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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Fusion of Elements Journey to the Outness Beyond (2023) (FR)

Créativité, audace, étrangeté sonore et rythmes alambiqués ! C'est un solide album de Berlin School progressif

1 There are more Things in Life 6:31

2 Signals from the Deeper Edge 10:15

3 Who are we (dedicated to Carl Sagan †1996) 17:52

4 Passageway In-between Supermassive Black Holes 10:18

5 The Outness Beyond 16:31

6 Pullback to Unknown Space and Time 11:27

(CD-R/DDL 72:57)

(Berlin School, Psybient)

C'est avec une onde de synthé d'une chaleur réconfortante que s'ouvre le très atmosphérique There are more Things in Life. Les ondes de synthé dérivent avec une délicate texture de voix célestes, faisant onduler leurs longilignes membranes dans un ballet cosmique qui flirte avec une vision de musique d'ambiances ténébreuses plus cosmique que gothique. L'appel pour découvrir ce second volume du duo Fusion of Elements est entendu, sauf que ce serait une erreur que de penser que JOURNEY TO THE OUTNESS BEYOND aura la prestance méditative de son premier titre. Bien au contraire! Poursuivant sur les grandes lignes de créativité entendues dans l'excellent Sessions in the Quantum Field, Danny Budts et Joost Egelie proposent un gros 73 minutes d'une musique électronique (MÉ) progressive où le style Berlin School s'allie aux visions de Dark Ambient et de Psybient, hautement créatif, dans un autre très bel album qui vient de sortir sur le label allemand SynGate. Sauf pour ce titre introductif, les 5 autres chapitres de ce nouvel album proposent des structures rythmiques évolutives avec des séquences en mode multilignes et des multiples effets rythmiques dans des panoramas qui réunissent les visions, parfois très antinomiques, de Syndromeda et Sensory++. Mais toujours, nos oreilles baignent dans un univers enchanteur dont les dimensions exponentielles recèlent de moments créateurs de vers-d'oreilles.

Des échantillonnages de voix et des bipbips, sous forme de ventouses sonores, précèdent un long bourdonnement guttural et organique qui cimente nos oreilles à nos écouteurs dans l'introduction de Signals from the Deeper Edge. Des arcs de synthé sonnant comme dans les visions apocalyptiques de Vangelis s'entrecroisent dans un funeste ballet d'ondes aux réverbérations cataclysmiques d'une ouverture axée sur le modèle Dark Ambient ayant une vision catastrophique très cinématographique. Les premiers battements de l'album surviennent à la fin des 3 minutes de Signals from the Deeper Edge. Le rythme est sautillant avec des basses séquences qui ont un peu de cette tonalité organique des bourdonnements initiaux. Épousant une structure ascensionnelle Berlin School, ce rythme galope, tout en donnant l'impression de trébucher sans cesse, dans des plaines intersidérales sous de denses nappes de wiisshh et d'orchestrations lunaires ainsi que ces arches de réverbérations qui donnent une texture ambiant ténébreux au titre. Des tintements cadencés ajoutent encore plus au charme du titre vers sa finale. Who are we (dedicated to Carl Sagan †1996) offre aussi une ouverture avec des échantillonnages de voix, sur un texte de Carl Sagan, avant d'aboutir vers une autre de ces structures de rythme ingénieux qui cette fois-ci est conçue sur des pulsations cadencées dont les succions résonnent sur une matière organique croisée avec du bois. Encerclé par des nappes de voix chtoniennes et de brume maléfique, ce rythme alambiqué vit à travers de multiples textures du séquenceur dans une séduisante complexité évolutive. Ses métamorphoses se produisent autant au niveau de la cadence que de la couleur. Phénomène créatif récurrent dans l'album en passant! De zigzaguant, il devient plus linéaire pour adopter une forme minimaliste. Une seconde ligne émerge vers la 9ième minute. Limpide et plus rapide, elle trace un schéma anarchique avec un effet de dribblage dans les séquences. Un autre phénomène, de même que cette brume emplie de voix chtoniennes et conçue dans des filons métalliques, qui est aussi récurrent dans cet album offert autant en format CD-(r)HQ et en téléchargement 24Bits. Les 2 mouvements entrecroisent leurs différences dans un chassé-croisé rythmique, j'entends même les influences d'Edgar Froese ici, dans une structure complexe et garnie de nombreux effets sonores qui rendent justice aux nombreuses possibilités et complexités des synthétiseurs. Ce titre est aussi puissant que Through the Electron Clouds dans le premier album du duo Belge.

Bruits de fond intergalactique et vives pulsations circadiennes, Passageway In-between Supermassive Black Holes laisse aller un très beau mouvement du séquenceur qui fait gambader ses accords rythmiques avec une nonchalance virginale. Ces deux structures sautillent dans une vision asymétrique jusqu'à ce qu'une 3ième ligne de rythme émerge quelques secondes après la 4ième minute. Cette nouvelle ligne est plus en parallèle avec la seconde, créant une séduisante symbiose qui se déroule dans un tissu atmosphérique comparable aux 3 précédents titres de JOURNEY TO THE OUTNESS BEYOND. The Outness Beyond présente une longue intro atmosphérique avec effets sonores usuels au genre. Le titre se développe en une structure de rythme galopante avec un effet de dribblage des ions sauteurs alors que les denses nappes d'orchestrations lunaires lui donnent un effet de ralenti, tout comme cette ligne de basses séquences au rythme élancé et aux vibrations grommelantes dans le ton. Les riffs de guitare complètent ce décor alors que les percussions ajouteront plus de muscle et de vélocité à une structure qui devient alors un bon rock cosmique et progressif électronique. Pullback to Unknown Space and Time termine ce second volet de créativité sonique du duo belge avec une lente évolution poussée par une structure de rythme construit par phases. L'ouverture est similaire aux 5 autres chapitres dans une structure de Berlin School minimaliste. Le mouvement est délicatement saccadé et son va-et-vient est encerclé par un synthé dont les chants aigus font contrepoids aux battements furtifs d'une structure de rythme évoluant en secret. Et comme rien n'est conçu dans la simplicité autour des 6 axes de cet album, une fascinante structure adjacente s'insère et sa tonalité alambiquée, on dirait un langage aviaire, glisse en arrière-fond, rappelant les sortilèges sonores de Robert Schroeder au sommet de sa créativité. L'effet dramatique se traduit par l'apparition surprise d'un piano après la 5ième minute. Un court moment de confusion avant que Pullback to Unknown Space and Time se met à revivre dans une seconde moitié encore plus complexe que sa première.

Créativité, audace, étrangéités sonores et rythmes alambiqués, JOURNEY TO THE OUTNESS BEYOND affiche un solide 73 minutes d'une MÉ conçue pour plaire à ces oreilles désireuses de caresser un univers de sons et de rythmes qui se dégustent les oreilles béates. Fusion of Elements transcende les structures de la Berlin School progressive dans cet album qui est aussi solide et séduisant que Sessions in the Quantum Field! À se procurer sans hésitations.

Sylvain Lupari (28/01/23) ****½*

Disponible au SynGate Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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