• Sylvain Lupari

JAVI CANOVAS:Gravitational Waves E.P. (2011) (FR)

Une chance que ce EP ne dure que 28 minutes car je doute que mes oreilles et mes haut-parleurs aient pu en prendre plus

1 Solar Dome 11:52

2 Elephant Trunks in Space 9:07

3 Dispersion 7:06

Javi Canovas Music

(DDL 28:05) (V.F.)

(Sequencer-based Berlin School)

Après 2 albums très ambiants Javi Canovas nous offre un EP plein de rythmes séquencés et lourds. Un retour aux sources souhaité par ceux qui avaient succombé aux rythmes affriolants de Nights of Brightness.

GRAVITATIONAL WAVES est un EP de 3 titres bourrés d'adrénaline séquencée. Un EP lourd de rythmes et de séquences résonnantes qui sont nappés par moments de doux mellotrons. En fait Javi Canovas effectue un voyage temporel, là où le Berlin School lourd et mystérieux était l'apanage des années analogues; les années 70!

Et toute cette puissance compressée débute avec le percutant Solar Dome dont l'ouverture passe par une ligne de synthé torsadée où de fragiles arpèges y errent et dansent. Ils sautillent sur les courbes oscillantes des réverbérations pendant qu'un lourd mouvement séquencé échappe de gros accords juteux et frénétiques. Le rythme lourd et nerveux, Solar Dome défile alors à vive allure avec un puissant mouvement séquentiel ondulant dont les accords zigzagant regorgent d'une résonnance survoltée. Un rythme lourd et infernal qui s'enfonce dans les lignes d'un synthé aux souffles brumeux et fantomatiques qui n'est pas sans rappeler la sombre profondeur de Tangerine Dream ou Redshift. Des arpèges fébriles virevoltent et dansent sur cette structure infernale où le rythme est forgé dans un puissant mouvement séquencé aux accords qui éclaboussent encore de leurs réverbérations, alors que très lentement cette furie séquencée se calme. Mais il s'agit d'un calme nuancé qui amène de grippes et de grappes Solar Dome aux portes de séquences plus limpides mais tout autant fébriles sur un rythme stationnaire et ceinturé d'un synthé de brume. Après une intro où de métalliques chœurs dorment dans les abysses des sous-sols chtoniens, Elephant Trunks in Space s'anime avec une séquence à lignes entrecroisées et au débit rapide. Les accords défilent à vitesse grand V, laissant sur leurs passages des sillages de brumes métalliques qui soupirent sous la chaleur de la vitesse. Une autre séquence rejoint la ligne directrice. Elle papillonne nerveusement avec des sonorités hybrides et une nerveuse ascension sous un superbe mellotron flûté. Tout aussi percutant que Solar Dome, Elephant Trunks in Space est plus mélodieux et exalte d'une superbe profondeur avec ses lourdes séquences entrecroisées qui sillonnent un mouvement hyper rapide sous de fins écots de mellotron flûté. C'est un superbe titre qui allie force séquencée et mélodie et qui termine sa course éreintante sous les souffles d'un synthé solitaire. Après une intro aux étranges souffles glauques, Dispersion offre un beau mouvement séquentiel mélodieux avec des accords qui sautillent finement. Une autre séquence s'ajoute et dessine une forme d'écho à l'ombre d'un doux mellotron flûté aux sonorités des années analogues. Calmement le mouvement prend de l'ampleur et de la lourdeur avec des accords qui gambadent et résonnent, enveloppés d'une fluide brume synthétisée. Malgré ses accords qui sautillent nerveusement et avec une lourde réverbérance, Dispersion évolue entre la lourdeur et la tendresse, un peu comme un mélange entre Solar Dome et Elephant Trunks in Space, mais avec un mellotron aux souffles plus accentués et fluides.

Une chance que GRAVITATIONAL WAVES soit un EP d’une durée de 28 minutes car je doute que mes oreilles et mes haut-parleurs, ainsi que les vôtres, puissent encaisser autant de lourdeur, de résonnances et de tortuosité sur une plus longue période. GRAVITATIONAL WAVES est un monument de lourdeur où la mélodie s'invite dans des contextes musicaux étonnamment puissants. C'est un EP qui se veut un revival pour la lourde musique séquencée des années analogues modulaires. Bref un EP tout désigné pour les fans de TD, époque Franke, Redshift et ['ramp].

Sylvain Lupari (27/05/11) *****

SynthSequences.com

Disponible au Javi Canovas Bandcamp

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