• Sylvain Lupari

BROEKHUIS, KELLER & SCHONWALDER: Musique des Machines (2005) (FR)

Attention: vous serez étonné par cet album de EDM qui visite tous les styles Électronica des années 90, y compris le Trance & Goa

1 Musique des Machines 1 26:20

Recorded in concert in Eindhoven, Netherlands in 2003

2 Musique des Machines 2 43:43

Recorded at the Alpha Centauri Festival, in 2004

Manikin Records

(DDL 70:03)

(Electronica, EDM)

MUSIQUE DES MACHINES! Parce que c'est machinal. Aussi simple? Non! Broekhuis, Keller & Schönwälder sort des confortables sentiers de leur genre musical de Berlin School pour offrir 70 minutes d'une MÉ infernale qui raboute tous ses liens dans un 70 minutes explosif. Une musique des machines rude et dynamique qui se danse plus qu'elle ne s'écoute, tant par son beat incessant à la Juno Reactor, Prodigy et Future Sound of London. C'est du House et du Techno sauvage dans un univers d'effets sonores, de percussions et de virevoltantes strates métalliques qui s'en dégagent. Sur une musique répétitive, BKS explose d'ingéniosité et d'audace créative en matière de musique de danse. Une musique des machines qui impose un rythme hypnotique et endiablé. Une musique qui étonne par sa longueur, notamment la seconde partie de ce concert au Alfa Centauri de 2004, et les ressources intarissables du trio allemand car en aucun moment on s'ennui comme on se lasse de cette redondance rythmique. Il se passe toujours quelque chose qui réveille, quelque chose d'inattendue qui remet les pieds en branle.

Musique des Machines 1 débute avec métal sur métal. Des notes métalliques sont en suspension à travers un vent au souffle d'acier. Contorsionné, le synthé valse avec hésitation. Des notes plus agiles circulent parmi des effets sonores lourds et vaporeux. Le rythme déboule sur un synthé métallique tordu, derrière de lourds coussins synthétiques en suspension. Il descend en spirale avec des percussions métalliques et de fins tablas qui réchauffent une ambiance sordidement froide. Une onde de basse installe un peu de chaleur, complétant cette introduction où des accords plus limpides circulent sur des mouvements circulaires et donnant l'impression d'embrasser un techno de style Goa. Hypnotique le rythme sautille sur les mêmes accords, profitant plutôt des percussions pour se donner du grain alors que le clavier invente des mélodies d'acier sur des bip-bip coulant comme du métal liquéfié et des chants investis de démence par de bons effets de réverbérations et de boucles. La cadence ralenti un brin, amplifiant plus l'effet techno synth-pop, surtout avec les percussions métalliques qui claquent tel des fouettes à lanières d'acier. Des effets sonores multiples et bigarrés ornent cette symphonie d'aciérie dont le rythme ne trouve plus rien à se mettre sous les pulsations, devenant le vestige d'un bon morceau de musique de danse venant d'un trio au milles ressources.

Quoiqu'enregistrée presque un an plus tard, la partie 2 respecte les empreintes musicales de sa cadette. Un long titre hypnotique teinté d'approches fragmentaires d'un synth pop minimalisme, à la New Order, qui se déguste plus sur un plancher de danse que dans un salon à regarder les quatre murs, quoique l'effet sur une bonne chaîne hi-fi est totalement renversant. Le beat, survolé par des chauve-souris techno, rentre et dans le plancher et dans les pieds. Les effets sonores, et il y en a, sortent avec autant de force que d'étonnement entre des ondes et de denses nappes enveloppantes. De grosses couches de violons lancinants, ainsi que des chœurs éthérés qui le sont tout autant, trainent leurs mélancolies dans un univers de rythmes aux saveurs de la nouvelle Techno, le EDM. La ligne de basse est vicieuse et supporte une section rythmique qui étonne avec ses percussions indisciplinées qui captent autant l'attention des pieds que le sens du rythme. Le trio multiplie les coups de génies tout au long Musique des Machines 2 avec des mouvements brusques et de nouveaux assauts rythmiques imprévus et audacieux avec un séquenceur créatif en mode Dance Music ainsi que des percussions encore et toujours plus agressives. Du côté harmonique, les nappes orchestrales saccadées et des bancs de brume violonnés s'échangent les rôles dans une vision harmonieuse où se greffent une intéressante panoplie d'effets sonores, captant toujours l'attention et l'étonnement, enrayant du même coup un possible désintéressement. Ce qui n'est pas une mince affaire pour un rythme techno qui défonce la barre des 40 minutes. Je ne suis pas un amateur de techno ou de musique de DJ, sauf qu'ici Broekhuis, Keller & Schönwälder m'ont bien eu.

Une fois la surprise passée, j'ai été fasciné par ces rythmes de danse interchangeables et parfois infernaux qui nous ramenait dans les années 80-90, lorsque la synth-pop fusionnait ses idées avec du House. MUSIQUE DES MACHINES reste une MÉ liée au genre Berlin School à cause de son approche minimaliste, ces nombreux solos de synthé et ces rythmes dessinant un train fantôme. Ça reste un CD étonnant qui vaut amplement sa découverte, que l'on soit amateur de Keller & Schönwälder ou de musique de party, de plancher de danse. Du rythme minimalisme entraînant à la puissance 10 qui a sa place dans n'importe quel soirée Rave.

Sylvain Lupari (12/09/06) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Manikin Records Bandcamp

8 views0 comments

Recent Posts

See All