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  • Sylvain Lupari

BLINDMACHINE & FRIENDS: Sequential Friends (2018) (FR)

Updated: Aug 5, 2019

“Donnez-vous quelques écoutes avant de juger et d'apprivoiser cet album fascinant où le Berlin School rencontre le son intelligentzia d'aujourd'hui”

1 Do you remember Berlin? 20:44

(Blindmachine) 2 3ITI 10:52

3 Floating Space 13:43

(Blindmachine, Drom66 & JDan) 4 Remembering Klaus 9:14 (Blindmachine & JDan Project & featuring Asuntar 5 Sorcerers DB.AK 11:02

(Blindmachine & Drom66 & featuring Asuntar & Katod)

GEN CD 046 (CD 65:40)

(Berlin School VS today's sounds)

Le titre veut tout dire! Blindmachine a invité quelques amis pour faire un véritable album de Berlin School sur un fond d'ambiances plus déjantées où les effets électroniques flirtent avec une vision psychédélique. Drom66, JDan Project, Asuntar et Katod rejoignent les visions gourmandes de Blindmachine. Et ensemble, avec leurs synthétiseurs, séquenceurs, boîtes à rythmes et programmations par ordinateurs, ils emmènent l'auditeur dans un voyage musical au cœur de la Berlin School des années 70/80. Je conseille par contre une écoute avec nos oreilles libres d'écouteurs. La production et le mastering sont superbes. Et si on plonge effectivement dans les belles années de la MÉ, il y a un fort accent contemporain avec une multitude d'effets explosifs et très colorés qui peuvent par moments égratigner la membrane de nos tympans. Si les noms de Blindmachine et Asuntar sonnent un petit éveil dans votre mémoire, il s'agit de ce duo Polonais qui nous a donné le très surprenant Cosmos in your Mind l'an passé. Présenté dans une autre superbe pochette de style digipack, avec 3 panneaux informatifs, SEQUENTIAL FRIENDS est un autre petit bijou du label Polonais Generator pl qui est moulé comme dans le temps de la belle époque de la MÉ. Et ça débute fort avec Do you remember Berlin?

Composé par Blindmachine , ce long voyage sonore au travers les âges est un hommage aux pionniers de la Berlin School. Et c'est avec un effet de vocodeur qu'une ligne de basse séquences émerge et court sous les tonnerres et les spirographes ectoplasmiques d'un synthé imbibé d'une tonalité vampirique. Fluide et soutenu, le mouvement du séquenceur structure un rythme insoumis qui zigzague, sillonne et fait du surplace dans une faune sonore où les distorsions finissent pour infiltrer sa cadence devenue un peu plus vorace. À date, c'est du bon Berlin School avec une approche légèrement psychotronique où le synthé semble plus à l'aise dans sa texture organique que dans l'émission des solos. Quoiqu'un solo fait de torsades et de réverbérations organiques tournaille autour de cette structure avant de muer en vrai chant électronique vers la 10ième minute. Le rythme reste toujours soutenu et augmente même la pression avec des séquences perdues qui s'y greffent, altérant et/ou bonifiant une course effrénée qui peu à peu perd son entrain, comme un train entrant dans la gare après avoir défier un feu d'artifices d'un synthé toujours assoiffé de séquences aux tonalités vivantes. Composé par Blindmachine, Drom66 & JDan Project, 3ITI débute sa dérive vers nos oreilles avec un ensemble à cordes qui effiloche ses lamentations dans une masse sonore aussi compacte que bigarré. Un mouvement du séquenceur sculpte un rythme qui zigzague follement, j'entends de Edgar Froese et les parfums de Stuntman ici, dans un décor sonore où le rock cosmique psychédélique étend une lourde texture anachronique qui pourrait facilement séduire les amateurs du genre de Cosmic Jokers.

Composé par le même trio, Floating Space propose une introduction tout en ambiances cosmiques avec des nappes de synthé et des arrangements qui flottent oisivement avant de percuter une ligne de séquences autour de la 3ième minute. Le mouvement du séquenceur étend 3 lignes contiguës, avec leurs différences tonales, qui sautillent dans les résonances d'accords graves et le lyrisme des solos de synthé. Un peu comme dans 3ITI, le plafond sonore est bas et dense avec de très beaux solos et des effets de synthé plus musicaux. On est loin d'un titre ambiant, même que le court moment ambiosphérique est vite harponné par des percussions qui entraînent la musique dans un gros rock électronique des années 60-70. On comprends le sens de Remembering Klaus! Une séduisante approche Arabe allume une cadence soutenue et assez vive avec des séquences organiques et des effets de percussions manuelles qui pétillent sous un autre ciel bariolé de tonalités aussi hétéroclites que très agressives par moments. Des explosions de métaux froissés, des éboulements de grondements feutrés et des effets de lamentations ectoplasmiques suivent une approche minimaliste qui apporte son lot de nuances et d'accrocs afin de séduire une oreille amante de ces structures. Le jeu des percussions fait littéralement Klaus Schulze. Composé par Blindmachine et Drom66 et mettant en vedette Asuntar et Katod, Sorcerers DB.AK est un hommage à vous savez qui. Sa nébuleuse introduction fait place à un rythme lent érigé par un mouvement du séquenceur en mode musique de film par Tangerine Dream, notamment l'album Sorcerer. Encore ici, les ambiances sont gorgées d'effets bigarrés avec des crissements stridents de synthé et des grondements de machinerie. Le titre dévie tranquillement vers une phase cosmique avec ces effets de voix aussi embrouillés que les communications des astronautes avant de conclure avec un bon rock électronique pimenté par une guitare, ses riffs et ses solos.

Il faut absolument écouter SEQUENTIAL FRIENDS par le biais de notre système de sons afin de tomber en amour avec cet album. Un peu comme avec Cosmos in your Mind, il faut aussi se donner du temps pour dompter les ambiances d'un album dont le tissu sonore est unique et nettement agressif lorsque nos oreilles sont prisonnières d'un casque d'écoute. Aussi bon soit-il. Mais les structures de rythme sauvent la mise instantanément, puisque nous plongeons effectivement dans les années d'or de la MÉ. Mais au final, SEQUENTIAL FRIENDS s'avère être un splendide album où le Berlin School des années analogues rencontre les instruments de demain. Moi je dirais qu'il s'en est fumer du bon lorsque les 5 amis se sont réunis!

Sylvain Lupari (09/08/18) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Generator pl

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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