• Sylvain Lupari

JEAN-MICHEL JARRE: Chronologie (1993) (FR)

J'ai été conquis par Chronologie dès la première écoute, et près de 27 ans plus loin j'ai toujours ces mêmes frissons

1 Chronology (Part 1) 10:51

2 Chronology (Part 2) 6:05

3 Chronology (Part 3) 3:59

4 Chronology (Part 4) 3:59

5 Chronology (Part 5) 5:34

6 Chronology (Part 6) 3:45

7 Chronology (Part 7) 2:17

8 Chronology (Part 8) 5:33

Disques Dreyfus ‎– FDM 36152-2

(CD 42:03)

(Symphonic and floating EDM)

CHRONOLOGIE est la réponse de Jean-Michel Jarre à ceux qui pensait que le maître de la MÉ française avait pris un virage ambiant avec le très long En Attendant Cousteau de l'album du même nom, paru 3 ans plus tôt. C'est à l'aube d'une méga-tournée Européenne intitulée Europe en Concert que CHRONOLOGIE termine sa maturation en studio. À l'époque, le musicien français s'était aussi associé avec l'horloger de réputation mondiale Swatch pour quelques sonneries dans les montres intitulées; Une Alarme Qui Swinge. Mais par-dessus tout, Jean-Michel Jarre amène à sa musique une touche de heavy-métal progressif par la présence du guitariste Patrick Rondat. Malgré un accueil timide, pour ne pas dire sévère, de la presse, CHRONOLOGIE tire les essences de Revolutions et Oxygène dans une vision d'EDM. Ce nouveau courant musical dérivé et inspiré par des artistes comme Kraftwerk, Depeche Mode et Jarre lui-même avec ses hymnes commerciaux qui sont repris dans multiples remix. Je parle pour moi ici; CHRONOLOGIE est le seul album de Jarre qui m'a plu de bout en bout, dès la première écoute. Et encore aujourd'hui, Chronologie (Part 8) me procure autant de joie et de frissons qu'à ma première écoute.

Des cliquetis, des battements épuisés, une fuite au plafond musical où s'écoulent des arpèges miroitants, une ligne de sirènes et des vagues filant à vive allure, Chronologie (Part 1) installe les ancrages d'un album stupéfiant au niveau des effets percussifs et des percussions avec une vision qui rassemble Revolutions et Equinoxe dans une marmite à sons. Les nappes se forment et se multiplient dans des vols planés circulaires où Jean-Michel n'a pas à imiter personne afin de prouver sa valeur. Cuirassée dans le symphonique, l'ouverture croule sous les mouvements de staccatos lisses et ambiants que des explosions de percussions amènent dans des profondeurs chthoniennes. Les nappes de synthé apocalyptique ont des airs de Blade Runner de Vangelis dans ce titre mu essentiellement par l'intelligence philharmonique. Ambiant, oui! Mais il y des émotions, des explosions dramatiques et de fins colliers de séquences qui se sont défait dans une musique qui bascule dans un milieu créatif où cliquetis et murmures font partie du décor constitué des réverbérations de la basse et de voix atones qui infiltrent un léger soupçon de Zoolook. Le synthé étire ses nappes comme dans l'élasticité de la basse. Pleurant même dans ce panorama de pleurnichements dans la grotte de son ouverture avant de rediriger son axe vers le niveau 2 de l'album. Avant que Chronologie (Part 2) n'atteigne la royauté de son hymne de danse, son ouverture est tissée dans un intense moment dramatique monté sur une orgue puissante et animée par des percussions en bois avant que le rythme ne décolle pour ce que nous connaissons comme étant le meilleur titre commercial de Jean-Michel Jarre depuis Rendez-Vous 4.

Chronologie (Part 3) met en scène les premiers solos de guitare de Patrick Rondat. Et ils sont incisifs! Jouant aux mimes avec une onde de synthé chantant comme un ectoplasme en décomposition, cette guitare nous amène vers le gros hit de cet album; Chronologie (Part 4). Tout le monde connait ce titre qui est devenu le clou des spectacles de cette tournée. Les parties 2, 4 et 8 étant les plus vivantes, le reste de la musique dérive entre ses espaces ambiants remplis des vapeur des frottements des archets sur les cordes de violons, et d'éléments percussifs qui cliquètent parmi les cœurs des montres et horloges qui orneront les décors démesurés de la portion vidéo de cette tournée. Ces mouvement d'ambiances servent de rempart à des capsules de rythmes, comme le majestueux Breakdance et ses effets de DJ audacieux dans Chronologie (Part 5). Nous restons dans le rythme avec Chronologie (Part 6) qui tangue très bien entre son rythme de danse et ses phases d'ambiances symphoniques planantes qui nous sont familières depuis Rendez-Vous. On repose ses pieds bourdonnants, ses jambes pleines de vie et ses mains qui brulent tellement on s'en est servies comme percussions en tombant dans les limbes flottants de Chronologie (Part 7) tranquillement vers le fougueux techno orchestral qui deviendra un hymne de la Industrial Dance Music (IDM) pour des années à venir. Les percussions ici et les tchak-a-tchak m'ont jeté à terre. Vrai que l'introduction m’avait déjà coupé les jambes aux genoux…

Certains ont aimé, d'autres non! Moi j'ai adoré et je vous en fait part dans cette chronique d'un album que je remets constamment à plus tard, considérant l'avalanche de nouveaux albums à chroniquer que je reçois hebdomadairement. Voilà, c'est fait! Et il en reste toujours d’autres…Donc, j'ai adoré cette vision de dance-music très créative de CHRONOLOGIE. Les ambiances sont riches en souvenirs de l'époque Oxygene à Rendez-vous, et les rythmes renouent avec cette créativité qui avait étonné dans Revolutions et dans la première partie de En Attendant Cousteau. Je lui colle un gros 5 étoiles parce que depuis sa sortie j'écoute cet album une douzaine de fois chaque année avec un plaisir coupable et qui se renouvelle sans gêne.

Sylvain Lupari (16/04/20) *****

SynthSequences.com

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