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  • Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Gold Five (2015) (FR)

“Ce dernier album de la série Gold peut ravir toutes les oreilles, mais pas toutes en même temps”

1 Luminous Vortex 23:32 2 Zygurath 8:54 3 The Tale of a Lonely Shepherd 8:24 4 Alcyone 16:14 5 Secretly, Ona 22:14 Indra Music

(CD&DDL 79:20) (Berlin & Roumanian School)

Comme un 3ième coffre aux trésors qui finit par se tarir de ses merveilleuses découvertes, ce dernier album de la série Gold puise dans des restants qui peuvent délecter toutes les oreilles mais pas toutes en même temps.

Luminous Vortex débute avec un mouvement du séquenceur qui déploie une ligne galopant comme une horde de chevaux astraux. Dans une structure toujours minimaliste agrémentée de fragiles variances, le rythme prend une tangente plus dynamique et étend une deuxième ligne de séquence qui se combattent dans un univers peint d'éther. Des filaments stroboscopiques déroulent une approche discrète alors que le rythme de Luminous Vortex se fragilise pour approcher une phase plus ambiosphérique. En fait, tout au long des 23 minutes de Luminous Vortex la structure évolue avec des phases tout simplement renversantes, comme à la 5ième minute qui est hyper mélodieuse et mélancolique, et d'autres qui se fondent dans une approche de danse légère imposée par des percussions d’un type claquette et des filaments stroboscopiques sculptée dans une vision psychédélique, comme à la 10ième minute. Jouant constamment sur les rôles de ses rythmes, Indra tient son auditeur en alerte en fusionnant des phases qui au final bouclent leurs boucles et ultimement boucle la large boucle de rythmes qu'est Luminous Vortex. Moi j'ai aimé, mais je suis reconnu comme étant un adepte des structures autant homogène qu'asymétrique. Plus cohérente, la structure de Zygurath semble mordre dans celle qui initiait l'ouverture de Luminous Vortex mais avec des séquences qui hachurent les ambiances avec plus de mordant. D'ailleurs tout tourne autour de ce bon mouvement du séquenceur qui trace une rythmique vive, parée de quelques variances, sous un horizon sonique discret et bariolé de quelques effets bien éparpillés, donnant ainsi libre cours à ce rythme hypnotiquement spasmodique. Chaque CD de cette collection cache une merveilleuse perle. Ici c'est The Tale of a Lonely Shepherd qui est une splendide ballade lunaire. Le rythme est mou, langoureusement lent. Picoré par de sobres percussions tardives, il tournoie comme un carrousel illuminé par de délicats arpèges qui chantent et miroitent dans les chants arrosés de mélancolie morphique du synthé. J'adore!

Alcyone est un long mouvement d'ambiances sculptées dans des brises aussi mystérieuses que ténébreuses. Ornée de belles nappes, tantôt orchestrales et plus souvent cosmiques, qui flottent autant que chantent et de ces petits carillons si tendres de l'univers Indra, cette longue virée dans le cosmos est une musique très méditative qu'il faut écouter attentivement afin d'y percevoir sa délicate fragilité. C'est du beau Indra très serein et méditatif qui nous susurre sa belle musique imprégnée de belles émotions dans notre oreille. Avec son rythme mou, la première partie de Secretly, Ona est mon véritable coup de cœur sur ce GOLD FIVE. Le jeu hypnotique des percussions nous attire irrémédiablement dans cet univers interstellaire où scintillent des bruits autant cosmiques qu'organiques. Et c'est tout le charme de ce long titre qui exploite admirablement son lit de percussions sobres mais drôlement captivantes. Les 11 premières minutes sont tout simplement géniales avec ces battements méthodiques qui supportent un très beau jeu de séquences qui déploie ses ions en tendres filaments stroboscopiques. Ces battements diminuent la cadence en restant très discret dans les dernières 10 minutes qui sont remplies d’effets cosmiques et de nappes anesthésiantes. Raccourci de cinq ou six minutes et ça serait un véritable bijou de cette série. Une façon comme une autre de conclure ce 3ième chapitre de cette imposante collection de la série Archives qui continue sa route musicale avec une autre section de 5 albums intitulée Diamond et dont l'action se déroule à la porte de 2010.

Sylvain Lupari (05/08/17) ***½** SynthSequences.com Disponible au Indra Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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