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DASK: Insecta [Extended] (2018) (V.F.)

Updated: Aug 12, 2019

“Dans ses nombreuses phases ambiosphériques, cet album recèle de véritables joyaux du style Berlin School, prouvant que DASK a été résolument l'une des plus belles découvertes de 2017”

1 Arthropod 13:43 2 Colony 7:29 3 Insecta 11:57 4 Biomass 9:56 5 Overwinter 9:19 6 Prevernal 9:12 7 Growth 2:10 8 Emergence 9:10 DASK Music (DDL 72:55) (Ambient and sequencer-based Berlin School)

C'est lors de la conception de Electron Utopia, paru sur SynGate Records en début 2017, qu'INSECTA [EXTENDED] a commencé à germer dans l'esprit de DASK. Il restait encore du bon matériel qui ne trouvait pas sa place sur cet album, mais pas assez pour un album de plus d'une 40taine de minutes. Et brique par brique, David Marsh ajoutait des compositions qui allaient nicher sur un album inspiré par le déclin très remarqué de la population des insectes depuis 1970. On parle ici d'un ordre de 60%. La grosse question existentielle de DASK était de savoir le total de minutes qu'il devait consacrer à cet album! D'où l’adjectif Extended. Initialement idéalisé pour une durée respectable, INSECTA [EXTENDED] a pris une trentaine de minutes additionnelles au compteur avec une musique d'ambiances exploratoire. Ainsi divisé entre des plages très ambiosphériques, ambiosoniques et rythmés sur le modèle Berlin School, INSECTA [EXTENDED] cache de véritables joyaux qui démontrent que DASK était résolument une des belles trouvailles de 2017. C'est avec des ailes acérées, qui découpent une muraille d'ondes synthétisées, et des murmures d'insectes qu'Arthropod amorce la dernière aventure du musicien Anglais. Un tumulte éolien renverse ces premiers éléments avec des ondes très oxydées qui éraflent ce décor subreptice où bat un premier pas du séquenceur. Les vents persistent avec une obscure froideur Redshiftienne lorsque que ce pas perdu éveille sa petite communauté rythmique afin de faire tressaillir nos murs avec un rythme lourd et noir, comme celui venant d'un Moog. Ce rythme sautille après la barre des 4 minutes. Dansant avec une autre ligne de séquences dont le son perle comme une goutte d'eau figée, le rythme sans structure d'Arthropod tente de structurer une carcasse uniforme qui finit par clopiner comme un majestueux Berlin School. Majestueux, je dis? Certainement, puisque David Marsh couche ici une structure évolutive et dont l'homogénéité dépend de ce qui l'entoure. Ce rythme, lourd et vif, continue d'étendre son entrain parmi des strates acérées qui viennent le titiller par moments, lorsqu'il emprunte en toute fin, soit vers la 11ième minute, une approche harmonique qui fait très Düsseldorf School, très Kraftwerk. Génial! Arthropod est tout simplement magistral et vaut à lui seul l'achat de INSECTA [EXTENDED]. Colony nous amène dans les souterrains, et ils sont légions dans cet album, où les insectes établissent leur confrérie. DASK mélange des nappes électroniques avec des effets organiques sur des teintes de synthétiseurs qui vont du noir opaque à du cristallin aussi acéré que le dard d'un scorpion. Et si Arthropod est tout simplement jouissif, on peut en dire autant du superbe Insecta et de son rythme vif qui oscille parmi de beaux effets percussifs et d'autres séquences qui grésillent en offrant un chant d'invertébré. Un chant qui se transforme avec un bel effet flûté. Un très bon titre du modèle Berlin School qui seconde l'achat de ce 5ième album de DASK. Par la suite, David Marsh explore le modèle ambiant avec des parfums de Steve Roach qui se prêtent à une faune insectivore. Mélangeant les tonalités et les ondes sombres avec des fissures opalescentes, DASK nous plonge dans un univers de bestioles où toutes les idées trouvent racines derrière un flot de nappes aux couleurs, aux effets et aux bourdonnements pleins de contrastes. Après une lourdeur introductive écrasante, Biomass trouve refuge dans une clairière où les chants d'insectes irradient la noirceur initiale du titre. Si on aime la série Immersion de Steve Roach, un titre comme Overwinter saura vous séduire. Je pourrais ajouter Prevernal, sauf que des éléments méditatifs plus lumineux ornent sa finale. Construit sur le même modèle, mais à l'envers, le court Growth nous amène à une finale bariolée de drones de tous acabits et de toutes les couleurs qu'est Emergence. Cette longue phase de musique d'ambiances, on parle tout de même de plus de 40 minutes de musique ici, peut faire fuir les amateurs d'une MÉ concentrée sur le modèle séquenceur. Je vous comprends puisque ce n'est pas non plus ma tasse de thé! Mais ma curiosité, et le fait sans doute que j'ai obtenu cet album en promotion, m'a fait entendre une flore tonale aussi séduisante que celle de Shane Morris ou encore celle de Memory Geist. Par contre, les 40 premières minutes de cet album vous réchaufferont les oreilles puisque DASK nous offre le meilleur du genre Berlin School, séquencé ou/et ambiant. Sylvain Lupari (05/01/2018) *****

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