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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Imaginary Landscape Auf der Suche nach der verlorenen Stille (2023) (FR)

Un gros 4 étoiles parce que dans le fond, c'est aussi génial qu'audacieux!

1 Im Nirgendwo 6:34

2 Auf den Strassen 8:29

3 Von draussen und drinnen 5:45

4 In sternenklarer Nacht 5:13

5 Im Zwischenraum 7:28

6 In eisiger Kälte 6:27

7 Tief im Zauberwald 6:59

8 Nah und fern 4:01

9 Weit unten 7:06

10 Auf dem verwunschenen See 5:09

11 In Abgeschiedenheit 5:06

12 Werde still und höre 6:48

(DDL/CD-(r) 75:05)

(Ambient Experimental)

AUF DER SUCHE NACH DER VERLORENEN STILLE (In search of the lost silence)! On pourrait croire qu'avec un tel titre, Imaginary Landscape nous propose un doux rendez-vous avec de la musique méditative. Eh bien, non! Pour son récent album sur SynGate, et sa division Luna, Hans-Dieter Schmidt s'est adjoint les services de Michael Hoffmann qui joue de la batterie, des percussions et divers instruments de musique électronique. Il en résulte en un album dont le tumulte des percussions amènent l'auditeur vers des zones de musique progressives quasiment expérimentales où M. Hoffmann semble totalement déconnecter des visions du musicien-synthésiste qui fait aussi partie du projet Bridge To Imla, avec Michael Brückner. C'est d'ailleurs là que j'ai entendu la musique de celui qu'on appelle affectueusement HaDi pour la première fois. Oscillant entre les frontières nébuleuses de Nothing Left Behind et celles un peu plus accessibles de Undiscovered Landscapes, ce 3ième opus de Imaginary Landscape est pas vraiment facile à apprivoiser. La musique et ses ambiances, ténébreuses comme orchestrales cinématographie et même éthérées, sont pulvérisées par une approche paradoxale, pour ne pas dire sauvage, de Hoffmann vis-à-vis celle de HaDi. Cela donne des structures rarement purement ambiantes, et elles sont très belles lorsque c'est le cas, souvent cacophoniques et même tribales qui supportent quelques belles approches de mélodies méditatives.

Im Nirgendwo (Nulle part) annonce les couleurs de ce nouvel album de Hans-Dieter Schmidt avec une approche de mélodie mélancolique sur un fond de rythme qui cherche à sortir des broussailles bourdonnantes que le synthé tisse en arrière-plan. Le titre amorce sa montée vers nos oreilles avec des accords à la tonalité acoustique qui marquent sa cadence harmonique. Une lisière de brume irisée flotte derrière, tandis qu'une flûte enchanteresse caresse nos oreilles avec un air nostalgique. Un voile de bourdonnement sème la pagaille lorsqu'il remplace l'onde irisée. Des cymbales dansent des claquettes et des percussions tambourinent un rythme plus tapageur qu'entrainant. Une approche qu'on va entendre assez souvent dans AUF DER SUCHE NACH DER VERLORENEN STILLE. La bourrasque qui à l'origine de Auf den Strassen (Dans les rues) se transforme en un long mugissement industriel. Michael Hoffmann tambourine un rythme sans structure qui se perd dans ce longue lisière sonore de bruissements où palpite férocement un cœur industriel. Les percussions tribales martèlent un rythme à la démesure des structures cacophoniques de Nothing Left Behind que des carillons tentent de recouvrir d'une vague approche de mélodie spirituelle. Le synthé reprend sa place avec des ondes issues d'une couleur d'alliage métallique qui ondulent sous différents effets sonores, dont des chevrotements d'une matière non répertoriée. Le clavier arrive tout de même à sculpter une mélodie très hypnotique vers la finale du titre. Von draussen und drinnen (De l'extérieur et de l'intérieur) suit avec une ouverture paradisiaque, dans le cœur d'une forêt où vivent les oiseaux les plus exotiques. Une ombre bourdonnante encercle cette ouverture, chassant aussi les oiseaux dont seuls les tapageurs qui restent cognent sur les arbres. Une douce ombre flûtée émerge autour de la seconde minute. Son chant éthéré est bousculé par des frappes de percussions aléatoires. Ce chant persiste et ondoie comme une flamme musicale pour un bon moment avant de se dissolver dans ces tambours assourdis et des froissements métalliques. C'est une finale d'ambiances plus ténébreuses, un peu comme si notre intérieur était une forme d'enfer. In sternenklarer Nacht (Par une nuit étoilée) est un titre plus musical avec un beau piano qui éparpille ses notes mélancoliques sur un tapis de brume métallique du synthé. Les orchestrations sont dans le ton, étant assez poignantes. Les percussions ne sont pas trop dissonantes, sauf pour le froissement des cymbales vers la toute fin qui gâche un peu la vision très poétique du titre. Le berceau, le sceau de Imaginary Landscape! Les ambiances dans Im Zwischenraum (Dans l'espace entre) sont au diapason de son titre. La première partie est purement atmosphérique cosmique avec des nappes de synthé et des orchestrations qui rayonnent sur un lit de bourdonnements lié à la propulsion d'une navette dans l'espace. La seconde partie, soit un peu après la 4ième minute, fait entendre les résonnances d'accords graves qui irradient sur des claquements sonores et des orchestrations de dimension dramatique. La sensation de vide, d'un trou noir, nous aspire l'ouïe vers la finale. La sensation est dérangeante. On entend le froid geler, craqueler et se fendiller dans l'ouverture de In eisiger Kälte (Dans le froid glacial). Une ombre orchestrale recouvre les premiers moments méditatifs que Michael Hoffmann, absent dans In sternenklarer Nacht, matraque avec des frappes insensés. Comme un batteur de Jazz, de Free-Jazz! Et il revient comme ça, de temps en temps, animer et tarabuster les ambiances de In eisiger Kälte.

