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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Bridge to Imla Imaginary Rooms (2023) (FR)

Voici 2 musiciens qui portent l'art de la MÉ à son pinacle

CD1 51:43

1 (Please step inside our) Imaginary Rooms 7:00

2 Her Secret Room - Part 1 7:00

3 Chamber of Sorrows 7:11

4 Make Room! Make Room! 7:58

5 The Palace of Mysteries 8:08

6 Greenhouse 6:58

7 Hall of Memories 7:27

Bonus Tracks 26:20

8 Tonraum - Part 1 19:35

9 Imaginary Rooms - Early Rehearsal Version 6:44

CD2 53:11

1 Deserted Homes 8:03

2 Men's Room (...just Booze and Madness) 7:55

3 The Temple of my Blessings 7:38

4 Her Secret Room - Part 2 6:43

5 Crypt of Shadows 6:44

6 Living Space 7:06

7 (Back on the) Wide Open Road 8:59


Bonus Tracks 24:25

8 Tonraum - Part 2 8:29

9 Chamber of Sorrows - Early Rehearsal Version 7:12

10 The Palace of Mysteries - Early Rehearsal Version 8:43

Extra Digital Bonus Tracks 90:36

1 The Kunstraum Performance - Part 1 (Live Bootleg) 51:39

2 The Kunstraum Performance - Part 2 (Live Bootleg) 38:56

(2CD/DDL 104:54)

(Ambient, tribal, Berlin School)

C'est en octobre 2019 que le duo Bridge to Imla donnait un premier concert. Pour l'occasion, projet de Michael Brückner et Hans-Dieter Schmidt ont composé plus de 90 minutes de nouvelle musique électronique (MÉ), Greenhouse étant un titre que Michael avait composé en 2002 sous le titre de A Thin Line, qu'ils performaient devant une audience assez intimiste. Les 2 musiciens-synthésistes allemands avaient planifié d'immortaliser cet évènement par un enregistrement du concert qui serait par la suite manufacturé sur CD et offert aux fans du duo et de MÉ. Malheureusement, une panne d'équipement a rendu le projet irréalisable. Considérant, à juste titre, que la musique était plus qu'intéressante à produire, Bridge to Imla a décidé de produire une version studio de ce concert. Ce qui donna IMAGINARY ROOMS. Un titre plus qu'adéquat! Ce double-CD vient avec une impressionnante banque de titres en bonus, ainsi qu'une captation vidéo des 10 dernières minutes de ce concert qui a eu lieu à la galerie Kunstraum, à Erlensee près de Francfort. Toujours très généreux, Michael Brückner et Hans-Dieter Schmidt offrent plus de 4 heures de MÉ, dont 2 solides CD, qui nous plonge dans le fascinant univers de Bridge to Imla. La musique embrasse tous les styles; ambiant, ambiant ténébreux, tribal, drone, rock électronique et Berlin School sans oublier les flirts avec le rock progressif, la IDM et même le Jazz. Bref, un autre gros album d'un duo dont l'expérience et le savoir-faire, tant au niveau de l'improvisation que des structures plus planifiées, amènent l'art de la MÉ à son summum.

