• Sylvain Lupari

CYCLICAL DREAMS: Gemstones (2020) (FR)

Une splendide compilation de près de 3 heures de MÉ moderne principalement composée de synthés et de séquences analogues/modulaires

1 Adjacent Omens (Lisa Bella Donna) 11:02

2 It was sad to see you go (2020 remake) (Gert Emmens) 8:46

3 Strange Attractor Island (Zanov) 6:57

4 Magnets (Johnny Woods) 6:43

5 Pivotal (Brendan Pollard) 11:04

6 Uritorco (Cartas de Japón) 8:00

7 X-Pairy (Harald Grosskopf) 5:16

8 7th Degree (Ombient) 13:19

9 Seven Lights (Sophos) 7:22

10 Telexium (Audiometría) 14:38

11 ASD (Ernesto Romeo & Maximiliano Ramos) 7:46

12 Iris (The Soviet Space Dog Project) 13:13

13 Oceanus Procellarum (Bernd-Michael Land) 13:08

14 Out of the Silence - Exclusive version (Sequentia Legenda) 9:09

15 AQ (Rayspark Industries) 11:14

16 Passageway (Chris Russell) 12:48

Cyclical Dreams Music CYD-0012

(DDL 161:31)

(Progressive EM, Berlin & Spanish Schools)

C'est au début de Juin 2020 que Cyclical Dreams s'est mis à inonder le marché de la MÉ avec une toute première production par Eridanus avec son album éponyme. Depuis, ce label Argentin a produit une 20aine d'albums dont deux compilations, Dreams #1 et celle-ci; GEMSTONES. Cette compilation est construite autour d'artistes ayant eus une signification particulière et une inspiration auprès de ceux qui ont mis ce label sur pied. Il y a des noms, des gros noms que je connais et qui sont connus de mes lecteurs et des amateurs de MÉ en général ainsi que de nouveaux artistes qui démontrent des potentiels énormes. Très généreux, le label offre l'équivalent de 2 CD remplis à pleine capacité sir sa plateforme de téléchargement et/ou de streaming. La musique chez Cyclical Dreams est dans un style plus progressif, par moments expérimental qui tourne autour de la Berlin School et des structures alambiquées de Vangelis au sommet de sa créativité. J'ai chroniqué 3 albums de ce label; Circular Logic par Beyond Our Galaxy, Cuentos Fantásticos de Francisco Nicosia et finalement l'excellent Footprints de Michael Brückner. Et est-ce que la MÉ offerte dans GEMSTONES est réaliste des possibilités de choix offert par le label? Absolument!

En partant, Adjacent Omens de Lisa Bella Donna démontre le côté cosmique expérimental du label avec un bon titre et ses lignes de rythmes qui s'entrecroisent en d'oblongs mouvements latéraux qui voyagent en suspension. Des arpèges séquencés y volètent alors que le synthé crache de bonnes impulsions dynamiques. Un titre très intéressant de l'alchimiste des sons qui travaille avec des synthés modulaires et ça s'entend. Gert Emmens fait parti des artistes inspirants pour le label et il a donné un remake de It was sad to see you go, un vieux titre que Gert a performé lors d'un rappel pour un concert donné dans le cadre du E-Day en 2009. C'est du bon Gert Emmens! Zanov participe aussi à cette compilation en offrant un titre de Chaos Islands qu'il a retravaillé pour les besoins de GEMSTONES; Strange Attractor Island. Toujours très bon et malgré que chaque artiste préserve sa signature tonale, tout coule et fond comme du beurre sur des amandes rôties. Bon…Placé un titre inspirée des années Phaedra de Tangerine Dream, je parle de Brendan Pollard ici, entre des visions plus contemporaines de Johnny Woods et Cartas de Japón fait un peu bizarre. Mais encore là, ça passe bien! Donc, Magnets de Johnny Woods est un titre ambiant conçu par synthé modulaire. La musique voyage par des impulsions orchestrales, structurant des ondes de staccatos qui se frappent, se renversent tout en créant une nappe musicale aussi disproportionnée que l'art du modulaire. Ceux qui aime les chorégraphies aléatoires de séquenceur seront ravis par cette fascinante danse latine que Cartas de Japón structure avec Uritorco. Une danse qui part d'un cha-cha-cha ambiant à une rumba avec une vision assez futuriste. Le mouvement possède une certaine grâce avec les vibrations floues du séquenceur entre nos oreilles. Le rythme est à la fois pesant, à cause des vibrations qu'il projette, et sec, de par le timbre du séquenceur. Ce mouvement principal doit composer avec une arrivée massive d'ions que l'on fait dribbler, comme sauter et danser, rendant plus complexe cette structure embaumée par des mugissements de synthé et leurs échos flûtes. J'ai bien aimé ce titre et c'est un gros coup de cœur. Un autre coup de cœur est le titre offert par Harald Grosskopf; X-Pairy. Un gros rythme d'une tribu futuriste avec de bonnes percussions. Génial!

