• Sylvain Lupari

FORREST FANG: The Fata Morgana Dream (2019) (FR)

“Son plus difficile à apprivoiser, mais nous ne pouvons pas résister à cette vaste gamme d'instruments qui sculpte à la fin un voyage au pays des merveilles de Forrest Fang”

1 The Mouth of the Sea 11:15 2 Matted Leaves 6:04 3 Night Procession 5:20 4 Her Fading Image 6:25 5 Lullaby for a Twin Moon 5:51 6 Remembrance Point 7:52 7 Dream of the Last Fisherman 11:34 8 To the End and Back 12:25 Projekt | PROJEKT 356

(CD/DDL 66:52) (Folk & tribal ambient)

Un vent ténébreux, grignoté de poussières soniques, monte et descend, comme une valse en deux temps, afin de porter l'introduction de The Mouth of the Sea vers nos oreilles. De belles orchestrations y flottent, comme des effets de crotales, amenant les vents vers la bouche d'une harpe japonaise. Une brève élocution festive s'ensuit par cet air de danse tribale orientale qui fait partie des parfums sonores de Forrest Fang. Des multicouches de vents et de drones, appuyées de voix sombres, étreignent la fièvre du Koto, enserrant les ambiances dans un tumulte ambiant qui dépassera même les frontières de Matted Leaves. THE FATA MORGANA DREAM est, et de loin, l'album le plus sombre et le moins accessible que l'artiste sino-américain ait produit depuis que j'ai découvert son univers en 2011 avec l'album Unbound. Ce qui est peu dire! La musique y est plus sombre et moins mélodique, exception faite de Lullaby for a Twin Moon, avec une rage contenue dans la puissance des ondes sonores qui sculptent des cauchemars ou mirages. Cela n'en fait pas pour autant un album à proscrire! Toujours très près des territoires de Steve Roach et Robert Rich, qui fait aussi le mastering, la musique de Forrest Fang a toujours ce petit quelque chose de spécial qui charme l'ouïe. Les tonalités du Marxolin sont assez séduisantes dans cet univers complexe qui répond assez bien à la thématique de l'album; soit des formes de mirages qu