• Sylvain Lupari

INDRA: Archives Platinum One (2016) (FR)

“Il y a un léger renouveau sur ce Platinum One et son Berlin School avec une touche de psybient ici qui ouvre de nouvelles dimensions”

CD 21

1 Adorée 12:35 2 The Looking Glass 23:54 3 Pretorian 9:26 4 In Between 7:31 5 Sotto Voce 10:06

6 Elois 8:56

Indra Music (CD-r/DDL 72:30)

(Roumanian School)

Aussi incroyable, et très certainement impardonnable, j'avais totalement oublié la série Platinum de mon écran radar-chronique depuis ma dernière chronique sur le séries Archives, soit le Diamond Five en avril passé. Très patient, Indra ne m'en a jamais parlé. Il a entendu que je lui demande des nouvelles pour me demander si j'avais aimé la série Platinum. Oups!!! Et après avoir entendu PLATINUM ONE, j'ai compris, et comme toujours, que je m'ennuyais de la musique du sympathique musicien de la Roumanie qui a ouvert tant de portes à des artistes locaux. Du Berlin School, du psybient et du techno morphique campent à la même enseigne de ce 21ième album de cette imposante série qui n'a rien à envier aux énormes coffrets de Klaus Schulze, tant la musique est en étroite relation avec la progression musicale du musicien Allemand.

C'est de loin que le rythme pulsatoire de Adorée fini par aboutir au fond de nos tympans. Le rythme est sec, hachuré comme le débit d'un train. Un train qui rentre au quai méditatif I au bout de 4 minutes, avant de se remettre péniblement en marche. La 2ième portion est plus musicale, quasiment lyrique avec des arpèges plus mélodieux qui virevoltent autour d'une structure plus ronde dans le déploiement de ses séquences. Et comme c'est souvent le cas dans l'univers Indra, des percussions viennent ancrer le rythme, devenue minutieusement stroboscopique, dans un état de Trance hypnotique pour âmes à la recherche d'un Avatar. Les 12 minutes de Adorée représente assez bien la direction musicale de PLATINUM ONE avec des structures semi ambiantes qui sont copieusement arrosées de percussions, d'effets percussifs et des lignes de séquences, sinon d'arpèges, saccadées qui sculptent ces hymnes de danse et transe électronique du magicien Roumain. Le monde et les charmes d'Indra se dévoilent toujours par une approche minimaliste que le synthésiste adore décorer de ses innombrables trésors qui sont des petites pépites d'or à mes oreilles, de même qu'aux oreilles de ses nombreux admirateurs. The Looking Glass est le plus beau des exemples! Vents arides et effets percussifs dont les échos tapissent nos oreilles d'une muraille de tons très accrocheurs, l'introduction se débarrasse de ce premier voile d'éléments ambiosoniques avec l'apparition d'une structure semi lente, tel une hypnotique danse sensuelle. Indra plonge dans du psybient avec des effets d'échos et des effets percussifs où roulent toujours en arrière-champs le perpétuel roucoulement d'une matière organique qui reste toujours à identifier. Une fois les percussions éteintes, on constate que le rythme ondule avec plus de vélocité, comme un serpent rampant au travers d'oscillations contraires. On remarque aussi la richesse de la structure qui allie séquences, percussions, lignes de basse et arpèges dans un décor électronique plus près des étoiles que d'un plancher de danse. Les percussions reviennent dynamiser cette nappe d'oscillations qui s'éparpillent en maints filaments d'arpèges musicaux noués par des élans saccadées, conduisant The Looking Glass vers un premier moment ambiosphérique autour de la 11ième minute. Une ligne d'arpèges y flotte en chevrotant dans le vide, donnant l'énergie au titre qui se recentre sur sa structure d'ouverture.  

C'est dans un tintamarre sonore que le délicieux down-tempo que Pretorian se pointe vers nos lobes d'oreilles. Percussions claquantes, séquences nerveuses et ligne de basse pulsatoire; le rythme flirte avec un Électronica ambiant qui possède assez de vitalité pour nous faire dandiner sur place avec une bonne dose de plomb dans les pieds et beaucoup de vitamines sonores dans les oreilles. In Between épouse un peu ce modèle avec de solides effets percussifs, et d'autres qui sont organiques, sur une structure complexe qui prohibe tout genre de danse, quoique certains chorégraphes pourraient se faire plaisir, dans ce décor nimbé d'arpèges de verre et de claquements de cristal qui constituent une élégante richesse tonale. Des nappes de synthé de brume donnent une vision ambiante Berlin School à une finale qui arrive un peu trop tôt. Sotto Voce nous ramène un Indra mélancolique dans son décor cosmique. Le rythme est mou, peut-être lent, avec de bonnes percussions qui claquent sèchement dans un panorama de musique Western. Un Western électronique dans une ambiance de psybient et une mélodie qui fait rêver! Décidément, ce PLATINUM ONE ne compte plus ses éléments de surprises. Il ne manque plus qu'une belle mélodie à nous faire vibrer les petites cordes de notre âme pour que l'aventure soit plus que complète et c'est Elois qui la propose. Le rythme est un mid-tempo, sauf que le clavier lance des perles harmonieuses qui soutirent une larme à ce petit coin loin-loin dans le fond de notre carapace. Et lorsque les arrangements se versent, la chair de poule vient avec ces larmes. Comment ne pas aimer Indra? Pas avec ce PLATINUM ONE en tout cas!

Sylvain Lupari 03/04/19 *****

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