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  • Sylvain Lupari

IVAN BLACK: All's Well That Ends Well (2015) (FR)

Du bon rock électronique ornés de superbes couleurs tonales, All's Well That Ends Well est vraiment à découvrir

1 Helsinki Knights 11:12 2 Glass Tears 11:58 3 Indestructible Object 10:16 4 Cadeau 7:24 5 Rayograph 10:04 6 Movement in Light 10:19 7 Endgame 9:59 8 All's Well That Ends Well 11:50 Ivan Black Music (DDL 83:02) (Sequencer-based EM)

J'ai connu la musique d'Ivan Black lors de son album hommage à Edgar Froese intitulé Remember The Dream Goes On. Un de mes albums préférés en 2012 et que j'écoute régulièrement depuis. ALL'S WELL THAT ENDS WELL est plutôt différent et amène l'auditeur à travers les rythmes de l'Électronica et du Berlin School avec des mouvements soutenus de séquences. Si les rythmes sont légion, les ambiances qui les entourent ne sont pas en reste. Ivan Black fait preuve de beaucoup de créativité en ornant les 83 minutes de son album d'effets électroniques tant cosmiques qu'avant-gardiste à l'Italienne, ici je pense notamment à Movement In Light, et des solos très dans le tons qui accueillent des structures de rythmes toujours assez très diversifiées, sinon riches en développement.

Et ça débute avec Helsinki Knights. L'intro est tissée de nébulosité avec des longs woosh torsadés qui échappent leur gaz cosmique dans les effets réverbérant d'accords dont les formes de hip-hop totalement incertains jettent un voile de mysticisme à cette ouverture pour le moins théâtrale. Des pulsations et des tsitt-tsitt s'invitent à cette fragile figure de rythme. Les séquences, sautillant d'une oreille à l'autre, finissent par structurer une forme de galop. Et de galop, le rythme épouse enfin la chevauchée des chevaliers de Helsinki avec un rythme soutenu qui graduellement augmentera la cadence à mesure que les minutes s'effacent au compteur. Séquences, percussions et ces accords résonnants de l'intro unissent leurs destinées rythmiques autour d'une structure vivifiée par ces éléments disparates qui courent et bondissent sous un ciel sonique bourré d'effets électroniques et de solos plus musicaux, voire mélodieux, qui sont totalement alambiqués. Histoire de bien huiler ses histoires soniques, Ivan Black peinture ses introductions de phases plus ou moins ambiantes qui servent de canevas à une nuée de possibilités tonales. Comme dans Glass Tears où des accords en forme de verre tintent dans des ambiances gorgées d'ondes menaçantes et de cerceaux échoïques. Ça va prendre un bon 3 minutes avant qu'une superbe structure de séquences fasse rager une nuée d'ions qui se bousculent dans un tube trop étroit pour leur permettre d'élaborer des cabrioles surdimensionnées. Le rythme est donc vif et soutenu, comme des petits pieds courant après leurs ombres, avec ces séquences tambourinées sur une peau de feutre qui évitent constamment les morsures de cymbales et les reflets de verre qui tintent depuis l'ouverture. C'est un bon titre qui est principalement arqué sur les nuances du rythme, alors que Indestructible Object offre un rythme plus vif. Un rythme plus lourd et quasiment rock qui donne plus de latitude aux effets, à ces longues bombes torsadées, à ces chants sibyllins et à ces lamentations spectrales des synthés. Ça mes amis, c'est un titre qui dévisse les oreilles! Cadeau aussi, mais pour une autre raison. C'est un vrai cadeau de tendresse pour l'âme. Une belle ballade sise sur un grouillant lit de séquences, de percussions bien senties et de pulsations saccadées dont les multiples battements, les soubresauts chaotiques et les variables piétinements étourdissent une exquise ribambelle de séquences plus harmoniques qui flotte tout au long dessus et invitent les nuances dans les tons et les harmonies à compétitionner avec ces innombrables solos de synthé qui déchirent et l'âme et les oreilles. La structure est interrompue en deux endroits par un genre de guitare qui chaque fois restructure la ballade et continue de nourrir les nuances de cette fascinante ballade méditative qui accroche les oreilles à la première écoute. C'est du bonbon pour les oreilles!

Rayograph propose aussi cette approche de chevauchée qui fait les charmes de Helsinki Knights, mais avec une plus nerveuse, plus cahoteuse avec de bonnes ruades, tant dans le secousses des séquences que des percussions. Les solos de synthé ornent ce décor rythmique de saveurs purement électroniques qui me rappellent les années IC avec Clara Mondshine et son Memorymetropolis. Les séquences aussi d'ailleurs. À date, ça va bien. Nous sommes dans les limites d'un très bel album de MÉ. Movement In Light réoriente un peu les astres vers une structure dans le genre ambiant chill avec une ligne de basse qui met ses habits de funk cosmique. Les accords résonnent parmi moult pulsations qui sonnent comme des centaines de pas perdus et de percussions aux cliquetis métalliques. Le titre reste très lunaire avec de belles nappes de synthé qui émiettent leurs fragrances interstellaires dans ce qui devient peu à peu un bon down-tempo morphique. C'est un bon moment de détente dans ce bouillant univers de séquences et percussions qu'est ALL'S WELL THAT ENDS WELL où les solos, nettement plus élégiaques ici, coulent sur une structure qui me rappelle par moments les audaces de Baffo Banfi. Idem avec Endgame qui, après une intro très atmosphérique nourrie de faisceaux lumineux tournoyant comme des sirènes, qui ré-ouvre ces structures de rythmes où séquences, pulsations et percussions tissent des éléments hybrides qui répondent à cet intarissable besoin qu'ont les boulimiques de MÉ séquencée de se farcir les oreilles avec des amorces de rythmes et des rythmes qui déstabilisent l'enchantement. L'ossature principale disloque ses articulations qui fomentent des noyaux de rythmes nerveux et belliqueux, alors que les synthés tentent de résonner une révolte de verre qui peu à peu raisonnent la dissidence de son axe principale, après une courte phase ambiosonique. La pièce-titre conclut avec un rythme sautillant. Un rythme bondissant encore tressé autour d'un maillage de séquences, de pulsations et de percussions auquel Ivan Black ajoute des riffs et des accords de claviers qui sont très près des effets des éléments de rythme. Les cliquetis de percussions dansottent sur cette structure qui sautille autant que boitille sous de denses filaments soniques réverbérants qui font tous les charmes de All's Well That Ends Well. Tant de la pièce-titre que de l'album au complet qui est vraiment un beau micmac de rythmes, tous genres confondus, et qui m'incitera pour sûr à découvrir un peu plus l'univers Ivan Black!

Sylvain Lupari (2 Novembre 2015) ****½*

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