© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • Sylvain Lupari

INDRA: Archives-Gold Three (2015) (FR)

“Que dire d'autre si ce n'est un autre très bon album de titres égarés et redécouverts pour le plus grand plaisir de la légion de fans d'Indra”

1 Synapse 25:19 2 Le Talisman 9:08 3 Endorphin 1 (Live) 9:02 4 Endorphin 2 (Live) 4:06 5 Aeon Light 8:05 6 The Blue Waters 21:35 Indra Music (CD&DDL 77:03) (Minimalist Roumanian School)

Voilà sans contredit l'album le plus tranquille, l'album qui affiche le plus de sérénité dans cette luxuriante collection d'archives du synthésiste Roumain. Composée alors qu'Indra entrait dans sa phase Tantric Edition (une collection spéciale qui devrait atteindre 12 albums), la musique de GOLD THREE respire avidement de ces airs magiques qui tanguent entre de douces ambiances divinatoires et des rythmes encore plus enchanteurs, encore plus hypnotiques, démontrant que celui qui nous avait tant charmé avec la naïveté trouvée dans The Call of Shivra avait désormais atteint une belle maturité au niveau de la maîtrise de sa musique.

Du long de ses 25 minutes, Synapse est un étonnant coup de cœur qui me laisse perplexe. Comment Indra a pu nous cacher ce petit trésor de charmes et d'envoûtements? Des oscillations palpitent et dansent dans un pattern giratoire alors que les ambiances sont soutenues par un synthé et son harmonie, aussi frêle qu'un oisillon en pleine croissance, qui tient tête à ses nappes de synthé râlant comme des souffles rauques sur une oasis en train de construire ses mirages. Le mouvement des séquences oscille en affichant deux couleurs tonales qui s'affrontent alors que des percussions restructurent le tout en une savoureuse transe séraphique. Comme un architecte des sons qu'il est devenu, Indra saupoudre les 17 premières minutes de Synapse d'éléments qui captivent l'ouïe, et nuance la couleur du rythme, comme cette danse des accords limpides qui gambadent tout en étendant une belle structure rythmique harmonique. Les 8 dernières minutes nous plongent dans une phase d'ambiances avec des voix séraphiques qui soufflent dans un décor à la fois lunaire et parfois apocalyptique, notamment à cause de ces râles menaçant qui dominaient les charmes de l'introduction. Très tranquille, Le Talisman est une symphonie de vents et de ses teintes sibyllines. Des effets sonores, des vagues astrales, comme des brises du cosmos, complètent le panorama d'une musique composée pour un petit voyage astral. Ça se poursuit avec Endorphin 1 (Live) qui est plus séraphique et moins énigmatique que Le Talisman. Ses 6 premières minutes sont une ode à la quiétude. Un délicat rythme éclot par la suite. Le maillage des pulsations et percussions basses invitent à une sorte de transe cérébral qui boitille sous la sérénité de brises aux douces chaleurs invitantes. Endorphin 2 (Live) ne fait pas dans la dentelle! Le rythme épouse une forme de Techno assez invitante à la danse alors que les séquences qui tournoient tout autour ajoutent un effet spasmodique et saccadé. Aeon Light est un beau titre d'ambiances avec des pointes d'émotivité invitées par des accords cristallins qui tintent avec une acuité émotive dans les tons. C'est un des très beau titres d'ambiances méditatives d'Indra. On se croirait définitivement dans le cosmos! The Blue Waters commence avec les effets d'usage. De grosses vagues échouent sur le lit cabossé d'un récif sous l'œil attentif d'un synthé dont les chants larmoyants ondoient de paresse et attachent les océans au cosmos. Des pépiements d'étoiles accompagnent cette lugubre marche vers un premier mouvement de rythme noué autour de séquences qui sautillent à vive allure dans un étroit tube circulaire. C'est une figure de rythme statique très Indra qui palpite follement dans une enveloppe cotonneuse qui échappe ses arrangements orchestraux jusqu'aux abords d'un rythme électronique plus pondéré. Un rythme toujours très minimaliste, très hypnotique, qui dégage des parfums de Moondawn et de Black Dance dans une approche un peu plus vive. C'est du bon Indra qui éparpille ses effets, qui nuance la vitesse du rythme et qui fait chanter son synthé avec des solos acrobatiques avant que The Blue Waters ne retrouve le chemin de sa genèse.

GOLD THREE poursuit cette route de charmes et d'étonnements entrepris par Indra qui ne cesse de surprendre avec des petits bijoux éparpillés ici et là, à travers une carrière que l'on ne savait pas si étendue dans le temps. Il y a de beaux moments ici qui vont vous enchantez tellement l'émotion est au rendez-vous. Tellement que des fois, j'ai comme cette étrange impression que le synthésiste Roumain est tout près de mes oreilles lorsque j'écoute sa musique. Pas vous?

Sylvain Lupari (12 Avril 2017) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Indra Bandcamp