• Sylvain Lupari

EDGAR FROESE: Stuntman (1979) (FR)

Cet album est un tournant dans l'histoire de la MÉ en combinant des titres harmonieux courts comme longs et des tonalités actuelles avec celles de demain

1 Stuntman 4:13

2 It Would be Like Samoa 10:40

3 Detroit Snackbar Dreamer 6:26

4 Drunken Mozart in the Desert 9:53

5 A Dali-Esque Sleep Fuse 8:26

6 Scarlet Score for Mescalero 4:14

Virgin CDV 2139 (1979)

(CD 43:52)

(Berlin School, Progressive EM)

C'est avec ce brillant album que j'ai commencé ma découverte du fascinant univers, et ses paradoxes, d'Edgar Froese. Mon ami Bernard avait tenté de m'amener dans cet univers avec Epsilon In Malaysian Pale. Mais non, je n'étais pas encore prêt selon ses dires. Mais j'ai succombé aux charmes de STUNTMAN avec des titres comme Stuntman, Drunken Mozart in the Desert et A Dali-Esque Sleep Fuse. Et lors des conversations à propos de ces derniers 2 titres, qui débutaient la Face B du long-jeu, le mouvement ambiant et ses dépendances chthoniennes de Scarlet Score for Mescalero fit tranquillement son nid. Dans ces 24 minutes de musique, j'ai été estampillé à jamais par la musique d'Edgar Froese et de son Tangerine Dream, comme pour la musique de Mike Oldfield, Yes et Led Zeppelin. Mes artistes et groupe-culte. Le son? C'est beaucoup plus tard et en m'intéressant de plus en plus à la MÉ que j'ai découvert qu'Edgar avait travaillé pour la première fois avec un synthé digital, le PPG et ses tables d'ondes sonores. Ça se glisse bien dans une conversation, mais ça démontre par-dessus tout cette curiosité qui a toujours poussé Edgar W. Froese vers des nouveaux horizons. Comme ici, sur STUNTMAN.

La pièce-titre exploite une approche en forme de zigzag du séquenceur qui structure un rythme fluide avec des boucles qui s'entrecroisent. Mais ce n'est pas l'attrait de Stuntman. C'est plutôt le synthé qui tisse de merveilleux solos se transformant en mélodies et revenant en solo dans un remarquable 4 minutes tout simplement magnétisantes. Je ne suis pas tomber en amour du premier coup avec un titre aussi complexe que It Would be Like Samoa. Je vous rappelle qu'à l'époque, le titre Stratosfear était le seul que j'aimais de Tangerine Dream et que j'écoutais Phaedra le soir pour m'endormir. Donc, mes connaissances sur TD étaient assez limitées. Mais j'ai toujours été attiré par les sons, les effets sonores et surtout ceux qui avaient une résonances percussives. Titre séparé en 3 phases It Would be Like Samoa débute avec des effets réverbérants distordus d'où s’échappent une belle flûte dont le roucoulement très onirique chante sur une structure légèrement spasmodique du séquenceur. Des effets percussifs pétillant comme un nid de grésillements solidifient la base rythmique alors que les harmonies du chant prennent une tangente plus progressive avant de revenir dans une structure chthonienne bien soutenue par un séquenceur dont le débit fluide accueille des chants mythiques du synthé. On retrouvera les essences de ce titre dans Drunken Mozart in the Desert. Mais avant il y a Detroit Snackbar Dreamer qui débute entre autres avec une faible pulsation rythmique étendant son amplitude dans une vision désertique. Le synthé est tout simplement hantant dans ce titre. Ses hautes notes jouent avec le côté nébuleux de ses chants plus bas, alors que doucement le séquenceur fait danser ses ions dans des nuages de poussières métallurgique. On oublie l'aspect des orchestrations dans STUNTMAN. Ici il font progresser cette fascinante marche ambiante qui pourrait exploser à chaque instant. Mais Edgar garde ça pour le titre suivant.

Combien merveilleux est ce Drunken Mozart in the Desert!? Et à chaque fois que le tadam dadam tamtam se fait entendre autour des 5:40, le duvet de mes bras se transforment en de longs poils blonds tirés vers les cieux! Avant, il y a son ouverture qui ressemble effectivement à une vision désertique. Une grosse bibitte volante vient agresser cette vision, amenant les ambiances vers un rythme sautillant avec des tonalités organiques dans l'écho de ses battements. Il y a d'étranges effets de voix, mais ils se fanent dans ce rythme élastique qui accueille le fascinant staccato ambulant des orchestrations. Le synthé reste fascinant avec son chant et ses effets, alors que les deux structures de rythmes tissent un background riche et hypnotisant. La musique est mélodieuse et son rythme claudiquant est tout simplement savoureux. Ces deux éléments arrivent vers une aire de repos où se trouve le fameux 5:41. Doucement, Edgar fait entendre le synthé et son air de violon aussi saoul que le rythme qui déambule avec une cohésion tellement harmonieuse que l'on fond lorsque ces solos de synthé très pointus nous arrache un soupir d'émerveillement. Un classique! Et tout un vrai! Les solos de guitare qui accentuent leurs charmes électrique sur le rythme fluide mais jamais cohérent de A Dali-Esque Sleep Fuse sont la meilleure réponse à ce titre extrêmement puissant qu'est Drunken Mozart in the Desert. Deux titres splendides dos-à-dos et dont la finale aussi de A Dali-Esque Sleep Fuse est conçue dans le génie. Scarlet Score for Mescalero termine STUNTMAN dans une enveloppe atmosphérique sombre. Il n'y a pas de rythme ici, juste des solos de synthé torsadés qui chantent avec des fausses mais délicieuses fausses notes sur un nid de grésillements et de matières sombres, propres à l'univers de Tangerine Dream. Une excellente façon de conclure un album sculpté dans les visions avant-gardiste d'Edgar Froese.

Comme bien des albums dans l'univers des reprises, de remasters et des re-remasters de Tangerine Dream, STUNTMAN a connu plusieurs vies. La meilleure reste l'album original de 1979. On sait que le vinyle n'a pas une vie de qualité immortelle, le premier CD de Virgin reste une belle option. Mais j'attirerais votre attention sur ce superbe coffret de 4 CD; Solo (1974-1983) - The Virgin Years. On y trouve les 5 albums solos d'Edgar sur Virgin dans un très bon remaster et une superbe qualité sonore.

Sylvain Lupari (15/09/06) *****

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