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  • Sylvain Lupari

Erik Wollo The Shape of Time (2023) (FR)

Un superbe album de beats ambiants qui n'a rien à envier à un des meilleurs de 2020

1 The Shape of Time 1 4:18

2 Le Paysage 5:45

3 Earth Trek 6:48

4 Nebula 4:43

5 Midnight Sun 6:39

6 Transformation 7:15

7 The Shape of Time 2 5:34

8 Runestones 6:46

9 Blue Epilogue 7:05

10 Slow Swirl 7:43

Projekt Records PRO404

(CD/DDL 62:30) (Ambient Music Ambient Beats)

Le temps est une notion qui sert à mesurer ces distances abstraites entre hier et demain. C'est le terme désigné par les sages, ces scientifiques et penseurs des premières époques, afin de donner un âge aux diverses étapes de notre évolution. C'est aussi le thème du dernier album d'Erik Wøllo qui est devenu un maître dans l'art d'exploiter ces thèmes abstraits qui entourent notre univers. Disponible le 23 janvier sur l'étiquette américaine Projekt Records, THE SHAPE OF TIME fera partie des plus beaux albums du barde norvégien. Avec ses 8 titres répartis sur plus de 62 minutes, le guitariste-synthésiste scandinave met en musique les panoramas de son pays nordique dans des textures méditatives qui sont finement animées par ces rythmes ambiants, stimulant ainsi encore plus le pouvoir de notre imagination. La balance est parfaite entre ces zones de sérénité et ces rythmes où nos neurones dansent avec cette vision de flirter avec le temps.

The Shape of Time 1 nous convie à ce nouvel album avec une onde musicale qui scinde sa portée entre une nappe de voix célestes et une couche de synthé dont la chaleureuse ombre dérive dans les songes de ces voix séraphiques. Sans vie rythmique, le mouvement plane doucement jusqu’à ce qu'il se transforme en brises creuses qui sont porteuses de cristaux sonores. Des ombres d'une basse sculptent de discrètes élans fantômes, rappelant que rien n'est immuable dans l'univers d'Erik Wøllo. Nos oreilles bien emmitouflées dans ce décor où le froid courtise son contraire, Le Paysagesuit avec un effet de stridulations qui grignote une onde de synthé céruléenne. Le souffle d'une nappe de basse injecte une aura lyrique à ces ambiances qui se transforment en un délicat rythme passif. Les battements résonnent en suspension, alliant rythme ambiant à mélodie méditative sur une très belle rêverie musicale qui prend un second élan avec l'arrivée des percussions quelques secondes après la 2ième minute. L'ombre du rythme projette un savoureux effet miroir, condensant son écho dans un rythme ambiant soutenu. Erik orne le tout avec des accords de sa guitare électrique qui répondent de façon harmonieuse à l'écho du rythme ambiant. Le Paysage devient infiniment touchant lorsque des larmes de guitare se mettent à y pleuvoir. Un très beau titre! Le barde scandinave étale son savoir en proposant une gradation dans l'ordre des titres de ce THE SHAPE OF TIME. Earth Trek propose donc une structure plus près du rock électronique avec un très bon jumelage d'éléments de percussions, dont certains ont cette tonalité de sabots en bois qui s'entrechoquent dans le vide, et un débit semi saccadé du séquenceur. Un nuage de brume orchestrale et de voix d'anges fredonne sur ce rythme qui établit une bonne interaction avec nos neurones. On peut y dormir certes, comme on peut y danser la tête dans les nuages. La guitare est sorcière avec ces lamentations chartreuses dans les ambiances plus sibyllines de Nebula. Ses brises creuses et ces voix apeurées ne sont pas étrangères à cette vision ténébreuse qui encercle les ambiances de ce titre purement méditatif.

Midnight Sun est un titre qui vous donnera une bonne poignée de frissons avec sa guitare de bluesman qui pleure dans les soupirs d'un clairon séraphique et de sa chaude tonalité flûtée. Les orchestrations, sans oublier les échantillonnages d'une nature mécanique, sont des éléments de cette tendresse qui pave la voie à la guitare. Des gémissements de synthé coulent sur une onde de synthé austère dans l'ouverture de Transformation. Cette ouverture sibylline, qui rejoint les ambiances de Nebula, est décorée de tintements et de fascinants effets de clapotis organiques. Des chatoiements s'ajoutent graduellement à mesure que l'onde étale sa présence ascensionnelle qui est tissée dans l'ombre de sa passion. Ces moirures deviennent une légère séquence de rythme abstrait dont les fines saccades s'accompagnent d'un chant du synthé découpé en boucles dans un firmament sonore occupé par une nappe de grondements et une lointaine mélodie fredonnée par une chorale sans âmes. The Shape of Time 2 reprend un peu la même thématique de sa première partie mais avec une vision légèrement plus intense, comme un peu plus ténébreuse. Runestones émerge tranquillement de son ouverture atmosphérique pour faire entendre un rythme aussi doux et méditatif que celui de Earth Trek. Son ascension circulaire est guidée par d'étonnants effets percussifs qui tintent dans une autre dimension de brume orchestral. Ces tintements, des riffs de guitare et clavier ainsi que des séquences complètent ce séduisant pattern rythmique. Un autre très beau titre dans cette superbe collection du barde norvégien auquel il faut aussi ajouter Blue Epilogue, qui emprunte de cette potion rythmique de Earth Trek avec des claquements de sabots qui résonnent dans une structure de rythme méditative. Slow Swirl nous aide à redescendre de ces nuages musicaux comme poétiques conçus par Erik Wøllo pour le confort de notre incubation méditative de 62 minutes. Ce titre purement ambiant nous extirpe de ces structures de rythmes où nous dansons avec les étoiles, avec nos songes, dans une belle glissade atmosphérique qui respecte le sens de son titre.

THE SHAPE OF TIME est un très bel album qui n'a rien à envier à Convergence, un des plus beaux albums de 2020. Voguant sur la poésie de sa sensibilité, la musique s'écoute d'un bout à l'autre, nous aidant à imaginer des panoramas qui n'existent que dans l'imagination. Avec adresse, Erik Wøllo nous extirpe de ces rêveries pour nous extasier devant le lyrisme de structures de rythme conçues pour nous maintenir à cheval entre ces deux pôles. Là où ses formes abstraites du temps deviennent des phases plus figuratives.

Sylvain Lupari (06/01/23) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible chez Projekt Records Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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