© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • Sylvain Lupari

BRAINWORK: Back to Future II (2017) (FR)

De l'EDM pesant et puissant, Back to Future II est une bonne fusion entre le Berlin School et les rythmes incitatifs de d'Element 4

1 Green Lake 15:02 2 Rollout to Future 15:01 3 Polymorphin 13:52 4 Berlin Bass 14:44 Cue-Records (CD 59:52) ) (EDM, Berlin School)

Brainwork brisait un long silence de 6 ans en 2003 avec la parution de Back to Future. Uwe Saher mélangeait à merveille ses rythmes contagieux et assourdissants de son alter égo Element 4 à des mouvements de rythmes et des ambiances pigés dans les racines de la Berlin School. BACK TO FUTURE II poursuit dans cette veine, allant même plus loin avec de longs morceaux où le genre Trance'n'Dance use prématurément nos planchers et fait rager les voisins. Chronique d'un album qui doit nécessairement plaire à ceux qui apprécient sans se ménager les oreilles le genre Électronica de Jean Michel Jarre.

Nous sommes vite déculottés par l'approche très ambiosphérique et chthonienne de Green Lake. Des poussées de vent qui font crier la poussière éventent ses premières secondes. De sombres lignes sinueuses cachent des souffles rauques dont les réverbérations étendent une ligne de basse vampirique. La symbiose entre ces deux éléments crée la parfaite illusion que nous sommes dans l'antre d'un forêt sombre où résonnent des cloches d'une église pas trop accueillante. Des chœurs lucifériens amplifient cette impression lorsque des battements technoïdes renversent la vapeur. Une délicate mélodie déploie ses boucles magnétisantes lorsque le rythme explose encore plus avec des boom-boom et des tchak-tchak qui résonnent et dans nos oreilles et sous nos pieds. Très martelant, la structure de Green Lake n'en demeure pas moins délicieuse avec de bons solos de synthé et des effets cosmiques. Évitant à merveille les pièges de la redondance et un possible effet de lassitude, Brainwork refonte sa structure pour une qui sera plus vive, genre un furieux galop électronique, tout en maintenant les charmes de la Berlin School avec cette courte ligne de mélodie qui revient nous hanter sans cesse et ses doigts agiles sur un synthé qui forgent de belles pirouettes allégoriques. Oui du bon Berlin School fondu dans du Dance Music d'une fête Rave! Effets de désolation et méphistophéliques entrecroisés à des effets cosmiques sont la source d'inspiration de l'ouverture de Rollout to Future. Une superbe ligne de séquences perce ce brouillard intriguant quelques secondes après la barre des 3 minutes. Le mouvement déploie de belles torsades qui se lovent dans le vide. Des effets biscornus et une ligne de basse sur le point de mordre amènent cette ossature de rythme vers le martelage incessant des percussions. Loin d'être banal, c’est la première impression qui m'a assailli devant cette structure à la Düsseldorf, Rollout to Future est une petite mine à charmes avec ses subtiles nuances dans le martelage du rythme et surtout ces chœurs angéliques qui sont la prémices d'une splendide mélodie flûtée. Et toujours ces solos de synthé qu'Uwe Saher lance avec une fascinante approche mélodieuse. On accroche après une ou deux écoutes et on se n'en lance pas par la suite. Ma belle et douce Lise a trouvé ça bruyant mais très enlevant. Les boom-boom et les tchak-tchak sont plus vifs et plus accélérés dans Polymorphin dont les principaux charmes sont des ruades de séquences aussi furieuses que Chris Franke aimait créer et ces effets d'orchestrations qui remplissaient les structures de Dance Music des années 70-80. Après une introduction coulée dans un monde apocalyptique, Berlin Bass se démarque des rythmes assourdissants de BACK TO FUTURE II avec une belle fusion entre la Berlin School et le Drums'n'Bass, comme dans Back to Future. Les séquences tintent comme des clés de xylophone camouflées dans une dense faune sonique où on peut entendre un effet de basse organique et affamé. Les solos de synthé sont nettement plus complexes, donc moins harmonieux, amenant les mélodies évanescentes de Berlin Bass sur les sentiers d'un Free Jazz. De la bonne et lourde EDM et surtout très créatif au niveau des mouvements de séquences et des solos aux formes tellement opposées au martelage ininterrompu des boom-boom et des tchak-tchak, BACK TO FUTURE II est une très belle fusion entre le Berlin School à la façon Brainwork et les rythmes incendiaires d'Element 4. Et cette fusion possède tous les éléments pour plaire aux amateurs des 2 styles, qui sont parfois très contraires, et à ceux qui aime lorsque l'Électronica s'invite d'une façon bruyante et contagieuse dans l'univers parfois trop paisible de la Berlin School. J'insiste pour dire que les solos de synthé sont superbes avec des approches parfois très mélodieuses.

Sylvain Lupari (19/05/17) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Brainwork webshop et Cue-Records

3 views