• Sylvain Lupari

BROEKHUIS, KELLER & SCHONWALDER: Repelen 3 (2010) (FR)

Le meilleur des deux mondes, en concert et en studio, de ce très intéressant quintette

1 Storm Chaser 12:29

2 Sunset Café 13:23

3 Sunrise 11:53

4 Madrigal 5:26

5 Old Kids on the Stick 6:36

6 Babylon Road 13:50

7 Skinner's Run 7:56

Manikin MRCD 7091

(CD/DDL 145:11)

(Tribal New Berlin School)

La musique de Broekhuis, Keller & Schönwälder a connu un second souffle avec l'addition de Raughi Ebert, aux guitares, et de Thomas Kagermann, aux violons et aux voix, lors du tout premier Live @ Dorfkirche Repelen. Ce faisant, l'approche minimalisme du trio Berlinois s'est enrichi de plusieurs autres couches musicales, ajoutant une profondeur harmonieuse et tribale à une musique déjà inspirante et très hypnotique. Enregistré dans les studios de Detlef Keller, REPELEN 3 est le premier album studio du quintet Allemand. Album reproduit en concert au Dorfkirche Repelen le 7 Février 2010. Sans surprise, REPELEN 3 suit les traces des 2 premiers volume…

Des accords délicats évoluent à pas de loup en ouverture de Storm Chaser. Une douce ouverture avec des séquences légèrement sautillantes qui sont emprisonnées d'un mellotron discret et qui croisent d'autres séquences aussi limpides que nerveuses. Un violon léger apaise l'éveil de ce mouvement entrecroisé du séquenceur qui croît sur une cadence plus soutenue, où accords de guitare acoustique et de piano parfument la mélodie d'une tendresse brumeuse. Languissant et superbe, Sunset Café est la pierre angulaire de Repelen 3 et l'un des beaux morceaux de style Berlin School moderne à charmer mes oreilles ses dernières années. Du pur BKS! Une douce progression minimalisme qui hypnotise et envoûte avec un délicat rythme teinté d'une approche un peu mélodramatique s'amorçant avec un mellotron brumeux. Doucement il se dégage de son embrun, libérant une fine ligne de basse et une pulsation d'un bass-drum qui introduisent une cadence hypnotisante sous les strates hésitantes d'un synthé délicieusement rêveur. Cette harmonieuse procession se vêt de beaux accords d'un piano solitaire, de notes d'un xylophone inattendu et d'accords d'une guitare romanesque qui traînent un peu partout dans ce parcours brumeux qu'est ce superbe titre enchanteur. Ces soubresauts minimalismes qui créent cette cadence hypnotique se poursuivent sur Sunrise. Un titre grouillant d'une activité rythmique plus animée et qui se déploie sous de lancinants coups d'archet étirant ses larmoiements sous les chœurs d'un mellotron absent et d'une bonne ligne de basse pulsative. C'est un autre beau Berlin School qui trouve ses assises sur les croassements des percussions organiques, des séquences hybrides et un violon aux lamentations érodées.

Madrigal est une belle berceuse que le trio Berlinois aime nous balancer une fois de temps en temps. Un piano romanesque et un mellotron dont les souffles d'une flûte d'une contrée imaginaire croisent une chorale angélique où de sobres percussions, un doux violon et une guitare aux solos suaves bercent notre sommeil jusqu'à l'orée de nos rêves. Plus animé, Old Kids on the Stick s'agite sur une cadence nerveuse. Les étranges sonorités spectrales du synthé ajoutent une touche prismatique à une structure qui se dandine sur les soubresauts du séquenceur et d'une chaleureuse ligne de basse. Ouverture percussionnée de style jazzy, accords de claviers flottant et une guitare aux lamentations déchirantes, Babylon Road nous plonge dans un univers de Berlin School minimalisme sur un rythme sobre qui développe subtilement sa cadence, échappant de doux passages de brume mellotronnée mais priorisant un échange entre un violon ciselé et une guitare aux brefs solos mordants. Skinner's Run conclût avec une approche très rock, dans le genre de Rock This! que l'on retrouve sur Live @ Dorfkirche Repelen 2. C'est du nouveau pour BKS qui m'étonnera toujours dans ce style où le rythme soutenu de Bras Broekhuis qui martèle une cadence endiablée. Raughi Ebert mange sa démesure avec sa guitare aux solos de feu, le synthé crachant aussi des solos torsadés et fantomatiques qui cachent la légère brume d'un mellotron éthéré. De la dynamite électronique compressée en 8 minutes!

On ne peut avoir le meilleur des deux univers de cette série Repelen qu'ici! Avec ce REPELEN 3 qui est un solide album de MÉ de style New Berlin School. Meilleur puisque réalisé en studio, donc sans improvisations. Avec une musique ainsi plus structurée, et en priorisant toujours le jeu de Raughi Ebert et Thomas Kagermann, Detlev Keller et Mario Schonwalder en oublient leurs approches. Mais ils restent toujours concentrés sur leurs visions rythmiques de plus en plus audacieuses qui complètent assez bien celles de Bas Broekhuis qui est une vraie machine à la batterie et aux percussions électroniques. Bref, une belle union entre les parfums musicaux du Moyen-Orient et le style de plus en plus particulier de Broekhuis, Keller & Schönwälder.

Sylvain Lupari (24/06/10) *****

SynthSequences.com

Disponible au Manikin Music Bandcamp

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