un très beau titre! Chroma Sunset est le titre le plus vivant de ce premier album de Biome. La structure trépigne sur une ligne pulsatrice dont les cognements répétitifs donnent cette illusion de rythme sur le bord de l'explosion, surtout lorsque des séquences se mettent à tournoyer autour. La mélodie est nostalgique avec des textures qui se métamorphosent comme un caméléon se cachant dans une toile multicolore. Accords de claviers, tantôt piano ou guitare, errent dans un corridor chargé d'orchestrations et de flûtes oisives qui, par moments, sculptent ses airs en symbiose avec les pulsations rythmiques. Rain Temple termine la version téléchargeable de THE SHORES OF TEMENOS dans une vision cinématographique. Si des séquences activent un rythme stationnaire et très discret, le décor musical est peint avec des orchestrations qui vont et viennent comme le mouvement régulier de cette valse qui accompagne la chute des feuilles mais avec deux textures, l'une sobre et l'autre à faire lever les poils de notre boîte à émotions. C'est un peu comme un jam entre Philip Glass et Osamu Kitajima. Elysium Portal est un titre qui vient seulement avec l'achat du CD. C'est une mélodie, dans un petit moule de ballade pour âme solitaire, où les accords de clavier résonnent avec des tintements de cloche en harmonie avec cette chorale céleste où plusieurs voix semblent absentes. C'est un très beau titre qui me fait penser énormément à ces mélodies noires et mélancoliques de Max Richter.

Avec ces essences qui vont de Kitaro à Max Richter en passant par certaines œuvres d'Osamu Kitajima, THE SHORES OF TEMENOS est ce genre d'album qui une fois bien dans la peau, il n'en décolle plus. Dans un contexte d'écoute méditative ou de musique pour nous accompagner dans les bras de Morphée, cet album est d'une efficacité sans égal. Et plus on écoute, et plus on aime! Au final, Biome est un beau projet de Gregory Kyryluk (on en doutait?). Et j'ai hâte d'entendre la suite, car ce mélange d'électronique et d'acoustique dans un environnement tropical vierge ne peut avoir encore d'immenses charmes à entendre…

Sylvain Lupari (12/09/18) ***** SynthSequences.com Disponible au Biome Music Bandcamp

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