L'introduction à ce concert est cousue dans une texture de mystère. Les ondes sonores se fondent en une masse de vibrations sibyllines, alors que tout doucement des violons chimériques caressent les ambiances de (Please step inside our) Imaginary Rooms de leurs soupirs lunaires. Des effets électroniques, semblables à un dialogue aviaire, envahissent ces ambiances autour de la seconde minute. Moment où des premiers battements assourdis commencent à structurer un rythme ambiant, un genre de downtempo incertain de son avenir, dont la texture caoutchouteuse et organique sert de lit à un synthé qui larmoie comme un violon pleureur. Violon dont les harmonies quasiment arabiques sont remplacées par des solos de synthé tout aussi moroses dans Imaginary Rooms (Early Rehearsal Version). Si l'ajout de percussions et d'effets de percussions qui résonnent et dansent avec un écho en stéréo autour de la 5ième minute donnent plus de profondeur et de vigueur au titre, les riffs résonnants du clavier qui y tombent lourdement injectent une dimension dramatique à une finale qui se réfugie dans des ondes de synthé vaporeuses. Imaginary Rooms (Early Rehearsal Version) propose un peu plus de dynamisme à partir de cette 5ième minute. Une délicate structure de rythme conçue sur des accords cadencés, ondulant avec légèreté, s'extirpe des brise abyssales qui ouvrent Her Secret Room - Part 1. Le mouvement ascendant du séquenceur est hypnotisant, tant dans son battement fluide que sa texture harmonique où se greffent des notes de piano électrique et des voiles de violons mélancoliques. Des percussions solidifient ce Berlin School plus ambiant que cadencé, alors que des cliquetis qui y dansent la claquette ajoutent une profondeur à la mélodie secrète tissée par le piano. Ça me fait beaucoup penser à la musique de Exchange, soit le titre Golden Point de l'album Into the Night, ainsi qu' aux odes rêveuses de Suzanne Ciani. Peut-être un peu plus nostalgiques, les 5 premières minutes de Her Secret Room - Part 2 suivent la même tangente pour finalement embrasser une approche plus rock qui est dominée par de bons solos de guitare. L'ouverture de Chamber of Sorrows se fait dans le fracas. Dès lors, une onde sonore vampirique installe sa toile magnétisante avec de lents mouvements ailés qui planent dans cette ouverture creusée dans les ténèbres. Des battements sourds font entendre un mince filet de résonnance, structurant une sombre procession qui s'entoure de nappes de voix chtoniennes et des harmonies à la Tangerine Dream. Les percussions pilonnent ce rythme lourd et sans entrain jusqu'à ce que le séquenceur laisse partir un mouvement ascensionnel dont les pas résonnent du même fracas métallique de l'ouverture. Les zigzags du séquenceur et les percussions s'allient pour créer un rythme enlevant pour les neurones, alors que les synthés multiplient des harmonies d'un univers à la limite du crépuscule pour les morts. De mon côté, je préfère Chamber of Sorrows - Early Rehearsal Version et sa texture plus lourde, plus magnétisante et plus rock électronique. Make Room! Make Room! est le premier titre à vraiment faire bouger nos pieds. La tonalité de l'orgue lui donne une touche de musique progressive des années 70. D'ailleurs, c'est à cette orgue que nous devons son entrain qui se matérialise plus lorsque que des pulsations cadencées structurent un rythme sautillant comme un hip-hop sur le speed. Le synthé y lance de courts solos dont les nappes saccadées épousent un élan rythmique qui est maintenant dominé par les percussions. En plus des solos, les synthés dessinent des arabesques de rythme abstrait avec des arpèges qui défilent par saccades ainsi qu'une multitude d'effets sonores. Les claviers s'occupent du reste en injectant une dose de psychédélisme à cette structure de MÉ tout simplement virale. The Palace of Mysteries suit avec une nappe vampirique qui ondoie en étendant un dense ombrage de vibrations résonnantes. La couleur ocrée de la texture musicale insuffle une ambiance de nébulosité cendrée à ce titre qui évolue vers un lent rythme tribal où les différentes teintes de flûtes des synthés tissent des harmonies du Moyen-Orient. Men's Room (...just Booze and Madness) est un peu dans le même style.