Il fait sombre dans Tief im Zauberwald (Au fond de la forêt enchantée)! Le synthé divise ses émotions en tissant une grosse ombre bourdonnante et des filaments métalliques qui crissent de douleurs. Les woosshh, des cymbales, s'ajoutent à ce décor ainsi qu'une ombre de basse qui rampe en crachant des ondes de réverbérations industrielles. Divers éléments percussifs, comme des tintements, des woosshh, et des sourds élans de la nappe de basse bredouillante, composent un décor cabalistique qui se transforme en une symphonie linéaire de brises caverneuses dans la seconde partie du titre. Nah und fern (Près et loin) se réveille au son d'une onde chatoyante qui fait irradier sa luminescence sous le battements d'accords percussifs ayant une saveur orientale. Si la batterie a une présence musicale, c'est bien sur ce titre. Ses frappes sont coordonnées avec ces accords percussifs à la vague tonalité d'un koto. Weit unten (Bien au-dessous) nous plonge dans des ambiances ténébreuses avec ces brises creuses qui enlacent des ondes de synthé d'une couleur bleu métallique. Un fascinant battement organique en émerge. La basse fait soupirer des pads et le synthé macule les ambiances avec des froissements métalliques. Nous sommes en mode Berlin School expérimental à cause du mouvement minimaliste et hypnotique du rythme organique. Les percussions tonnent dès la 4ième minute, structurant un rythme plus tribal à la Byron Metcalf et qui est en symbiose avec les éléments organiques du titre. Un excellent titre qui se termine dans une approche purement électronique avec des ondes de synthé sinusoïdales qui parcourent nos oreilles dans un ample mouvement oscillatoire dont la course est freinée par un nuage de radiations. Les libellules font papillonner leurs ailes métalliques dans Auf dem verwunschenen See (Sur le lac enchanté). Génial, Michael Hoffmann y joue des cymbales qui s'entrechoquent vivement, créant une texture à la fois feutrée et métallique qui sonne comme de multiples ailes voletant sur place. Comme dans chaque titre de AUF DER SUCHE NACH DER VERLORENEN STILLE, la musique, son rythme et ses ambiances changent constamment d'horizon pour embrasser une phase spasmodique crée par les agiles tambourinements de la batterie. Le synthé sculpte des harmonies caustiques qui dérivent sans pouvoir d'enchantement, si ce n’est que celui de l'ouïe de par leurs natures très éther-oxyde, rappelez-vous les premières œuvres de Klaus Schulze. Entre la luminosité du Cosmos et les pénombres d'une cellule, In Abgeschiedenheit (En isolement) flotte en apesanteur, déliant des ondes de synthé multicolores qui valsent avec certains de nos vieux souvenirs. Les pads de synthé qui tombent le font avec beaucoup de tristesse dans le son, entremêlant chagrin et orchestrations lugubres dans le même combat. Il faut attendre à la toute fin pour entendre un titre d'ambiances purement méditatives avec Werde still und höre (Reste tranquille et écoute). Le synthé laisse flotter deux lignes, une d'un ardent bleu azuré et l'autre plus mélancolique avec des orchestrations empreintes de tristesse et des soupirs élégiaques. Un beau piano étend ses notes qui tintent de luminosité égayée sur les arabesques irradiantes du synthé. Un très beau titre qui conclut un album pas fait pour toutes les oreilles, mais que toutes les oreilles devraient au moins écouter une fois. Juste pour entendre cette profondeur musicale, et ce même si par moments la cacophonie se régale de notre ahurissement, qui émane des œuvres de Imaginary Landscape. Un gros 4 étoiles parce que dans le fond, c'est aussi génial qu'audacieux!

Sylvain Lupari (04/12/23) *****

Disponible chez SynGate Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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