• Sylvain Lupari

CHRISTIAN FIESEL: A Life in a Dream (21) (FR)

Une sphère pour des oreilles curieuses intimement liées à un cerveau doté d'imagination

1 To Hail a Distant Master 6:25

2 Replacement 7:47

3 Played Like a Puppet 4:09

4 A Cure Against a Cure 7:09

5 Delayed Return 4:23

6 Man in the Ice Desert 5:18

7 Why Give the People to the Fire? 1:10

8 Absolute Isolation 4:54

9 In Circles (The Other Me) 3:03

10 The Planet of Improbabilities 6:20

11 Acoustic Trap 13:07

Aura Films Bandcamp

(DDL 63:50)

(Dark Ambient Movie Themes EM)

Christian Fiesel est un autre artiste qui a connu une intéressante années 2021. Follow Me South était le type d'album parfait pour maitriser son univers de musique pour film à ne jamais avoir été réalisé. Le musicien de Trittau termine l'année en force avec un album chez Cyclical Dreams et celui-ci sur l'étiquette indépendante Aura Films. A LIFE IN A DREAM est une collection de 11 titres qui sont influencés par de courtes nouvelles d'auteurs de science-fiction et d'horreur de la vieille garde. Genre Isaac Asimov à Ray Bradbury, sans oublier l'incontournable James Blish (The Box). Offert seulement en téléchargement, ce nouvel album de Fiesel reste dans le domaine de musique pour oreilles curieuses qui sont intiment liées à un cerveau ayant des bobines de films, ou de rêves, de bien ancrées dans l'imagination. Car nous sommes ici aux limites de tout est possible!

Des effets percussifs et un slalom stationnaire des pads de synthé sont à l'origine de To Hail a Distant Master. La structure reste en suspension, même avec les sombres orchestrations jouant violons et violoncelles dans une ambiance qui flirtent avec une évidence cosmique. J'aime les lents staccatos qui sculptent ces courses au ralenti dans les noirs couloirs de nos rêves. Des arpèges s'invitent autour de la 2ième minute et leur hésitante musicalité transforme de bout en bout les ambiances de To Hail a Distant Master qui deviennent un brin désordonnées lorsqu'une ombre de basse envahit la musique. Après une période d'accalmie, où tout devient serein l'espace de quelques instants, le titre replonge dans son univers de folie latente. Ce sont des tintements arythmiques qui initient la structure de Replacement. D'autres tintements ayant l'apparence d'ions tournoyant en rond infiltrent les ambiances introductives qui en fin de compte deviendra la principale structure du titre. Les tonalités des ions, comme de ce qui sonnent comme étant des clochettes, sont aussi variées que ceux qui dansottent sans direction rythmique sur une masse de ronflements bourdonnants. Des pads flottants comme des vapeurs séchant errent dans ce fascinant univers dont le guide semble être une basse et ses accords ayant une vision harmonique patibulaire. Played Like a Puppet offre une structure bondissant de ses basses pulsations dont le désir de guider un rythme se fait par hésitation dans une ambiance lugubre qui est tissée par des soupirs d'instruments à cordes philarmoniques. Delayed Return propose un style similaire, mais en plus rythmé, avec d'intenses orchestrations qui flottent comme des altocumulus sur le point de s'évaporer. Remplie de brume et d'ondes sonores ondoyantes, A Cure Against a Cure est comme une exploration dans un domaine sans électricité où les couleurs des ectoplasmes jettent des ombres en acétate tout au long de son évolution. Un titre en noir et blanc avec une teinte glauque.

Comme dans bien des films que l'on tourne dans notre tête, il arrive que notre imagination dévie vers l'improbable. Dans ce cas, une musique comme celle qui guide Man in the Ice Desert est la meilleure pour habiller ce scénario sans queue ni tête. Une musique diphonique avec un brin de liberté artistique😊. Why Give the People to the Fire? est un court titre gisant sur d'agressifs pads d'orgue dont les saccades forment un rythme ambiant continu. Absolute Isolation est un titre plus accessible. C'est un genre de ballade flottante où l'émotion transpire derrière chaque accord qui fond dans la naissance de l'autre. Ambiant, poignant et poétique! Peu importe les albums qu'on découvre, on y trouve toujours un ou deux titres qui vissent notre intérêt à nos écouteurs. In Circles (The Other Me) est un de ceux-là. Hormis les vibrants tintements de son ouverture, la musique épouse le battement de son cœur qui palpite avec des manquements sous un manteau d'orchestrations faisant du zig-zag dans un ciel où tintent harmonieusement des arpèges de verre. Disons que ce titre et Absolute Isolation ouvrent une autre porte dans l'univers de A LIFE IN A DREAM. Même avec ses pulsations lentes, The Planet of Improbabilities reste un titre assez difficile à apprivoiser. Sa texture tonale dévie certainement vers l'improbable avec une série de battements arythmiques qui git sur ceux plus circadiens de sa principale ossature. Les orchestrations nourrissent le chemin tortueux des ambiances de ce titre qui m'a demandé quelques écoutes. Acoustic Trap est un long titre ambiant qui partage ses nappes de gémissements sur une autre texture remplie de tintements harmoniques. Son dernier tiers est tout simplement magique avec un chant séraphique sorti de nulle part et qui définit assez bien les visions d'un autre album qui ne craint pas son audace. À la fois intrigant, troublant et certainement lyrique! Un bon album de Christian Fiesel.

Sylvain Lupari (16/12/21) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Aura Films Bandcamp

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