• Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Gold One (2015) (FR)

“Pourtant, Gold One est un autre solide vestige d'Indra qui nous sert certains des meilleurs patterns minimalistes de nos jours”

1 Regulus 20:35

2 Cosmic Central Time 10:08

3 The Muse from Eridani 18:10

4 While in Oz... 24:24 Indra Music

(CD&DDL 73:19) (Minimalist Roumanian School)

Regulus explique à lui seul pourquoi j'adore la musique d'Indra à ce point! Une note s'écrase et projette un rayon d'éléments soniques d'où émerge une structure de rythme frénétique. Les séquences vives et nerveuses bondissent en succession, piétinant une ligne de basses séquences stoïque et donnant ainsi un relief plus coloré au rythme hyper convulsif de Regulus. Lorsque ces séquences épuisent leurs charmes, des pulsations sourdes et une armada de séquences aux tonalités de bois creux et/ou de bouteilles vides voltigent avec les cliquetis métalliques des percussions nouvellement arrivées. Des nappes de voix célestes fredonnent en arrière-scène alors que le synthé multiplie des lignes qui bavardent comme des oiseaux sortis d'une forêt enchantée. Par tranches de temps brillement étudiés, Indra orne et bonifie sa structure de rythme comme un druide sonique qui use de sa recette magique. C'est ainsi que nos oreilles ne voient pas les secondes passées, trop occupées à déceler toute cette faune d'effets, tant sonores que percussifs, qui soulèvent cette passion de pénétrer l'univers très articulé du magicien des sons Roumain. Regulus est un monument de rythme minimaliste avec des phases effrénées et par moments cosmiques qui convergent vers une finale lourde juste avant une délicieuse phase plus éthérée où nos sens errent avec le cosmos. Donc, c'est pour cela que j'aime tellement la musique d'Indra! Voici le 3ième volet de cette gigantesque collection de musique enfouie dans les vastes voûtes d'Indra. Et ce GOLD ONE débute avec force. Regulus est un solide titre qui alimente les directions de Cosmic Central Time et sa structure qui oscille comme un aigle géant se laissant bercer par les vents. Le mouvement central reste flottant alors que les séquences qui miroitent tout autour en vivifient une structure, donnant l'impression que ledit aigle pique du nez. Le mouvement vif se détache de sa première membrane, créant une rythmique aussi cristalline, spasmodique et convulsive que Regulus.

Et c'est un peu la même chose avec l'ossature initiale de The Muse from Eridani. Le rythme vif hoquète de ses ions organiques dans un univers de transe spirituelle où se fragmentent de nébuleuses lignes métalliques en multiples ions carillonnés. L'approche tangue vers un genre de Disco pour hyperactifs avec des ondes de brumes qui recouvrent les aires de danse. Maître de ses mouvements et des séquences qui les ornent, Indra nuance son approche avec une densité sonique où fredonnent des chœurs sur des banquises de brumes célestes. Le rythme plonge dans une phase éthérée autour des 11 minutes, élaborant une longue phase d'ambiances où circulent les caresses ondulatoires des tintements séquencés qui sont à l’affût d'une prochaine brise rythmique. While in Oz... s'éloigne un peu des structures minimalistes avec 3 structures de rythme bien distinctes qui s'amenuisent au fil de ses ambiances. Ses 5 premières minutes sont du techno transe qui défoncent les tympans tout en brûlant les pieds à force de bondir sur le sol. Après un bref 90 secondes d'ambiances interstellaires, le rythme renaît dans une présentation aussi frénétique qu'un mélange de Regulus et Cosmic Central Time avant de proposer une phase d'ambiances cosmiques à la Klaus Schulze avant de rebondir avec une dernière phase de rythme où les séquences bondissent et s'entrechoquent dans une ambiance brumeuse. C'est le genre de titre qui demande plus qu'une écoute et qui gagne à être apprivoiser.

Autant j'ai adoré les derniers milles de la série Emerald, autant j'ai savouré ce GOLD ONE dont les similitudes sont aussi nombreuses que savoureuses. Regulus est une bombe comme je les aime avec un subtil crescendo unique à la musique d'Indra. Le reste suit comme par enchantement parce que le timbre Indra est unique. Et une fois dans le fond de l'oreille il est difficile de sans défaire.

Sylvain Lupari (06/02/17) *****

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Disponible au Indra Bandcamp

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