• Sylvain Lupari

DIGITAL HORIZONS: The Movement of Mercury (2020) (FR)

Si vous aimez les symphonies cosmiques liées à des rythmes ambiants, vous ne pouvez pas manquer ce dernier album de Digital Horizons

1 So Near the Source 7:45

2 Deep Space Diaries 7:26

3 Immeasurable 6:21

4 Plasmatic 10:09

5 Mission One 10:02

6 The Movement of Mercury 20:48

7 Distance Learning 13:53

Digital Horizons Music

(DDL 76:28)

(Sequencer-based ambient beats)

Si vous aimez les lentes symphonies cosmiques, vous ne pouvez pas passer à côté de ce dernier album de Digital Horizons! Structuré sur de lents mouvements qui peu à peu explore les dimensions du séquenceur, MOVEMENT OF MERCURY est ce genre d'album qui n'a aucun obstacle afin de nous charmer. De lent à une finale aux parfums de Steve Roach exploitant son séquenceur dans une vision aussi éthérée qu'animée de paisibles rythmes ambiants, cet excellent album de Justin Ludford atteint un niveau exceptionnel que le musicien Anglais n'a jamais atteint. Du moins, de ce que je connais de lui!

Immersif et enveloppant, So Near the Source est un titre atmosphérique lent qui se déplace par sa collection d'implosions ronflantes. Les nappes de synthé ont des teintes opalescentes et leurs aspects givrés donnent une sonorité cuivrée qui se multiplient et s'accrochent en une immense toile avec des déplacements bourdonnants et des moments d'intensité égaux à ceux de Michael Stearns dans Chronos. C'est un titre léthargique pourvue d'une étonnante intensité qui s'explique par le rayonnement statique de ses bourdonnements. Nous avons toujours cette impression d'être dans les univers cosmique du musicien californien avec Deep Space Diaries et ses arpèges miroitant dans des riffs de clavier/synthé qui tournent dans un cosmos rempli d'étoiles, de leurs murmures et de leurs scintillements. Sans rythmes programmés, les ambiances, comme la musique, devient un magma sédentaire qui avance en tournant lentement sur lui-même avec sa masse d'accords limpides. Des accords qui se détachent pour engendrer une chorégraphie cosmique où le vide flirte même avec ces tonalités et qui nous plonge dans une phase cosmique silencieuse. Les riffs résonnent alors comme des carillons et son ombre réverbérante étend un tissu permanent qui secoue notre somnolence avec un rythme spasmodique inattendu. Un rythme qui nait un peu après la 5ième minute, plongeant ces riffs léthargiques dans une structure flirtant même avec un zest d'Électronica. Immeasurable tombe aussi dans nos oreilles comme un cadeau inattendu dans une œuvre cosmique. Tout d'abord son débit est vif et sec. Justin Ludford prend une séquence, l'isole et la fait danser sur place comme un ressort rythmique flirtant avec les complexités atmosphériques du synthé. La séquence suit la courbe des ambiances structurées par une ligne de basse irradiante de sa portion rythmique ainsi que des accords résonnants et juteux du synthé/clavier. Le panorama reste cosmique avec des lignes de synthé sifflant la sérénité et des nappes de brouillard bleu. Un très bon titre! Après une lente ouverture fondue entre des lignes et des filets de voix azurés suivant une montée processionnelle, Plasmatic s'éveille au son d'un genre de clavecin jouant en alternance avec un clavier. La séquence structure une procession austère ornée de bijoux tonals et de séquences alternatives qui scrutent des possibilités rythmiques parallèles à ce flegme cadencé anglais. Tout au long, des arpèges miroitant se tiennent en une masse fantôme qui irradie un peu plus dans la sphère de tranquillité de ce titre qui scindera deux fois plutôt qu'une son rythme robotique et l'effet statique des miroitements de ses arpèges.

Bâtit en trois phases cachant quelques étapes de rythmes, Mission One se nourrit d'ondes cosmiques qui se massent en un amas sonore dérivant qu'une ligne de rythme sautillante pique de morsures spasmodiques. En fait, ces figures de rythmes sont ensevelies par une masse sonore toujours en développement, structurant ces rythmes que l'on perd d'oreilles tant tout ce qui les entourent devient opaque. La ligne de basse assure la survie de ces rythmes que l'on peut entendre s'articuler lorsque les voiles de ces ambiances se distancent, mais ça reste de courts moments dans une structure alambiquée. Les 9 premières minutes de la pièce-titre sont nourries dans les essences de la pièce d'ouverture, soit une longue phase ambiante. Sauf qu'ici la couleur du son est plus acuité alors que des accords se décollent pour devenir ces étoiles pétillantes dont les miroitements ajoutent à la latente éclosion de la musique. On sent d'ailleurs une certaine vélocité s'emparer de The Movement of Mercury lorsque plus d'accords se détachent pour danser avec les étoiles. Certains accords ont un élément percussif. Et toujours, ce long titre éponyme à THE MOVEMENT OF MERCURY nous convie à cet effet d'apesanteur qui marque le réalisme du titre. Je suis profondément ému lorsque le mouvement se met à tourner sur lui-même avec une mélodie qui hante mes nuits depuis toujours reste accrochée au lent tourbillon de The Movement of Mercury qui épouse maintenant un Berlin School ambiant avec son élan rotatoire plus accéléré. Entre M'Ocean et Structure from Silence, The Movement of Mercury s'installe confortablement au rang des titres à m'avoir injecté une dose de frissons et qui deviendra un éternel compagnon pour mes prochaines nuits. Splendide, majestueux et incroyablement touchant. Je crois que ce titre aurait dû terminer l'album, sauf que Distance Learning n'a soufflé son dernier battement. Dans une structure d'ambiances qui correspond à ceux trouvé ici, ce dernier titre à MOVEMENT OF MERCURY nous amènes vers un rock électronique chromé ambiant avec un espèce de canon rythmique qui s'apparente aux premiers mouvements de séquenceur de Steve Roach dans Now & Traveller et Stormwarning. Un superbe album mes amis!

THE MOVEMENT OF MERCURY est la preuve par 10 qu'il faut prendre le temps de bien écouter une musique avant de jeter son contenant aux orties. Ma première communion avec cet album ne m'avait procuré rien de bon. Et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive avec un album de Digital Horizons. J'avais retenu que la musique était ambiante et c'est lorsque j'ai eu le goût d'entendre un truc nouveau et ambiant, je me suis enfoncé l'album entre les oreilles. Vous dire les émotions qui me sont venus en découvrant cet album serait prendre encore trop de temps dans cette chronique. Allez au moins l'écouter sur son site Bandcamp. J'attends vos commentaires!

Sylvain Lupari (01/01/21) ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Digital Horizons Bandcamp

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