Ombient est le projet du guitariste Mike Hunter et son titre 7th Degree est construit sur le principe des boucles répétitives, toujours avec ses nuances, à la Manuel Göttsching. C'est un bon titre qui fait tourner nos sens en rond dans une vitesse enivrante. Seven Lights de Sophos est une radieuse berceuse illuminée par des prismes où chaque côté est imprégné par une couleur virginale. Sophos, le seul artiste du label sur GEMSTONES, injecte des lames de synthé iridescentes qui viennent ajouter des moments de désarroi à ce superbe titre. Après une ouverture crépusculaire, Audiometría introduit un rythme ambiant avec des oscillations qui papillonnent sur place. Tranquillement, Telexium se développe avec des riffs de synthé et des tsiitts-tsiitts de cymbales avant de débloquer dans un mouvement plus lourd et vif du séquenceur qui accueille ces ambiances de westerns latins. Il y a de bons solos de synthé sur ce titre qui fait partie des bons Berlin School de cette compilation. ASD de Ernesto Romeo & Maximiliano Ramos est le titre le plus exploratoire de cet album. La musique introduit une ligne bourdonnante et vivant de ces multiples oscillations bondissant légèrement. Des accords se greffent forçant une surtension sonore sur ce mouvement linéaire où les effets sonores dominent la musique et son design expérimentale-psychédélique. Si vous aimez le genre, AQ de Rayspark Industries est encore meilleure avec ses éléments percussifs industriels. J'avais donc hâte de découvrir la musique de The Soviet Space Dog Project et de Bernd-Michael Land. Iris propose un piano agité dans des ambiances troubles qui sont allongées sur une ligne de battements sans ambition. Le titre passe par toutes les étapes connues de la England School pour tomber dans une phase de rythme ambiant spasmodique qui préserve toujours la beauté du piano électrique. C'est un titre qui demande quelques écoutes, tout comme les œuvres de Kubusschnitt dont Andy Bloyce, l'homme derrière TSSDP, est aussi un membre. Oceanus Procellarum nous tombe dans les oreilles avec une sonorité et une ambiance de studio provenant d'une autre planète. Il y a un long hiiisss derrière la guitare, très belle en passant, qui attire mon ouïe dans une sensation que ce titre de Bernd-Michael Land vient de très loin et de très ailleurs aussi. Oceanus Procellarum est un titre évolutif qui voyage à travers les âges de la MÉ dans les périmètres du rock électronique progressif. La structure est très disparate et doit s'accrocher à ce maillage de percussions programmées et de séquences qui traversent des phases agitées comme ambiantes. J'y entends des influences de Tangerine Dream au niveau des séquences harmoniques. C'est aussi le genre de titre qui gagne sa portion de charmes à chaque nouvelle écoute. Et il possède aussi tous les éléments qu'il faut pour nous en convaincre. Sequentia Legenda propose un de ses bijoux intemporels, Out of the Silence. Il l'offre dans une version écourtée. Même raccourcie, l'épidémie de charmes ensorceleurs fait son œuvre dans ce court extrait et dont la version longue reste ma préférée. Ça m'a donné des frissons, tellement c'est divin. Le ténébreux Chris Russell participe aussi à cette superbe compilation en offrant Passageway, un gros titre de Dark Ambient qui nous fait visiter de nos oreilles un des coins les plus reculés du Cosmos.

GEMSTONES est une fantastique compilation du label Cyclical Dreams! C'est près de 3 heures de MÉ de tous les genres et pour tout les goûts avec des unions entre titres et artistes parfois questionnables, mais pas assez pour effacer cette curiosité de découvrir de nouveaux sons. J'ai bien aimé voyager sur les ailes d'une musique présentée par des noms qui me sont méconnus pour moi. Et ceux que je connais font honneur à leur réputation sur cette compilation que je considère essentiel avec son point de vue différent sur la MÉ contemporaine.

Sylvain Lupari (12/01/21) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

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