• Sylvain Lupari

DIGIALSIMPLYWORLD: Tout Devient La Musique (2013) (FR)

Tout Devient La Musique est un album ambiosonique saisissant et construit autour d'une faune sonore à faire saigner les tympans

1 Flame of Earth 7:51

2 One Light Day from Home 6:42

3 Un Lieu où Tout Devient la Musique 6:01

4 Konradopulosuss 8:04

5 Amnesia 8:27

6 Time Travel 8:06

7 Year 2013 9:37

8 Year 2058 8:26

9 Tout Devient la Musique 12:25

10 Fin de Siècle 5:40

DigitalSimplyWorld Music

(DDL 81:18)

(Ambient industrial landscapes)

De sombres brises s'élèvent du néant, éveillant des battements métalliques dont les coups aléatoires se réverbèrent en un écho qui recouvre Flame of Earth d'une surréaliste nappe ambiante. Il y a pluie sur cette terre d'ambiances. Comme il y a pluie tout autour de TOUT DEVIENT LA MUSIQUE. Une pluie où les gouttes cristallines éclatent sur le sol en s'émiettant. Leurs cercles terrestres se perdent en bruits blancs, allumant la danse des grésillements dont les crépitements alimentent la noirceur endémique d'un silence qui hurle de ses mâchoires invisibles alors que le rythme moiré de Flame of Earth se dérobe comme un train fuyant l'agonie. “Le bruit est une malédiction de la musique, son enfant indésirable, rejeté à l’accouchement et rendu à un inconnu. Bien placé, le bruit devient un élément cohérent de l’espace musical.” Ces paroles sont de Marcin Melka et dépeignent à merveille l'univers imprégné de corrosivité harmonique de DigitalSimplyWorld. TOUT DEVIENT LA MUSIQUE est un puissant album ambiosonique qui s'arme de rythmes flous et de mélodies fantômes qui se perdent dans une faune sonique à faire saigner les tympans. Mais une fois ces oreilles accoutumées aux ambiances bruiteuses de DigitalSimplyWorld; tout devient musique.

One Light Day from Home épouse le même pattern ambiosonique psybient du titre d'ouverture. Les ambiances y sont plus denses. Nos oreilles confondent les gouttes de grisailles métalliques, les respirations électrostatiques, les bruits de pas perdus et les souffles de minotaures qui flottent sur une toile de fond tissée par des brises de synthé aux souffles sombres. Et c'est la grande différence entre The City Dark Synth et cet album. DigitalSimplyWorld tricote un jardin sonique toujours intense et bien dru, sauf qu'il y ajoute une touche de musicalité avec des harmonies ectoplasmiques, Konradopulosuss, qui fredonnent sur d'ambiants rythmes abstraits, comme dans Time Travel ou encore Fin de Siècle. Un Lieu où Tout Devient la Musique est particulièrement bien réussi à ce niveau. Des échantillonnages vocaux étendent une aura échoïque qui roule en boucle, forgeant un délicat rythme qui déferle dans un univers de chuchotements paranoïdes. Assez troublant! Amnesia? Eh bien le titre dit tout. C'est une intense phase ambiante où tous les souffles des âmes noires tissent un lent vol cérébral. J'aime ces dérangeantes voix de la finale, tout comme la faune organique qui stimule l'écoute du très ambiosphérique Year 2013 où les cognements d'un train roulant sur des rails de bois forgent un étrange rythme monophasique. Year 2058 est plus intense, voire apocalyptique. La pièce-titre est tout simplement splendide. DigitalSimplyWorld répertorie toute sa palette sonique et l'assemble en une très belle mosaïque où les bruits forment des harmonies disparates qui fredonnent sur des rythmes aussi abstraits qu'ambiants. On se croit dans une grotte comme dans un grand centre-ville déserté ou encore dans une forêt mythique où la ligne entre la sensation d'être entre deux univers est plus que tangible. Ce dernier parallèle reflète toute la dimension de TOUT DEVIENT LA MUSIQUE; un album où les bruits ressuscitent des rythmes et des harmonies abandonnés dans leurs colères d'avoir été ignoré depuis le début des temps.

Sylvain Lupari (24/01/14) *****

SynthSequences.com

Disponible au DigitalSimplyWorld Bandcamp

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