• Sylvain Lupari

FABER: Floating Waves (2020) (FR)

Lorsque la seule chose de négative à dire sur un album est qu'il est trop facile à aimer, on dit rien de plus! Ça veut tout dire

1 Floating Waves 5:05

2 Heart of a Modular 8:02

3 Alone at the Beach 8:00

4 Lost my Soul 5:55

5 Melancholique Part One 7:59

6 Breath 8:22

7 Endless Time 5:23

8 Tibeteria 4:35

9 Spacenights 6:30

10 Vocalise 3:38

11 Wade in Blue Waters 5:36

MellowJet Records cdr-fa2101

(CD-R/DDL 66:09)

(E-Rock, New Age, Cosmic Rock)

De flottantes nappes orchestrales et chloroformiques nous guident vers Floating Waves. Le lent mouvement nous enveloppe de ce tissu onirique qui fait que la musique de Faber soit si belle. Les percussions débarquent 60 secondes plus tard. Elles adoptent la courbe flottante de cette première onde de mélodie qui passe le flambeau à un synthé dont les souffles chaleureux ne font que nous liquéfier sur place. Si les effets percussifs et ces éléments de percussions, déréglés par rapport au rythme initial, charment, il en va tout autant du synthé dont la ligne mélodieuse chante parmi les étoiles. La pièce-titre évolue avec des harmonies plus émouvantes, des solos de synthé plus dominants et une enveloppe électronique qui cimente ses éléments dans une parfaite symbiose pour un titre à faire jouer sur le FM. Des effets cosmiques entourent cette ballade morphique qu'une seconde structure de rythme, plus spasmodique, pousse vers une finale secouée par un court mid-tempo.

Deuxième album de Faber en 2020, FLOATING WAVES est une collection de petites perles harmonieuses qui fait du bien à écouter. Simple, mélodieux et accrocheur! Ronald Schmidt est devenu un génie dans l'art de nous faire entendre la même chose, à quelques nuances près, sans qu'on ne s'en aperçoive trop. Il réussi toujours à insérer un truc qui nous fait décrocher de la même rengaine minimaliste qu'il émiette avec un doigté qui mérite notre émerveillement. Et toujours soucieux de trimbaler son fan parmi ses dimensions sonores, il nous pousse aux limites de Dark Sun avec Heart of a Modular et son rythme vampirique qui s'étend comme une nuée d'oscillations fantômes effleurant le sol et où s'époumone un synthé jouant dans les sphères d'un Théramin et de ses harmonies spectrales. Sa finale embrasse les parfums de Jean-Michel Jarre et traversent les frontières de Alone at the Beach, là où nous attend un rythme croissant sur un maillage de pulsations organiques et de sobres percussions. En fait, les deux titres ne font qu'un puisque les solos, qui sont particulièrement très beaux, empruntent les mêmes harmonies et les mêmes essences spectrales que ceux dans Heart of a Modular. Le rythme bat sur un genre de rumba ambiant qui faisait les délices des rythmes cosmiques du musicien français. Même les chants des mouettes est quasi authentique. Nous arrivons à un autre niveau avec Lost my Soul qui est une autre belle ballade électronique de style Français, à cause de la présence d'une accordéon qui fait style rétro dans un décor lunaire délectable pour les oreilles.

Melancholique Part One est un titre construit sur des contrastes. En premier lieu, l'harmonica et les parfums musicaux errant sonnent comme une introduction au Far-West américain. Le rythme qui tombe est doux, comme une autre ballade finement sculpté par Faber qui nous en passe plusieurs sur cet album. Mais il y a toujours un truc qui nous obsède! Et c'est dans les panoramas, les décors qu'on les trouve majoritairement. Mais ici, c'est dans le contraste puisque Melancholique Part One se dirige vers une autre ballade de type Orientale. Le rythme change et devient fluide. Mais fluide avec un accroc qui le rend plus gestuel, plus convulsif comme un effet strobe accidentel. Les solos ont ce parfum de Tangerine Dream ici et le synthé siffle des harmonies tisseuses de vers-d'oreilles. Breath propose un genre d'intro me rappelant les ambiances de Delius de Kate Bush. Mais la forme évolue vite avec une bonne vitesse dans un synth-pop caramélisé par des accords de guitare et de glockenspiel. Faber injecte une dose de relaxation dans ce titre que l'on pourrait facilement entendre sur des plages Jamaïcaines ou de la Barbade. La guitare sculpte un truc simpliste qui prend une autre dimension lorsqu'un xylophone électronique le porte dans un univers de sables et de soleil perpétuel. C'est beau et tellement facile à aimer que ça déroute énormément.

Venant tout juste après, Endless Time, qui est tout de même assez basique, paraît compliqué. Vrai que le titre coule sur une étrange figure de rythme sans rythme apparent sauf pour cette masse rampante. Les lignes de synthé sont comme une lave coulant entre le gestuel sinueux d'un rythme qui prend de plus en plus sa place à mesure que Endless Time avance. Les nappes de synthé sont très lumineuses dans ce titre qui au final possède plus d'une ressources pour plaire. Le problème de Endless Time en deviendra un d'homogénéité puisque Tibeteria nous amène aussi à un autre niveau! D'étranges lamentations berbères d'un univers cosmique coulent sur une rangée de pierre brûlant intensément. Des percussions à la Frankie Goes To Hollywood retentissent au fond des oreilles, laissant penser à de l'Électronica qui s'en vient. Mais non, Tibeteria reste dans on enveloppe tribal-cosmique avec des bruits de pierres qui se fragmentent. Et puis, sa seconde poussée incante un rythme des îles paradisiaques de Sud. Spacenights nous arrive effectivement avec un rythme teutonique cosmique. Un rythme lent, finement martelé afin de laisser le synthé exprimer sa beauté avec d'autres très bons solos stylisés. Un très beau titre alors que Vocalise aurait pu se retrouver dans Voices. Il reste que ses effets vocaux resplendissent d'une éclatante blancheur en ouverture. Le rythme est mou avec son noyau de basses pulsations attachées à ces sobres percussions qui traînent leurs effets percussifs constamment dans cet album. Un rythme fracturé très tôt pour nous laisser en mode attente autour d'autres phases de voix. L'effet aurait été plus beau dans Voices. Des clapotis d'eau entourent l'ouverture de Wade in Blue Waters qui utilise un rythme légèrement saccadé afin de mousser ces solos de synthé qui font partie des richesses de FLOATING WAVES.

Rappelez-vous; simple, mélodieux et accrocheur! Que demander de plus? Quoique certains titres lui ont fait peur, Ma Lise a trouvée ça beau! Lorsque la seule chose de négative à dire sur un album est qu'il est trop facile à aimer, on dit rien de plus! Ça veut tout dire. Un 4 étoiles, parce qu'effectivement c'est très beau et très bien fait par Faber.

Sylvain Lupari (30/12/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au MellowJet Records

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