• Sylvain Lupari

CHRIS RUSSELL: Presence (2019) (FR)

“C'est pour les fans de musique du genre Dark Ambient où les territoires de l'effroi et de sérénité sont les chemins d'étranges phénomènes musicaux”

1 Amber Clouds 6:38

2 Dark Matter 6:24

3 Charon Base 6:04

4 Presence 16:24

5 Aphelion 8:06

6 Teide 1 8:38

7 Planemo Unfolding 16:04

Exosphere | exo08

(DDL 68:18)

(Dark Ambient)

Après un dernier album sur Spotted Peccary, Chris Russell transporte ses sombres contes de mécaniques spectrales et astrales dans un opus plutôt difficile à apprivoiser, mais d'une faune sonore qui peut donner des frissons lorsqu'une imagination fragile la défie dans les pénombres. PRESENCE propose une série de 7 titres d'une profondeur insondable où les machines, comme les monstres de l'espace, dominent leur habitat, comme les premiers dinosaures.

Amber Clouds débute ce nouveau chapitre de Chris Russell avec des ondes qui échappent des brises caverneuses au-dessus d'un parc d'amusements où l'on entend les rails des manèges s'entrechoquer avec fracas. Les ambiances sont glauques, ce qui n'empêche pas une séduisante mélodie les cisailler avec une ritournelle qui s'agrippe aux oreilles. Elle se lève au-dessus d'un tintamarre industriel et des souffles rauques, voire menaçants, qui reprennent peu à peu les droits soumis par le sculpteur d'ambiances taciturnes américain. Le Dark Ambient est à découper au couteau ici, comme dans Dark Matter qui éclot par des bruits d'une ruche bourdonnante d'intensité. Des masses sonores s'agglutinent alors que des effets de staccato rôdent sournoisement et secouent la propagation des vagues d'ambiances. Obscur avec un zest de sinistre dans ses parfums, Dark Matter est à l'image de ce que nous avons de cette matière avec des sons qui soufflent l'enchantement comme la frayeur, notamment dans une deuxième partie où les rails de Amber Clouds sont encore plus vivants et tapageurs. L'intro de Charon Base me fait penser aux aboiements de Black Sabbath dans E5150, de Mob Rules. Au lieu d'un gros Heavy Métal qui secoue nos oreilles, nous avons plutôt des charges de vents lourds qui émiettent des particules prismiques alors que les brises sibyllines émettent des chants légèrement intrigants. La finale nous plonge dans un trou noir remplie de fredonnements qui appartiennent à l'œil d'une tornade interstellaire.