• Sylvain Lupari

DARSHAN AMBIENT: Dream In Blue (2011) (FR)

Darshan Ambient tente un audacieux pari en mélangeant ses ambiances musicales à celles du Jazz

1 Upon Reflection (5:49)

2 When will my Someday Come (4:14)

3 Mirage (4:49)

4 As you Were (5:39)

5 A Letter from Home (7:19)

6 Ghosts of Africa (4:05)

7 Silent Smile/Angelo's Song (3:39)

8 Sun Fade (6:06)

9 Waiting on a Dead Man's Horse (5:49)

10 Sahara Sun (5:52)

11 Dream in Blue (6:23)

Spotted Peccary : LSM22

(CD/DDL 59:44)

(Ambient & Electronic Folk)

Bien que la musique de Darshan Ambient ne soit pas nécessairement ce qui se rapproche le plus des styles que j’écoute, ses œuvres dégagent une aura attractive qui s’explique difficilement. C’est comme un coup de foudre dont on ne peut justifier la nature mais dont on peut en expliquer la raison. J’ai été profondément séduit par son dernier album A Day Within Days, un album où les rythmes doux et les ambiances à la fois ruraux et éthérés côtoyaient de beaux éléments de tendresse et de mélancolie. Et DREAM IN BLUE n’échappe pas à l’approche poétique de Michael Allison. Pour son dernier opus Darshan Ambient visite les terres patriarcales de la Nouvelle-Orléans. Ses bayous et ses esprits aux effluves de Jazz centenaire qui caressent les doux soupirs d’une approche plus romancé qu’électronique.

De fines strates flottantes initient l’intro de Upon Reflection qui s’anime avec des notes de guitares tournant en une douce spirale au-dessus d’une fusion de couches oniriques, caressant au passage des percussions sobres qui forcent un rythme plein de retenu. La mélodie qui en sort est belle. Elle libère de délicats arpèges qui chantent dans nos oreilles lorsque le rythme déboule avec une fureur dictée par une approche de Free Jazz. Des percussions libres et une belle basse aux notes oblongues et sinueuses nourrissent un rythme qui roule en boucles minimalistes pour se chamailler une enveloppe lyrique qui s’étend à la grandeur de l’album. When will my Someday Come offre une enveloppe musicale plus jazzée avec de beaux souffles de trompettes qui se fondent à une guitare à l’âme de blues. Mélangeant habilement ses influences de Jazz avec une approche plus électronique Darshan Ambient saupoudre ses compositions avec des chœurs et les brumes de mellotron, ajoutant une dimension particulière à DREAM IN BLUE. On observe aussi cette tendance sur Ghosts of Africa. Mirage est un bon titre intrigant qui flotte entre l’ambiant et un lent rythme des Bayous où de belles strates mi spectrales et mi oniriques se lamentent sur le dos d’une basse dont les lourdes oscillations trempent dans les ambiances sensuelles et mystérieuses de Patrick O'Hearn. As You Were continue cette incursion dans les racines du vieux Jazz avec une belle romance nourrie par un piano qui fait danser ses fines notes mélodieuses autour d’une basse et une guitare aussi belles que rêveuses. Le rythme est délicat et trempe dans les sphères d’un doux Lounge, orné de fines couches d’un synthé brumeux. Parfois cette fusion de rythmes jazzés à des couches de synthé vaporeuses et rêveuses éveille des souvenirs de Vangelis dans Blade Runner. A Letter from Home est mon premier coup de cœur. C’est un long titre ambiant forgé dans les cendres de la mélancolie où d’enveloppantes strates flottent et errent, encerclant une très belle romance contemplative nourrie à coups de notes d’un piano nostalgique qui circulent dans l’âme avec la beauté de son errance. Une fine ode flûtée émerge, caressant les soupirs des regards et confirmant la très grande beauté de A Letter from Home. Silent Smile (Angelo's Song) est une autre perle pour l’âme. Solitaire, poignant et intensément profond, le piano laisse tomber ses notes pensives qui sont récupérées par un superbe synthé aux souffles de trompettes et aux cordes de violons. C’est un autre très beau titre, comme le très sombre et ambiant Waiting on a Dead Man's Horse qui est très près du répertoire de Brian Eno. Une belle approche mélodieuse perce le sombre voile introductif de Sun Fade. Comme le piano, la guitare est douce et pensive. Elle croise ses notes et libère ses strates gémissantes dans les rondeurs d’une belle basse et d’un synthé aux nappes hachurées. L’essence des Bayous émerge de ce titre assez enjoué. Avec ses nappes de synthé flûtées et ses solos de guitares qui crient et se lamentent sur des percussions libres, Sahara Sun est le titre le plus intense de DREAM IN BLUE. La progression mélodieuse est époustouflante et le rythme n’a rien à envier aux bons titres de rock progressif. Et la guitare…tout simplement merveilleuse! On croirait entendre les solos incisifs de Steve Hackett. Navigant entre une approche rythmique incertaine, les ambiances éthérées et les mélodies contemplatives, Dream in Blue est ni plus ni moins qu’un fidèle portrait musical qui sillonne cette autre très belle œuvre de Darshan Ambient. Encore une fois je me suis laissé submerger! Michael Allison ose un audacieux pari en fusionnant ses ambiances sombres et méditatives à ses influences de vieux Jazz. Et le résultat est assez surprenant. De Upon Reflection à Sahara Sun en passant par A Letter from Home, la beauté et l’émotion transpirent de ce canevas musical aux approches aussi éclectiques que poétiques. DREAM IN BLUE est un très bel opus qui s’adresse à ceux qui aiment la musique et non aux amateurs de musique abstraite. Musical et lyrique, il accompagnera vos soirées de lecture et vos introductions contemplatives vers vos nuits d’insomniaque, abstraction faite de Sahara Sun

Sylvain Lupari (09/01/12) ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

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