• Sylvain Lupari

EMMENS & HEIJ: The Sculpture Garden (2011) (FR)

The Sculpture Garden est une œuvre majeure et sans doute la plus accomplie de Emmens & Heij

1 Rocky Lumps 10:33

2 Needle Tower 11:45

3 Pallisade 8:04

4 Jardin d'email 14:15

5 Concetto Spaziale Natura 10:53

6 Phyllotaxis 15:19

Emmens/Heij EH005

(CD/DDL 74:26)

(Progressive Berlin School)

Inspiré lors d'une visite au musée de Kröller Möller dans le Parc National de Hoge Veluwe aux Pays-Bas, THE SCULPTURE GARDEN présente 6 titres qui dépeignent la beauté et le mysticisme d'étonnantes sculptures artistiques. Un album où les rythmes lourds et nerveux croisent des atmosphères sombres et expérimentales, ajoutant un défi à nos perceptions sonores et nous amenant aussi aux portes d'un croisement entre le Netherlands School et le Berlin School sur des structures rythmiques qui respirent celles de Jean-Michel Jarre. En fait c'est un album tout simplement exquis où les percussions et les séquences servent de remparts à des structures musicales aussi étonnantes que les sculptures qu'elles représentent.

Rocky Lumps ne perds pas de temps à faire décoller cette 5ième œuvre de Emmens & Heij. Après une intro où des torsades s'échappent avec des sonorités aiguës, les lourdes séquences nerveuses percent une brume métallisée pour s'agiter fébrilement. Des douces nappes de synthé recouvrent ces séquences qui alternent avec vélocité, alors qu'une panoplie de percussions se déploie et renforce l'approche rythmique avec une superbe fusion des cymbales, percussions et crotales. Une ligne de basse ajoute plus de chaleur et de profondeur à ce rythme qui se recouvre d'une belle brume métallisée et de beaux solos aux arabesques twistées à la signature de Gert Emmens. Ces puissants solos vont et viennent sur une structure endiablée, où les permutations et modulations nous amènent dans une envoûtante fusion de la Netherlands et la Berlin School. Un peu comme si Tangerine Dream, avec Chris Franke en tête, était des collaborateurs secrets du duo Hollandais. Cette perception prend de plus en plus d'ampleur à mesure que l'on découvre cet album, notamment avec Pallisade et son rythme nerveux et semi-lent qui est submergé par un synthé dont les sonorités rappellent les années du Dream. De loin les 2 titres les plus furieux de THE SCULPTURE GARDEN. Needle Tower est plus nuancé dans son approche rythmique. C'est un titre lugubre qui débute avec des souffles cosmiques rauques, des sinueuses et lourdes oscillations et de délicates pulsations sur une ligne séquencée. Une intro ténébreuse qui est cernée de stries inquiétantes et d'une brume empreinte de mystère qui progresse dans une ambiance lourde où les sphères des cerceaux métalliques s'entrechoquent entre de délicieux solos langoureux. Des solos aux saveurs brumeuses qui encerclent la portion montante de ce titre qui connaîtra une exquise explosion vers la 8ième minute avec des percussions crotales et des clefs d'un clavier mélancolique.

Après une brève intro atmosphérique, Jardin d'email se réveille avec un mouvement du séquenceur qui sautille sur les cendres de son intro. Ces séquences aux oscillations sèches palpitent convulsivement à travers les souffles et solos synthétisés pour s'acoquiner à de belles percussions dont les cliquetis acoustiques charment constamment. Sur ce rythme sobre, Jardin d'email continue son ensorcelante progression où les suaves solos s'effacent pour laisser entrer une brume cosmique qui libère des chœurs errants et d'étranges voix d'outre espaces. C'est un beau passage atmosphérique qui s'écrase sur des percussions plus nourries, modifiant ainsi un axe rythmique devenu plus lourd par la présence des solos d'un synthé aux diverses personnalités musicales et d'une séquence plus pesante qui arpente un rythme dont les fines variations convergent vers une éclatante finale. De multiples sonorités éclectiques initient l'étonnant Concetto Spaziale Natura. Lentement ces éléments d'une noirceur abyssale sont poussés par de lentes oscillations, dessinant d'oblongues arches sonores pour nous plonger dans un univers chtonien où réminiscences d'un Tangerine Dream, d'un Klaus Schulze vintage et d'un Redshift plus contemporain suintent plein les oreilles. L'ouverture de Phyllotaxis continue de croître sur des racines atmosphériques, effleurant même au passage les ambiances de Tangerine Dream sur Force Majeure. Une belle introduction où cogite une séquence spasmodique qui se faufile à travers une brume irisée, des chœurs glacials et des pulsations résonnantes pour émerger de sa cadence croissante vers un rythme soutenu par de jouissives percussions et des nappes de synthé rêveuses. Le mouvement permute en subtilité avec des séquences plus nerveuses et des percussions crotales qui redéfinissent une autre rythmique infernale, bercée des solos d'un synthé onirique.

THE SCULPTURE GARDEN est une œuvre majeure et sans doute la plus accomplie du duo Emmens & Heij. C'est un album puissant qui est dans la continuité de Silent Witnesses of Industrial Landscapes avec des rythmes enflammés qui croisent des ambiances intrigantes et d'autres dont les mystères sont finement fignolés. Les percussions nous amènent aux frontières des rythmes de JM Jarre alors que les séquences de Ruud Heij nous ramènent inévitablement à l'ère Chris Franke de Tangerine Dream. Mais sa force principale réside dans l'exploration plus concrète du duo dans ces sphères d'ambiances qui sont plus développées que les habiles solos de Gert Emmens.

Sylvain Lupari (15/10/11) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Emmens & Heij's Bandcamp

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