• Sylvain Lupari

DAVID WRIGHT: Dreams and Distant Moonlight (2008) (FR)

Dreams and Distant Moonlight est un bon mélange de rythmes progressifs et d'ambiances autant cosmiques qu'éthérées

1 Procession under Moonlight (1:47)

2 Dreams (2:53)

3 Velvetude (3:07)

4 Just an Illusion-Part I (6:49)

5 Just an Illusion-Part II (4:45)

6 State of Peace (1:14 )

7 Cry to the Moon-Part I (4:31)

8 State of Confusion (4:27)

9 Cry to the Moon-Part II (3:37)

10 Heatwave in Blue (8:02)

11 Amorphous (7:58) 

12 State of Bliss-Part I (4:53)

13 State of Bliss-Part II (6:43 )

14 Sun Dust (7:28) 

15 The Canyon (8:44)

AD Music AD64CD

(CD/DDL 77:17)

(England School, Soundtrack, Orchestral

Pour son 19ième opus David Wright s'entoure de 2 copains de Code Indigo, Andy Lobbam, dont la guitare flotte au-dessus des parfums de Pink Floyd et Nigel Turner. Le résultat est un album toujours aussi harmonieux que le musicien Anglais à l'habitude d'offrir, mais cette fois-ci avec un audacieux zest progressif teinté d'arrangements orchestraux et de mellotrons enveloppants qui viennent chercher la dernière once d'émotion refoulé. DREAMS AND DISTANT MOONLIGHT est de la belle musique qui se situe entre Walking with Ghosts, Momentum et celle plus progressive de Code Indigo.

Composé de 15 titres, l'album se déroule en 2 actes. Dreams émerge de la céleste introduction qu'est Procession Under Moonlight. L'ambiance est romanesque avec un superbe piano dont les accords épousent la beauté d'un coucher de soleil. Un compositeur qui peut être complexe, David Wright est avant tout un poète d’une musique sans paroles où les accords et les arrangements font office d'odes musicales. On le sent, le multi instrumentaliste Anglais est empreint d'une mélancolie qui se reflètera tout au long de cette 1ière phase de DREAMS AND DISTANT MOONLIGHT. Velvetude poursuit sur les douceurs de Dreams avec de belles orchestrations et un mellotron qui lance des lamentations féminines sur un tempo qui va en s'éveilla sur de fines percussions, juste avant de verser dans Just an Illusion et son synthé aux souffles spectraux. C'est à ce stade que Lobbam et Turner font leurs apparitions. Le beat est saccadé par les riffs d'une guitare sobre, mais ce qui étonne est le jeu des synthés et claviers. À travers les solos qui coulent d'un peu partout, David Wright façonne des sonorités composites qui dessinent une paranoïa sonore efficace sur un titre qui pourrait fort bien faire le répertoire de Pink Floyd, notamment à cause de la guitare de Lobbam et de ses juteux solos. State of Piece ramène la rythmique à la case départ, un peu comme Procession Under Moonlight. Cry to the Moon-Part 1 suit la tangente musicale de Just an Illusion. Les orchestrations sont splendides et se moulent à un synthé aussi mielleux que fantomatique, des percussions électroniques feutrées et un superbe mellotron qui valse avec une douceur aux sonorités hybrides. State of Confusion est plus corsé avec un synthé aux serpentins métalliques qui éveillent les riffs d’une guitare lourde. Un étrange titre qui croise les sonorités orientales sur un gros rock progressif. Encore là, David Wright nous en met plein les oreilles avec de superbes arrangements et des effets sonores qui frappent fort au travers un synthé aux solos torsadés qui débouchent avec lourdeur dans Cry to the Moon-Part 2, nettement plus lourd et ce même avec un synthé dont la mélodie minimalisme fraye dans une explosion musicale lourde avec la splendide guitare de Andy Lobbam.

Heatwave in Blue sort du contexte mélodieux progressif pour nous diriger dans un territoire plus atmosphérique. David Wright est l'un des rares artistes à produire de l'ambiant riche et palpable. On se croirait dans un désert de space-cowboy avec un cavalier solitaire qui chevauche un rythme flou sur une pulsation basse et croissante. Une belle atmosphère sous des effets sonores à la Klaus Schulze et un synthé aux accords d'une guitare country et aux souffles sombre avec un mellotron austère et des effets sonores de sabots folâtres. Un léger piano allume les flammes de Amorphous avec des accords sombres et nostalgiques. Un rythme zigzagant emprisonne ce piano qui voyagera dans une progression rythmique nerveuse et hachurée, nappée de chœurs féminins, d'un synthé en boucle et d’un mellotrons valsant. States of Bliss offre une intro morose avec piano et une guitare esseulée qui se lamentent dans le néant, avant de glisser sur une deuxième partie plus rythmique avec un très beau jeu de percussions et un synthé aux ondes du Moyen Orient. Un autre très beau titre. On peut établir un parallèle entre ses 2 dernières pièces avec Sun Dust et The Canyon, sauf que The Canyon est aussi lourd que mélodieux avec une approche sensuelle sur de très beaux arrangements orchestraux et une superbe guitare qui s’enroule autour d’un mellotron saisissant. Un titre fort qui conclut un bon album où David Wright n'a rien laissé au hasard. Bien au contraire, à date DREAMS AND DISTANT MOONLIGHT est sa plus belle production et son côté musicale est très près du délicieux et classique Walking with Ghosts. Très beau pour ceux qui cherche en la musique un antidote à la froideur hivernal…Encore une fois, j'ai dépassé mes 30 lignes!

Sylvain Lupari (23/11/11) *****

SynthSequences.com

Disponible au AD Music

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