• Sylvain Lupari

TIME BEING: A Place to Belong (2015) (FR)

Voici un autre petit joyau de musique ambiante des panoramas de Spotted Peccary

1 The Wind has Called 8:21 2 Every Memory 6:45 3 From Where we Are 5:15 4 State of Being 7:29 5 Farther Worlds 9:35 6 The Elements Melt 5:51 7 Here is Life 6:22 8 An Infinite Home 12:34 Spotted Peccary | SPM-9084 (CD/DDL 62:19) (Esoteric ambient soundscapes)

Intenses! Moments d'ambiances intenses. C'est le qualificatif le plus juste qui me vient à l'esprit pour décrire l'univers de paysages soniques qui déferlent entre nos oreilles avec A PLACE TO BELONG. Défiant les paramètres de sérénité qui coulaient dans A Dimension Reflected, réalisé en 2011, Phillip Wilkerson et Jourdan Laik modulent cette fois-ci une œuvre, toujours aussi ambiante, mais propulsée par de splendides élans de magnitude qui tentent à prouver que les rythmes peuvent aussi naître par la poussée des vents et de ses éléments que par des séquences et percussions, mis à part les brèves pulsations qui clonent le petit rythme passif de The Wind has Called. Ce deuxième opus de Time Being est une véritable histoires d'ambiances avec une toile de fond stigmatisée par des bruits d'une nature imaginée par nos sens où les ombres des rythmes tranquilles, ces moments d'implosion qui définissent le caractère de A PLACE TO BELONG, grondent sous un beau maillage de drones et de larves de synthé qui volent lentement comme les longs et les élégants vols des ptérodactyles ou encore les lents roulements enveloppants des vagues célestes et de leurs prismes chantant. L'approche est très ésotérique américaine avec des influences de Steve Roach et de Robert Rich ainsi qu'un soupçon de Mystified pour les bruits de la nature.

Des vents menaçants bourdonnent et perturbent la quiétude des carillons qui tintent avec une sensation d'affolement dans leurs reflets soniques. Dès ses premières secondes, The Wind has Called étend toute l'amplitude des espaces ambiants de l'album. Les bourdonnements sonnent comme des explosions industrielles dont la menace est amplifiée par des drones militaires qui ressemblent tellement à ces sirènes annonciatrices de désastre. Et pourtant, la quiétude assaillira nos oreilles avec un vent azuré qui partage ses bruines soniques sur les courbes de lignes de synthé repentantes. Les paradoxes qui cernent ce deuxième album de Time Being sont au cœur des charmes de A PLACE TO BELONG. Les vents transportent leurs nuées de prismes alors que les synthés harmonisent leurs horizons soniques avec la bipolarité des souffles et bourdonnements de Phillip Wilkerson. Nous aurons même droit à des amorces de rythmes qui défieront les moments d'extase comme ici, autour de la 7ième minute. Every Memory s'accroche à la finale de The Wind has Called, les 8 titres s'enchaînent dans une immense mosaïque d'ambiances, avec une nuée de lignes de synthé aux couleurs brillantes qui bravent la menace des vents et dont les bourdonnements ne perceront jamais sa muraille de sérénité. L'image sonique dépeint des vagues d'eau cosmique qui roulent sur les vestiges d'une terre aride. Cette étrange fusion des forces sécantes tissent un intense paysage sonique où le drame se terre à chaque dénouement; passif ou orageux. Comme ici où ces contrastes enveloppent la délicatesse d'un piano qui éparpillent ses notes pensives dans le tapage, croissant et décroissant, d'un délicieux concert de grillons qui finalement se font discrets face à cette menace vêtue de charmes sibyllins. Les ambiances de State of Being nous transporte vers un autre niveau. Nous sommes un peu comme des âmes égarés dans une grotte où les mugissements et les chants irisés des vents bourdonnent comme des immenses chants séparés par les passages et la physionomie des grottes. Intense que je vous disais d'entrée de jeu! Et je dirais aussi, noir! Sombre et délicieusement séduisant. A PLACE TO BELONG est un perpétuel combat entre les sombres et ténébreux murmures venteux de Phillip Wilkerson contre les délicates enveloppes harmoniques forgées dans les prismes célestes des synthés de Jourdan Laik.

Tout autant méditatif et introspectif mais étonnement chatoyant, Farther Worlds offre une palette sonique différente. Ici les grillons sont remplacés par l'effet de radiosité des vagues cosmiques qui roulent au-dessus des tintements de carillons tout aussi pensifs que les notes de piano. Le titre se conclut avec un bel effet d'intensité, tissant un mince duel entre tragédie et romance ésotérique. The Elements Melt se nourrit de cette lutte des contrastes de The Wind has Called, alors que Here is Life est définitivement le titre le plus séraphique de A PLACE TO BELONG. Les lentes larves de synthé coulent ici avec la fureur d'engloutir une faune sonique bourrée de multiples cliquetis. Il en résulte en une très belle pièce de musique relaxante. Les bruits ambiants qui jalonnent les structures de ce deuxième opus de Time Being sont encore plus vivants et plus éclatants sur An Infinite Home. Ce long titre qui s'appuie sur les cendres de Here is Life, mais avec plus de temps pour exploiter les harmonies célestes des lignes de synthé, conclut un album qui est un beau petit délice sonique pour les amateurs du genre.

Sylvain Lupari (02/09/15) *****

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Disponible chez Spotted Peccary Music

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