© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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DAVID WRIGHT & CARYS: Prophecy (2017) (FR)

“Un splendide album qui va vous amener à cette frontière où les océans et le cosmos se rejoignent”

1 Watching for Nephele 3:55 2 Serinus Rising 5:07 3 Night Tide 6:29 4 Diving Skywards 3:44 5 Ocean to Stars, Pt. I 5:47 6 Ocean to Stars, Pt. II 6:59 7 Ocean to Stars, Pt. III 9:36 8 Absolute Zero 2:08 9 Whales Weep Not 4:43 10 Absolute Zero (reprise) 2:37 11 Cosmic Dancer 6:45 12 Quarter to Yesterday 3:31 13 Song of Orcinius 1:25 14 Beyond the Veil 7:25

15 Where the Whales Still Sing 8:03 AD175CD 

(CD &DDL 78:10) (V.F.) (Melodious EM, sequencer based e-rock)

De sourdes vagues mettent nos sens en appétit. Sans vraiment savoir si nous flottons entre les dérives du cosmos ou les profondeurs des océans, la quiétude de Watching for Nephele rayonne avec des lignes azurées qui sont enluminées par des harmonies sibyllines et des souffles haletant d'une flûte dont l'origine reste à déterminer. Avec des cognements feutrés et une ambiance nébuleuse encore plus accentuée, les absconses humeurs de Watching for Nephele glissent vers Serinus Rising et ses chants de sirènes ainsi que ses gazouillis d'une forme animale aquatique toujours à identifier qui enchantent nos oreilles toujours en appétit. David Wright est sans contredit l'un des plus beaux compositeurs de MÉ contemporaine. Un peu snobé par les purs et durs qui ne vénèrent que la Berlin School, ou le gros rock électronique anglais, ce brillant musicien Anglais signe et persiste avec une MÉ toujours très raffinée et son style Anglais qui flirte profondément avec le New Age. Il en résulte en des albums très musicaux où ses parfums mélodieux surfent avec les vestiges de son superbe Walking with Ghost paru en 2002 et dont on attend encore sa réédition avec impatience. En fait cet album phare de David Wright a toujours su illuminer les ambiances harmonieuses de ses albums et PROPHECY n'est pas différent si ce n'est que c'est l'album qui s'en rapproche le plus. Composé avec la collaboration de la chanteuse anglaise Carys, c'est un voyage vers ce point de rencontre inconnu où les océans se déversent vers le cosmos. Un album intense et un certainement de ses plus beaux.

Chaque titre est solidement imbriqué l'un à l'autre, donnant une superbe histoire musicale qu'il est impossible d'interrompre. Night Tide se détache des chants morphiques de Serinus Rising avec un délicat mouvement de séquences qui serpente l'inconnu de ses continuels va-et-vient. Les innombrables brises vocales de Carys sont comme des parfums anesthésiant et flottent derrière ce mouvement hypnotique qui révèle une splendide approche d’un violon que l'on n'attendait jamais. Idyllique, cette harmonie orchestrale nous transporte jusqu'au lourd et menaçant Diving Skywards dont les effets de staccato du violon et les ambiances énergisées par une tempête à venir exercent une montée d'adrénaline. Et ça décolle! Ça décolle avec la mirifique saga de Ocean to Stars. Ocean to Stars, Pt. I part le bal avec un rythme lourd qui unifie le techno et le England School. On tape du pied et on roule du coup sur ce rythme très invitant où David Wright forge des nappes de synthé très harmonieuses qu'il concilie avec des solos de synthé aussi accrocheurs. Et comme toujours, le fondateur du label AD Music a ce don de jeter à ses structures des filaments de mélodies qui resteront ancrées dans nos oreilles bien longtemps après la première écoute. Comme celle qui unie les 2 premières parties d'Ocean to Stars qui se verse sur sa 3ième partie avec une rythmique toujours aussi entraînante et où la voix de Carys et le violon synthétisé chantent cette mélodie mangeuse de tympans dans une savoureuse enveloppe de l'orient. Ces 22 minutes sont du pur bonheur qui risque vous hanter parfois.

Absolute Zero calme un peu le jeu avec une délicate berceuse lunaire qui coule vers les ambiances morphiques de Whales Weep Not avec la voix de Carys qui domine un les harmonies très mélancoliques du violon dans un environnement de tranquillité où l'on retrouve un peu les parfums de Mind Over Matter dans Music for Paradise. Et si on croyait avoir atteint le nirvana avec la trilogie Ocean to Stars, Cosmic Dancer redéfinit ces paramètres avec un rythme aussi entraînant qui tournoie avec une lenteur séraphique dans un superbe duel entre les solos et les orchestrations d'un synthé en mode Walking with Ghosts. Impossible ici de ne pas faire le parallèle puisque l'approche harmonieuse de Cosmic Dancer semble tisser dans l'antre de ce titre épique du catalogue de David Wright. Quarter to Yesterday est une autre délicate berceuse lunaire qui noue orchestrations et murmures de Carys autour d'une spirale harpée par un délicat clavier. Un très beau solo nous entraîne vers Song of Orcinius où la voix céleste de Carys en épouse les torsades jusqu'au rythme très vivant de Beyond the Veil. Quoi d'autre à ajouter? David Wright y met le paquet ici avec ce techno morphique bourré de charmes et d’harmonies qui nous mangent les tympans. Le jeu des percussions est aussi riche que solide et le synthé, toujours très juste, lance des harmonies sous formes de solo en plus de tisser des orchestrations qui remplissent les airs alors que la voix de Carys ajoute encore plus à un charme aussi Médiéval que contemporain. Et comme toute bonne chose a une fin, Where the Whales Still Sing termine cet album avec une approche très intense et orchestrale qui nous rappelle comment la musique de Vangelis a influencée les visions de David Wright.

PROPHECY est une œuvre intense! De la première seconde à la dernière, David Wright nous tient en haleine et s'amuse à nous tirer les poils du dos et les soupirs de béatitude avec un album riche en rythmes entraînants et en mélodies mangeuses d'oreilles. Tout en ajoutant un élément de charme, la voix de Carys n'entrave en aucun moment la signature hautement mélodieuse de David Wright qui est plus intense que jamais ici avec de riches orchestrations, des solos qui nous rivent à nos écouteurs et des effets sonores qui allient les océans au Cosmos. Bref un album sans bavures que j'ai dégusté tout au long en me disant que c'est donc beau la musique. Que c'est donc beau la MÉ! Et si Walking with Ghosts était l'album référence lorsque nous parlions de David Wright, ce PROPHECY lui succède dorénavant pour les années à venir.

Sylvain Lupari (04/02/17) *****

SynthSequences.com

Disponible au AD Music