Dominé par un essaim d'effets sonores tintant dans des ondes de réverbérations torsadées, Greenhouse avance lentement sur une structure de rythme évolutive. Il y a une fascinante dissonance entre les percussions et le séquenceur, qui sculptent un rythme sans entrain, et la texture statique des ambiances engendrée par une masse sonore en mutation. Le synthé revêt sa texture de guitare électrique et lance de bons solos qui planent et se lamentent sur une structure de rythme aussi instable que les éléments atmosphériques de Greenhouse dont la 4ième minute est le signal pour construire un rythme plus enjoué, quasiment tribal, avec des pulsations cadencées plus rapprochées et des effets percussifs dignes de l'univers Byron Metcalf. C'est un vocoder qui installe les premiers moments de Hall of Memories entre nos oreilles. Plus dans le genre ambiant et/ou atmosphérique, le titre nous entraîne par contre dans une belle évolution émotive pour conclure le premier CD de IMAGINARY ROOMS. Deserted Homes débute le CD2 avec des ondes qui voyagent par des cercles à semi-formés. Ils ondulent entre les lézardes écarlates des lignes de synthé évanescentes. Un mouvement de rythme vif s'en extirpe après la 2ième minute avec des accords cadencés qui gambadent dans une forme de galop en suspension. Ce rythme excitant pour les neurones est une mise-en-scène pour une seconde partie coulée dans un bon rock électronique. Solidifié par des percussions tranchantes et propulsé par des lignes de séquences qui papillonnent vivement, Deserted Homes assiège nos oreilles avec d'autres textures de guitare et leurs solos acuités. La musique est vivante et se réfugie dans une dense finale atmosphérique. Des bourdonnements sont à l'origine de l'éclosion de Men's Room (...just Booze and Madness). Les ambiances sont denses avec une masse sonore aux brises granuleuses et aux teintes contrastantes d'où émergent une voix narrant un texte relié au titre. Le titre est dans la plus pure tradition de Michael Brückner en se développant lentement, afin d'offrir une seconde partie axée sur un rythme qui flirte avec le genre downtempo. Pulsations et séquences bondissantes unissent leurs textures cadencées dans un passage plus dansable où le piano nous entraine dans une boîte de Jazz quasiment tribale. Les effets percussifs qui tintent dans un bel écho en fin de titre ajoutent encore plus de charme de la musique. On reste dans l'ambiant plus éthéré avec The Temple of my Blessings qui s'anime faiblement avec des battements épars. Crypt of Shadows continu cette lignée de titres plus ambiants avec une approche très sombre qui est mue comme une procession noire par une horde de bourdonnements, de brises creuses et d'ondes de synthé remplies de teintes sibyllines. Living Space suit avec des bruissements, des feulements, des lamentations écarlates et des effets électronique sur un rythme sourd poussé par des pulsations ventousées. Nous sommes littéralement dans la phase la moins animée de IMAGINARY ROOMS. (Back on the) Wide Open Road termine cette autre impressionnante odyssée musicale de Bridge to Imla avec une structure de rythme qui sautille légèrement sur des arpèges folâtres saisis par une basse pulsation métronomique. Le synthé dégage de belles harmonies flûtées, tandis que le piano couche des lignes de mélodies évasives. Alors que le titre solidifie un peu plus son rythme, des textures de guitare en mordent sa progression avec des solos criards qui me font agréablement penser à du bon Klaus-Hoffmann Hoock.

C'est connu de tous, les univers de Michael Brückner, en solo, en duo ou en trio, se font entendre avec une panoplie de titres offerts en bonus. IMAGINARY ROOMS ne fait pas exception avec plus de 141 minutes de musique offerte gratuitement pour ceux qui achètent comme télécharge ce double-album. On se fout si il y a des minutes en trop, l'important c'est que le fan en ai pour son argent! Et il en a à se défoncer les tympans. Réglons tout de suite les plus longs titres, The Kunstraum Performance - Part 1 et Part 2 qui est plus ni moins comme un bon bootleg avec un enregistrement décent. On dirait un enregistrement de l'audience. Tonraum - Part 1 est un long titre ambiant cinématographique qui fait plus dans le genre de Imaginary Landscape, le projet de Hans-Dieter Schmidt. Tonraum - Part 2 est aussi un titre ambiant. Il est moins sombre et se rapproche des thèmes sur les déserts de Steve Roach. Au final, les 3 titres du genre Early Rehearsal Version sont les plus intéressants, selon mes goûts, de cette série de titres offerts en boni et qui ne font que confirmer tout le talent et la créativité artistique d’un duo qui nous en met plein les oreilles avec un excellent album en IMAGINARY ROOMS!

Sylvain Lupari (28/06/23) ****½*

Disponible au Bridge to Imla Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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