• Sylvain Lupari

DARSHAN AMBIENT: A Day Within Days (2010) (FR)

“Bien que très différent de la MÉ conventionnelle, j'ai bien aimé écouter la musique de Darshan Ambient”

1 Talking Book 6:44

2 One moon Shows in every Pool 6:10

3 A Deeper Blue 7:18

4 The Lotus Eaters 4:22

5 Now Sleeps the Crimson Petal 5:52

6 The Dreamer Slept but did not Dream 4:17

7 A Day Within Days 5:06

8 The Long Rain 6:08

9 It's You 5:18

Lotuspike | LSM18

(CD/DDL 51:18)

(Tribal, Folk, Ambient)

Rural est le premier terme qui me vient à l'esprit en écoutant ce dernier opus de Darshan Ambient, alias Michael Allison. La pochette et la musique trempent dans cette étrange fusion folk tribal et New Age avec une sombre ambiance de grisaille qui plane avec ses tristes et mélancoliques couches de synthé/guitares. Michael Allison est un multi instrumentaliste américain qui roule sa bosse depuis les années 70 dans des domaines musicaux aussi progressifs qu'expérimentaux. Après quelques années de silence, il monte son propre studio au début des années 90 et réalise près de 10 albums de musique électronique, ambiante et expérimentale qu'il vend sur des plateformes de téléchargement, tel que Mp3.com et IUMA. En 2004 il signe avec le label Lotuspike où il réalise 3 albums depuis. Dédié à la mémoire de son grand ami et mentor Juan (Naux) Maciel, décédé en Février 2009, A DAY WITHIN DAYS est un album sombre mais mélodieux empreint d'une étrange tristesse et qui s'écoute comme on pleure un cher disparu. Une surprenante aventure musicale qui dépasse les frontières de la MÉ conventionnelle. C'est du Folk tribal ambiant.

De délicats arpèges carillonnés, avec des doux tintements de xylophones des îles des Caraïbes, ouvrent Talking Book. Une fine ligne de basse et un mélancolique piano épousent la fluidité de ces accords, joints par une suave chorale enfantine. Minimalisme, l'art de Darsha Ambient est en constant mouvement avec l'ajout d'instruments et de sonorités électroniques qui enrichissent les lents déploiements de ses structures animées par moments de vigoureuse progression. Ainsi, des percussions feutrées apparaissent. Elles sont suivies par de bonnes percussions, annonçant de torrides solos de guitares qui tourbillonnent et plongent Talking Book dans un curieux univers tribal éclectique qui n'est pas sans rappeler l'univers de Patrick O'Hearn. Une influence qui se fera plus sentir dans One moon Shows in every Pool qui propose aussi une délicate ouverture aux accords limpides qui est caressée par les fines lamentations d'une six-cordes solitaire. Entre ses ondes de guitare et ses violons chimériques à saveur orientale, One moon Shows in every Pool emprunte une tangente un peu plus dramatique avec son ombre de mellotron et son violon aux larmes chinoises qui déchirent une tendre ambiance légèrement assaisonnée par de délicates percussions et des strates de guitares qui survolent un titre triste. Des percussions tribales ouvrent les premières mesures de A Deeper Blue. Un très beau titre où les accords d'un piano nostalgique se perdent dans les larmes d'une guitare aux couches oniriques. A Deeper Blue, tout comme The Lotus Eaters et son piano qui embrasse les strates de violon brumeux, The Dreamer Slept but did not Dream et ses accords de piano errant en pleine mélancolie ainsi que le tendre et poignant A Day Within Days, sont de splendides perles de tendresse et de triste sensibilité qui survolent cet album d'une sombre fragilité.

Now Sleeps the Crimson Petal prend vie sur des percussions tablas qui battent une douce mesure sous un ciel parsemé de délicates stries provenant soit d'une guitare ou d'un synthé. Des strates lentes et flottantes qui sont partout dans cet album, l'arrosant même d'une sombre ambiance de tristesse. Le rythme est léger, croisant les racines du country folk avec son violon aux longues et vivantes striations et sa guitare qui s'y colle. Des percussions plongent Now Sleeps the Crimson Petal dans une approche rythmique plus lourde mais toujours pondérée avec cette fusion voix, orchestrations et brumes qui sont des éléments clés dans la construction des titres de A DAY WITHIN DAYS. Après cette longue litanie au recueillement et à la tristesse The Long Rain apparaît comme une ode à la vie, une musique poétique dans le crépuscule des êtres disparus. Un titre plus vivant où les accords de guitare acoustique et de claviers tambourinent un délicat tempo plus frénétique, alors qu'une douce brume entoure cette procession minimaliste aux accords frivoles, pavant la voie à un délicat piano qui susurre une tendre mélodie respirant une joie de vivre. Un peu comme sur Talking Book, The Long Rain explose sur de bonnes percussions et des riffs de guitares qui se perdent dans les strates violonées et une très belle ambiance de bonheur qui prend la relève après des jours de tristesse. It's You est un autre titre dans la même veine que Talking Book et The Long Rain. Un titre chanté par Michael Allison et qui chante un peu comme Peter Gabriel ou David Sylvain sur une structure de country folk aux effluves d'un sombre New Age.

Quoique fort différent de la MÉ conventionnelle, j'ai bien aimé mon premier rendez-vous avec l'univers musical de Darshan Ambient. A DAY WITHIN DAYS est à la fois triste, sombre, plein de grisaille mais beau à fendre les sourires épuisés. C'est un album d'une étonnante tristesse qui va chercher des sentiments longtemps enfouis et qui resurgissent avec un étrange clin d'œil à la vie. Le genre qui fait dire; Salut l'ami, tu es et seras toujours dans mes pensées.

Sylvain Lupari (21/01/11) *****

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Disponible au Spotted Peccary Music Bandcamp

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